‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 11 sur 265 · AVANT-PROPOS XVII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XVII

Epvre : il est d'une importance très seconjlaire dans l'ensemble de nos vieux documents.

III. La Vie de saint Gérard. — Nous avons des renseignements plus complets sur l'auteur de cette biographie. C'est Widric, élève, puis moine et abbé de Saint-Epvre, disciple préféré du fameux Guillaume supra regulam et contemporain des évéques Berthold (996-1019), Hermann (1019-1026) et Brunon de Dagsbourg (1026-1049) (1).

C'est à la prière de ce dernier prélat qu'il devint l'hagiographe de saint Gérard. Son œuvre, écrite à trois reprises, se divise en trois parties bien distinctes (2).

L'ensemble est précédé d'une épltre dédicatoire à Brunon, servant d'avantpropos, et d'un prologue, en quarante-quatre vers hexamètres (3). Ce morceau poétique, d'un style un peu obscur, d'une construction embarrassée, mais pourtant d'une facture harmonieuse, atteste un certain talent de versiOcateur et, s'il faut en croire les auteurs de ïHistoire littéraire de la France^ il est un des meilleurs qu'ait produits le xi' siècle (4). Au point de vue qui nous occupe, ces hexamètres offrent peu d'intérêt : ils ne sont qu'un précis de la biographie proprement dite.

La première partie de l'œuvre de Widric fut composée sous le pontificat de Brunon, entre 1027 et 1049; elle comprend vingl-deux chapitres et rapporte les vertus du saint évéque et les principaux épisodes de sa vie (5).

La seconde partie, dédiée à Udon, primicier, et à tous les chanoines de la cathédrale, doit avoir été composée à l'occasion de la canonisation de saint Gérard par Brunon, devenu pape sous le nom de Léon IX ; elle date donc, au plus tôt, de l'an 1050 (6). L'auteur y relate les traits prodigieux qui justifient le culte dont le saint prélat était l'objet ; il termine en donnant la bulle de canonisation et la liste des évéques qui assistèrent au concile où cette bulle fut proclamée.

La troisième partie, renfermant l'histoire de la translation de saint Gérard et de plusieurs miracles postérieurs, fut écrite plus tard (7) ; elle forme comme le couronnement de l'ouvrage.

Widric fait preuve de qualités d'historien. Il a de la critique : il n'a point

(1) Sur Widric, cf. Calmet, Bibl. Lorr. — Hist. litt, de la France, VU, 508 et Sfl. — Martène, op, cit., III, 989. — Ben-Pic, Vie de saint Gérard, Préface. — SS.,

IV, 4«> et sq.

(2) L'œuvre de Widric a été éditée par Martène, op. cit., 1027 et sq. — Calmet, op. et loc. cit. — SS., IV, 490 et sq. — Benolt-Picart l'a traduite ou plutôt accommodée en français dans la première partie de sa Vie de saint Gérard. Toul, Rolin, 1700.

(3) Calmet, l c, ch. XXXIV et XXXV.

(4) loc. cit.

(5) Calm., l. c, clxxv : Incipit Vita sancti Gerardi, episcopi et confessoris. i6) Ibid., c. cxi:vi. — Ch. LX : Incipiunt Miracula beati Gerardi.

(7) Ibid., c. ccni. — Ch. LXVIII : Incipit Translatio beati Gerardi,

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