CHAPITRE V. — LA LITTE DU SACERDOCE ET DE L'eMPIRE
évoque d'Albano (1), sacra le nouveau prélat, à Metz, en juillet, à * . défaut du métropolitain (iodefroi de Lutrich, alors démissionnaire.
La cérémonie fut très brillante : le duc et la duchesse de Lorraine, le comte de Flandre s'y trouvèrent, escortés des principaux seigneurs du pays (2).
Un autre légat, Pierre, cardinal diacre, tint Tannée suivante (1127), à Tout, un concile provincial où fut terminé, en faveur de Cluny, le différend de Froville (3). Puis Henri se rendît, en septembre, avec son frère et plusieurs nobles lorrains, à la diète que Lothaire avait convoquée à Spire (4) ; quelques mois plus tard, il partit pour Rome, avec Méginer, le successeur de Godefroy de Lutrich (o). Tous ces événements étaient d'heureux augure, après la longue querelle des Investitures.
Le diocèse pourtant n'était point complètement pacilié. Thierry d'imbercourt, Thierry du Chàlelet et son fils Gérard, Gilbert et d'autres avaient protesté contre la donation de Riquin, pris le château de Commercy, envahi des terres de l'évêché ou du chapitre, et fait prisonniers, pendant le carême de 1119, l'archidiacre Haimon P et ses compagnons de route. Le chapitre lança contre eux une sen-
tence d'excommunication que ratifia le pape Callixte II, le 15 novembre 1122 i6). Thierry d'Imbercourt s'obstina, interjeta appel contre cette bulle et fut de nouveau condamné par Honorius il, le 17 mars 1125 (7). 11 répondit à cette censure par de nouvelles déprédations, maltraita et emprisonna des ecclésiastiques, usurpa sur le chapitre (juelques villages de la prévôté de Vicherey et tint en échec les troupes de l'évêque et du duc Simon. Henri lança contre lui une troisième excommunication (8) ; Thiéry réitéra son appel et se vit condamné de rechef (9).
(1) Ben. -Pic, 410.
[t) Ihid.
(3) Arch. de M.-et-M., H., 1(>4.
(4) Ben. -Pic, ihid,
(5) Baluze, Miscellanea, IV, 45i. — Henri était encore à Rome en 1128, car il signa, dans cette ville, un diplôme concernant Juvigny et Saint-Mihiel.
G) Lemoine, I, 7. — Jaffé, n" 7.131
(7) Lem., ibid.
(8) Jaflé, n» 7.358.
Frédéric, comte de Toul, avait suivi son exemple. Contrairement aux statuts qu'CJdon avait proclamés (l\ il voulut exercer un droit d'hospitalité sur les terres du chapitre (2); les chanoines protestèrent ; le comte s*obstina et Tévéque, soit qu'il fût mandé, soit qu'il crût, par cette démarche, hâter le retour de la paix, (it une seconde fois le voyage de Rome (3). Les événements contrarièrent tout d'abord ses projets : il arriva dans la Ville éternelle au moment de la double élection d'Innocent II (1130-1143) et de Pierre de Léon et il dut accompagner le pape légitime dans sa retraite en France. Mais, le 29 octobre 1031, une bulle, datée de Reims, renouvela les censures encourues par Frédéric, par Thierry du Chàtelet et par leurs partisans (4). La situation restait toujours tendue : saint Bernard, venu en Lorraine, vers 1033 (5), mit tous ses soins à rapprocher le comte et les chanoines. L'évêque s'employa pour le même but, mais un défaut d'entente entre ces hommes de Dieu paralysa leurs moyens d'action (6).
Enfin le cardinal Thécuin, légat du Siège Apostolique, interposa sa médiation et tout finit par s'arranger. L'évoque, le chapitre et le comte, dans une assemblée tenue à Rhétel, près de Trêves (7), conclurent une transaction assez curieuse: le comte de Toul serait reçu à Vicherey, terre capitulaire, deux fois par an, avec une suite de sept à dix personnes, si le chapitre n'avait rien à lui reprocher. Cet acte fut confirmé par Innocent II, le 6 juin 113<) (8) : le conflit
(1) Voir p. ilO.
(2) Lem., I, 8.
(3) Ben.-Pic, 412.
(4) Jallé, n» 7.497.
(5) Pour les voyages et les travaux de saint Uernard, lire Vacandar, Vie de saint Bernard. Paris, Lecollrc, 1895, 2 vol. in-8°. — Saint Bernard vint au moins six foison Lorraine; vers H,'i3, il tenta de rt^concilior les Messins et le comte Henri de Salm (Philippe de Vif^neuUe, Chronique messine, dans Huguenin, p.;*)) : quatre fois, dans le cours des années 114() et 1147, pour la prédication de la seconde croisade (Vacandar, II, 273, 297, 299) et enfin, en 1153, il se rendit à la prière d'Hillin, archevêque de Trêves, et réussit à rétablir la paix entre les Messins et Keuaud II, comte de Bar et de Mousson (Digot, Hist. de Lorr.^ ï, 335 et sq.).
6) Ben. -Pic., 413.
(7) Rhétel, Rutilœ, prés de Trêves (Prusse Rhénane).
(Si Lem., I, 8 et 6i. — Calmet, V, ccc.