‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 106 sur 265 · CHAPITRE IV. — BRUNON DE DAGSBOURG ET l'DOX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — BRUNON DE DAGSBOURG ET l'DOX

Ses prescriptions complexes devaient donner lieu à bien des difficultés et à bien des litiges : ce n'est point sans tâtonnements, sans contestations et sans conflits que les œuvres humaines parviennent à la simplicité.

Albéric, fils du comte Arnoud, voulut protester, les armes à la main : il marcha une nuit contre Toul, s'empara par surprise de la porte La Rousse et pénétra dans le bourg ; mais les habitants réveillés firent bonne contenance : ses soldais s'enfuirent en désordre et lui-même dut passer le fossé à la nage. Udon lança contre lui une sentence d'excommunication, le dépouilla de tous les fiefs qu'il tenait de l'Église de Toul et le bannit de son diocèse. Toutefois, à la prière de Louis de Montbéliard et de Sophie, il consentit à lui pardonner et à lui rendre ses bénéfices. Il fut moins sévère pour Arnoud et il lui permit de conserver jusqu'à sa mort son litre do voué.

Et ce n'est point simplement dans les limites de son diocèse que le disciple de saint Léon IX nous fait admirer cette attitude si noble, si énergique. L'empereur Henri IIÏ était mort en 1056, laissant la couronne à un enfant de six ans, Henri IV, la régence à son épouse, Agnès d'Aquitaine, et à ses frères, les ducs de Saxe et de Bavière. La chaire de saint Pierre était alors occupée par Nicolas II (1058-1061) qui, pressentant sa fin prochaine et voulant assurer l'indépendance des élections pontificales, avait décrété, en 1059, que, désormais, les papes seraient nommés en conclave par les seuls cardinaux, sans l'intervention, ni de l'empereur, ni du peuple de Rome. Nicolas paya sa dette à la nature, deux ans après ce décret mémorable, et le conclave, sous l'influence d'Hildebrand, choisit Anselme, évêque de Lucques, lequel prit le nom d'Alexandre n (1061-1073).

Les comtes de Tusculum se prétendirent lésés dans un droit séculaire. Appuyés par nombre d'ecclésiastiques, ennemis de toute réforme, ils excitèrent l'impératrice et les régents contre

fonctionnaire de deuxième ordre la tige de la famille de Lenoncourl : c'est Drogon ou Dreux de Nancy, qui vécwi au xir si«>cle (Pfister, Histoire do Nancy, I, 19 et 20\

2li LIVRE III. — LES GRANDS KVÉQUES DE TOUL

Alexandre H; ils opposèrent à l'élu du conclave, Gadalous, évêque de Parme, et ils le proclamèrent souverain pontife sous le nom d'Honorius H. Mais Udon, sans hésiter, se déclara pour le pape légitime et, avec une sainte audace, il osa déclarer aux tuteurs du jeune prince Tinjustice et le péril de leur conduite.

Sous un prélat aussi ferme, aussi vigilant, TEglise de Toul fut tranquille et prospère. La ville épiscopale avait beaucoup souffert des trois incursions d*Eudes de Champagne et saint Léon IX n'avait pas eu le temps d'en relever toutes les ruines ; il avait seulement rebâti Saint-Epvre. Udon restaura, vers 1065, la collégiale Saint- Gengoult ; l'église était brûlée : il la répara ; les biens étaient dispersés : il les recouvra et les augmenta par des dons généreux ; le service divin était interrompu : il le rétablit, il compléta le nombre des chanoines et, pour donner au chapitre plus de lustre et plus de ressources, il décida que désormais le grand archidiacre de Toul serait de droit prévôt de Saint Gengoult (1). En cela, il ne faisait que changer en règle un cumul qui se rencontra sous son épiscopat. Odelric, le grand archidiacre d'alors, était prévôt de la collégiale touloise: sa signature, à la fin de cette charte, le témoigne. « Signum Domini Odelrici, pnvpositi ejusdem loci et cardinalis arckidiaconi (2). )>

En signe de dépendance et de bonne confraternité, le prélat décida, entre autres choses, que les chanoines de Saint-«jlengoult se rendraient processionnellement à la cathédrale, le 26 décembre, fête de saint Etienne, et le jour de l'Assomption, pour la grand'messe; le jour de l'Invention de saint Etienne (3 août), pour la messe et pour les vêpres. Lorsque l'évoque officiait pontifîcaleinent au Jeudi-Saint, à Pâques et à la Pentecôte, les

(1^ La charte est du 20 juin 1065 : elle est donnée, mais avec beaucoup de fautes, par Benoit- Picart (op. cit. lxxiv) et par Dom Calmet {Hist. de Lorr., Il, cccxxiv.) — Cette charte fut conflpmêe la même année par l'empereur Henri IV (Calmot, cccxxix). Le diplôme impérial était daté de Ballnni mons. D'où grande contestation entre le P. Benoit-Picart qui voyait dans cette localité Belmont, en Suisse, et Baleicourt (Hugo d'Étival) qui prétendait qu'il s'agissait de BlAmont ( cf . Réplique à Baleicourt, p. 50). Dom Calmet opine pour Belmont.

i"!' Dom Calm'^t, II, rrrwvin.

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