‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 117 sur 265 · CHAPITRE V. — LA LUTTE DU SACERDOCE ET DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — LA LUTTE DU SACERDOCE ET DE L'EMPIRE

trésor, deux autres croix de grand prix que Ton porterait dans les processions et il donna la cure de Boucq pour fonder son anniversaire (1).

Le premier août 1107, il célébra la translation des corps de quatre évêques, ses prédécesseurs, les saints Alchas, Celsin, Auspice et Ursus. Théomar, abbé de Saint Mansuy, faisant travailler dans son église, venait de retrouver la crypte où ils avaient été déposés, avec ceux de saint Mansuy et de saint Amon (2). L'allégresse fut grande à Toul et, comme le légat du pape, le cardinal Richard, évèque d'Albano, se trouvait alors dans le pays, Pibon profita de sa présence pour donner à cette fête une pompe extraordinaire. Il pria le représentant du souverain pontife de présider la cérémonie et de consacrer Téglise abbatiale.

Il semble que Dieu attendait cet acte de déférence envers le Siège- Apostolique pour rappeler à lui ce prélat qui avait connu, durant quelque temps, les égarements de la colère et du ressentiment, mais qui avait noblement réparé sa faute par un zèle éclairé, des libéralités inépuisables, en un mot, par un long et fructueux épiscopat. Pibon mourut le 24 novembre 1107 (3). Il fut inhumé, dans sa cathédrale, près de l'autel de la Madeleine; plus tard, ses restes furent levés de terre et placés près de la petite porte qui conduit au cloître (4).

§ n. — Riquin de Commercy ( 1107-1126)

Cependant la querelle du Sacerdoce et de l'Empire continuait Henri IV était mort à Liège, en 1106, abandonné de tous ; son fils Henri V l'avait supplanté et, par politique, il avait fait les plus bril-

(1) Benolt-Picarl, 398.

(2) Voir plus haut, p. 28. — Le Martyrolojçe de Du Saussay fait mémoire de cette invention, le 2 août.

(3) Les Gesta, SS., VIII, le Nècrologe de la Cathédrale de Toul (Ben.-Pic. 400), et les Schedulœ (Calmet, I, ccxxv), placent la mort de Pibon au VIII des Calendes de décembre (24 nov.). — Le Nécrologe de Saint-Manauy {Ben.-Pic, tbid.), le XI dos calendes de décembre <21 nov.), — Le Nécrologe de Saitit- Vanne Robert, Sigill. de Toul^ 40.\ le IX 23 nov.). — Nous avons tout lieu de préférer la date des Gesta et du Nécrologe de la Cathédrale, qui semble la plus officielle.

(4) Schedulœ, ibid.

234 LIVRE m. — LES GRANDS ÉVÊQUES DE TOUL

lantes promesses ; mais il ne tarda point à se montrer tel qu'il était et à revendiquer impérieusement les investitures, contre le pape Pascal II (1099-1118).

A Toul, Tempereur avait ses partisans, c'étaient surtout les jeunes chanoines, plus capables d'ambition. Sous sa pression, ils élurent pour évôcjuc, Conrad de Swarzem bourg, son aumônier ; mais la saine partie du chapitre se prononça pour Riquin de Commercy (1). L'héritag^e de saint Mansuy allait-il se trouver déchiré par un schisme ? On put le craindre un instant ; mais les bourjçeois se soulevèrent ; les partisans de Conrad prirent peur ; le chapelain de Henri V dut rester à la cour et Riquin de Commercy demeura seul possesseur du trône épiscopal.

Fils de Riquin, seif^neur de Commercy, et de Leucarde d'Apremont (2). le nouveau prélat avait été amené fort jeune à l'évoque Udon et il avait reçu de lui, pour maître, l'écolàtre Hézelin. Chanoine, dès Tage de huit ans, il avait été promu aux dijçnités de primicier du chapitre, de grand archidiacre et de prévôt de Saint Gengoult (3).

Ce n'était pas assez pour Riquin d'avoir éloigné son rival : il lui fallait soumettre sa nomination à l'agrément de l'empereur. Sa situation était délicate : il crut bon de se faire pardonner ses électeurs en rivalisant de zèle pour la cause de Henri. Ce moyen lui réussit et, s'il faut en croire Benoît-Picart (41, il lui valut, non seulement l'investiture, mais encore la confirmation des privilèges

(1) Ben. -Pic, 401.

(2) Dumont, Histoire de Commercy, I, 15.

(3) A la suite d'un diplôme de Pibon pour Saint-Gengoult (Calmel, III, xux ;, nous lisons: « S. Riqumi^ priniirerii, et ejuMiem ecclcsiœ ;S. Gengulphi ' pro'poaiti, Sancti Stephani archidiaconi. »

'4- Ki([uin n'était pas encore sacré en novembre llOî), car une bulle de Pascal II pour Chaumousey, en date du 28 novembre 1109 imrle encore: Theodorico duci et Riquino, electo tulleusi Jaffé, n° 0.247). - Benolt-Picart (p. 403) dit que Riquin se rendit à Strasbourg, en 1114, pour assister à une assemblée que l'empereur tint dans cette ville et qu'il recul là, pour lui et ses successeurs, le droit de battre monnaie et de convoquer, quand il le voudrait, la noblesse de son comté et, pour Étival, un diplùme de confirmation de biens. — Nous avons le diplôme d'Ktival, mais il ne nous est resté aucune trace de celui de Toul (Stumpf-Brontano, op. cit., n" 3.110 et sq.). - La charte impériale, si elle a existé, ne faisait, comme les précédentes, que confirmer la prescription.

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