CHAPITRE IV
BRIINOX 1)K l>AGSBOUR(i ET IDON
lîK)
l'Age de cinq ans, à Berlhold, évèque de Toul (1). 11 parcourut, avec les deux Adalbéron (2), le Tritium et le (Juadrivium: ensuite il aborda la jurisprudence et il s'exerça a la plaidoirie.
Rentré dans sa famille, échappé par miracle à un mal impitoyable (3), il résolut de se donner à Dieu ; revint à Toul ; s'y livra SOUS la haute direction d'Hermann, à l'étude de l'Ecriture et de la Théologie ; franchit les divers degrés de la cléricature; entra dans
Voici son tableau généalogique, tel qu'il a été rectifié par Parisot {De prima
domn^ appendice;.
Adalbcrt, comte de Metz.
Gérard
Gérard
comte do iMetz.
Adalbert
comte de Metz.
Sigfrid
Adelaïd?, ép. le comte Henri.
Conrad II
épouse Gisèle
Hu;?Uv\?
comte de Dagsbour^
Ilugue.»
comte de D^gsb&urg.
Bru non évi\]uo de Toul et psn'^ .
Gisùle (jêrard Adalbert
I Udc du li<*^'Lofr&iue liile d HO(i(]»i.n. Gérard d'Alsace ducdeSouabe
Henri 111
empereur.
M. Parisot fait d'Adalbert, arrière -grand -père de Brunon, l'époux de Liutgarde, sieur de Frédéric I de Bar, duc de la Haute-Lorraine. M. I*lisler [Ann. deVEM^ avril 18ÎK), p. 191) fait observer que ce n'est là qu'une bypolbèse.
(1) Saint Léon IX est-il né à Égislieim ou à Dabo ? c'est là une gros.se question sur laquelle des Ilots d'encre ont été répandus. Wibert [loc. cit., (ilSi dit « in dulcis Àlsatiff flnibus », terme vague qui peut s'entendre des deux localités rivales.
Je ne veux pas reprendre une discussion, interminable et pas.sionnée, sur un point de minime importance, pour moi du moins, bistorien du dioci'se de Toul. Alsacien ou Lorrain, Brunon nous appartient : n'a-t-il pas été élevé à Toul ? n'y a-t-il point passé la majeure partie de sa vie? n'a-t-il pas aimé notre Kglise d'un amour de prédilection ?
Je renvoie les personnes, curieuses de cette discussion, à Vin ion d' Alsace- Lorraine, i-È9 aoiU 18Si ; au liulletin ecclésiastique de Strasbourg, l8Hi, et à l'ouvrage déjà cité du P. Brûcker, I, 372 et sq.
i2) Voir plus haut, p. 183.
(3; C'était un empoisonnement du sang, causé piir la piqûre d'une bêle venimeuse. — Il attribua sa guérison à l'intercession de saint Benoît. On peut lire ce récit dans Wibert, [loc. cit., (JoO/. I^ voici, du reste, d'après la traduction d«* M. L'Hôte (La Yie des Saints).
« Tn soir d'été, il advint que Bruno, apW's avoir quitté .ses parents et son ami Adalbéron , se relira dans son appartement et ne tarda pas à s'endormir. Durant son sommeil, un hideux reptili' s'introd lisit dans la chambi'e, unjnla ji!s4)iic
li)(J LivHK III. — LKs (iiiAM)s Kv»':(^ri:s i)i<: toi l
le rlici|)ilre iltî Saint-Etieuue (l),etil ne tarda point à y exercer une inlluence incontestée. Cousin de Conrad II (10:24-1039), il fut envoyé par le comte, son père, auprès du roi de Germanie et il sut se concilier l'estime et rafïection de tous. Son évèque le char ^^ea de conduire, en son nom, le corps de troupes que, suivant les lois de ré|K)que, Toul dut fournir au chef de TEmpire pour une expédition contre les Milanais.
Il était en Lombardie, s*acquittant de ses fonctions militaires à la satisfaction générale, quand Hermann mourut. Aussitôt, et d'une voix unanime, le clergé et le peuple de Toul le désirèrent comme successeur ; ils écrivirent à Conrad une longue et éloquente supplique pour obtenir comme pasteur celui que tous proclamaient la gloire de leur diocèse, et ils conjurèrent Hrunon de ne point mépriser leur demande.
Celui ci aimait trop TEglise de Toul pour résister à de si tou chantes instances. Il aurait pu aspirer aux plus hautes dignités; Conrad prétendait le réserver pour un puissant évêché et trouvait Toul indigne de son mérite. Mais p()urtant il voyait avec satisfaction cette Eglise frontière échoir à Tun de ses parents dévoués. Le pieux
sur lo visjigo (In jeuno liomiuc et se mit à sucer le sanjî « divers endroits, en perçant la chair vive. Kveillé par la douleur, Bruno {>oussa un cri, s'élunça hors «Ir sa eouehe et d'un coup vifj:oureusenicnt asséné, lit tomber l'animal sur les couvertures.
(( Les serviteurs, attirés jwr le bruit, accoururent prés de leur jeune maître, il leur fut impossible de retrouver le reptile, mais les morsures empoisonnées (ju'il avait faites n'étaient (fue trop visibles. Tout le visage, le cou, la poitrine du jeune homme se luméliérent? au point de lui faire perdre l'usage de la paroi»'. Il resta deux mois en cet étal. L'enllure croissait toujours. Hugues et Heilwige n'attendaient plus qu'une issue fatale. Mais un jour qu'.Vdalbéron, déjà enj^agé dans la cléricature, se trouvait seul auprès du malade, il le vit se dresser sur son séant. Ses lèvres, si longtemps fermées, s'ouvrirent sans effort. « Je suis guéri, dit-il. In vieillard à cheveux blancs, environné d'une auréole céleste et que je crois être le patriarche saint Henolt, vient de m'appjiraltre. Il a touché mes lèvres, mes joues, mou oreille à l'endroit des morsures, et le venin a disparu. ») Adalbéron appela les pieux parents qui accoururent en versant des larmes de bonheur. I^eur fils était complètement guéri. Dieu permit, pour attester la vérité du miracle, que les cicatrices demeurassent marquées sur le visage du bienheureux. »
(1) Ruyr (Antiq. de la VfVje, 2 éd , 30:)» ; Sommier {Hist. de Saint-Dié,p. 5o) et d'autres prétendent que Brunon fut grand-prévôt du chapitre de Saint-Dié; mais ce fait n'est pas certain. Calmet cVlI, liv) le donne comme tradition et Duhamel op. cit. en a montré la faible vraisemblance.