‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 119 sur 265 · CHAPITRE V. — LA LUTTE DU SACERDOCE ET DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — LA LUTTE DU SACERDOCE ET DE L'EMPIRE

accueillit dans son diocèse les disciples de saint Norbert, abbé de Prémontré (1).

Il céda à son Eglise la moitié de la seigneurie de Commorcy (2) et, sur la demande du chapitre, supprimante dignité de priraicier, il en unit les émoluments aux autres prébendes canoniales (îî). Cette mesure semble avoir été rendue nécessaire par la diminution des revenus : ce ne devait pas être la dernière réduction opérée dans le chapitre de Saint-Etienne.

Riquin de Commercy mourut le 13 février 1126 (4). Il fut inhumé dans sa cathédrale, dans la chapelle de la Madeleine, et plus tard ses restes furent transportés au pied de Tautei de la Blanche Mère de Dieu (5).

supérieur légitime ; il a toutefois conseillé à ce pécheur de se retirer dans un cloître.

Dans l'autre, la 39G% il s'excuse d'avoir accepté, (i son insu, dans son monastère, un religieux, nommé Guillaume et sujet de l'Église de Toul.

(i) Riévalf la première abbaye de Prémontré fondée dans le diocèse, remonte à l'an 1124. Voir plus loin, le tableau d'ensemble du mouvement norbertin.

(2) C'est-à-dire la moitié du château et de la rivière, Méligny, Vaux, Saulx, Lérouville, Pont, Xonville, Fontoy, Morville, Tantonville, Maceronville et Gironville. — Celte donation, selon toute apparence, resta sans effet, ou bien les domaines cédés furent échangés contre d'autres (Dumont, Hist. de Comm,, I, 17).

(3) Lem., I, 60. — Déjà auparavant, la princerie avait été piirfois réunie à d'autres dignités du chapitre. — Ainsi, Riquin lui-même signe plusieurs diplùmos, par exemple, une charte de Pibon pour Saint-Gongoult, en lK>o(Calm., III, xux). « iJ. Riquini, primicerii et ejusdem eccleaiiP (S. Gcu^ouM prœposili, Sancti Stephani archidiaconi . »

(4) Le jour est indiqué par le \écrologe de Toul (Ben. -Pic, 406). Quant à l'année, nous n'avons pour la fixer qu'un texte peu concluant d'Albéric des Trois- Fontaines {SS., XXIII, 826). « 1126. Àpiid Tullum^ pont episcopum Riquinum fuit episcopus Henricus...n Ce texte nous laisse une grande latitude et, comme Jean de Bayon (Calmet, III, ccxxxix', place la mort de Riquin en 1124, comme nous trouvons une bulle adressée, le 3 octobre 1125, aux clercs et non à l'évéque) de Toul iJalîé, n"* 7.214), j'aurais été porté à croire ici à l'exactitude de Jean de Bayon. Mais une vacance dtr deux ans, alors <|u'un mt»mbre de la Maison de Lorraine était sur les rangs, me semble invraisemblable : je me pt^rsuade qu'il y a eu interposition de chilires : ilCXXlV pour .1/6X117, je nie range à l'opinion commune, et j'adopte la date de 112(5.

(5) Voici ses épilaphes, telles que nous les transmet le livre des Schedulcv (Calmet, I, ccxxv). L'une, plus ancienne, mais d'une latinité douteuse :

« Uic jacet antiates Riqutnus ; Christe^ sibi ^7f^■ 31 i lis et hune cœlis glori/icare velis. n La seconde, de prétentions plus grandes :

« 3Ioribus ornalus^ clara propagine natus, Riqutnus, decus Ecclesiœ, jacet hic tumulalus.

238 uviiE ni. — LES gkands évèques de toul

§ III. — Henri de Lorraine (1126-1165) (1

Le 20 mars suivant (2), les chanoines élurent évêque Henri de Lorraine, second fils du duc Thierry (f liio). Frère de Simon I, duc de Lorraine (1115-1139) et de Thierry, comte de Flandre, le

nouveau prélat était de la plus illustre naissance (3). Elevé dans le cloître (le Saint-Étienne par Técolàtre Hunald, il était entré au chapitre et avait été nommé archidiacre et chantre. Les évèques de Metz et de Langres lui avaient offert un archidiaconé ; le chapitre de Verdun l'avait choisi pour doyen; les chanoines de Saint-Dié ravalent appelé dans leurs rangs et, plus tard, nommé grand prévôt: cumul, malheureusement trop fréquent, qui devenait l'une des plaies de TEglise.

Lothaire II de Supplenbourg, le nouvel empereur (1125-1137), avait marié sa sœur à Simon de Lorraine. Il n'opposa donc aucune dilïiculté à rélection ; lionorius 11 (1124-1130) ratitia le choix du chapitre et le légat du Saint Siège, sans doute, le cardinal Mathieu,

Prœterit et titubât quidqnid sub sole videtur:

Sala boni prœstat gratin, nec moritur.

Nom en, honor, probitaa, species, genus, alta facultds,

Nil modo aubsidii dantque, Riquine, tibi. Ergo fidem merilumque tuum Deus ipse retract et.

Et tibi det genunam detque bonam requiem. Si meritùs minor es, eu quœ super omnia dires

Gratia defectum suppléât, oro, tuum. »

A ravant-dornier pcntamètro Benoll-Piciirt (p. 406) remplace gemmam par veniam.

(1) Sources : Outre les historiens toulois, Lemoine, Inventaire des Àrch. du chap. de Toul.

Benolt-Plcart s'appuie sur un Manuscrit de l'Eglise de Tou/ que nous n'avons pas conservé, mais qui semble en général assez exact. Aussi citerai-je ici, avec plus de confiance, l'Histoire du Capucin toulois.

(2) Benoit-Picart (p. 409) et Dora Calmet (II, 420) sont dans l'erreur, quand ils veulent repousser cet épiscopat jusqu'en 1127. Nous avons en oilet une lettre adressée, par Honorius II, le :25 avril li2H, à Henri, évêque de Toul (Jallé, B" 7.2()iict Albéric des Trois- Fontaines iSS., XXIII. 820) place l'intronisation de Henri, en 1126.

(3) Voir le tableau généalogique, page 208.

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