XVIII AVANT-PROPOS
connu son héros ; mais il sait te renseigner auprès de personnes dignes de foi ; il prend toutes ses mesures pour s'assurer des faits qu'il raconte (1) et il proteste de son entière véracité : a En des choses de cette importance, écrit-il, dans sa préface (2), je préfère mtt taire que de rapporter des récits mensongers. » Malheureusement, comme 11 arrive à tous les hagiographes de son époque, sa croyance à la possibilité du miracle lui a souvent fait conclure trop vite à .l'existence de causes et de circonstances surnaturelles. Nous irions aujourd'hui avec plus de circonspection ; mais l'intervalle est grand du xr au xx*" siècle.
Cette vie, du reste, est une œuvre d'édiûcation ; l'auteur est préoccupé par l'idée de faire du bien à ses lecteurs ; il abonde en réflexions morales ; il insiste si je puis dire ainsi, sur les vertus monastiques, l'esprit de prière, de mortification, de retraite, etc. ; il relate, avec complaisance, les épisodes merveilleux, propres k frapper l'imagination et à promouvoir la vénération du peuple.
Néanmoins, ce livre, écrit avec candeur et sincérité, nous fournit de précieux renseignements sur la vie du bienheureux prélat, sur les usages de cette époque, sur la topographie de la région, etc.
Le style, d'une latinité qui fait honneur à l'école touloise, est clair, facile et sans apprêt ; moins rythmé que celui d'Adson, il contient plus de réminiscences bibliques et plus de citations de la Sa in te- Écriture. On sent à le lire que Wldric, comme son héros, a fait de nos saintes Lettres son étude de prédilection .
IV. La vie de saint Léon IX, par Wibert (3). — Le manuscrit de Sainl-Mansuy contenait en outre la Vie de saint Léon IX, par Wibert. Comme cette biographie avait été publiée, en 1615, par le P. Sirmond et, en i67.'i, par le Bollandiste Uenschenius, au 19 septembre des Àcta Sanctorum, Dom Calmet n'a point jugé opportun de l'éditer à nouveau dans ses preuves ; mais elle continue trop bien la suite de cette importante compilation, pour que je ne lui consacre point un rapide examen (4).
De l'auteur, nous ne savons que ce qu'il dit lui-même : « Benignitas ipsius (Brunonis) dignata meam parvitalem familiarium sibi jugiler assumere (5). n Cette phrase nous suffit si peu à identifier ce personnage que le P. Brucker prétend démontrer, dans une savante dissertation, que Wibert est une mauvaise
(1) a Quidquid a boni testinionii fratribus potui ediscere qui aliqtiando ejus exoptabilis prœsentiœ potiti sunt dulcedine et postea apud nos in monachili vixerunt ordine^ salva fide veritatis^ huic certavi operi inserere » (Calmet,
tÔîd., CLXXIV).
(2) « In re tali, melius censeo probabiliter reticere quant quidquam mendacii fuco coloratum pro ferre » {Ibid.).
(3) Sur Wibert, voir .4c^. SS., W Aprilia, 644. —Calmet, BibL lorr. — Hist. litt. de la France, VII, 485 et sq. — Brucker, op. et loc. inf. cit.
(4) Cette Vita Leonis a été éditée une troisième fois par Mabillon, au tome IX de ses Act. SS. 0. S. B.
(5) Act. SS., L c, 648.