‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 123 sur 265 · CHAPITUE V. — LA LUTTE DU SACERDOCE CT DE L'EMPIRK · texte numérisé non relu

CHAPITUE V. — LA LUTTE DU SACERDOCE CT DE L'EMPIRK

che (1), près de Neufchâteau, un monastère de Cisterciennes où il installa, sous la direction de sa sœur, Berthe de Lorraine, des religieuses venues de la grande abbaye bourguignonne du Tart.

Dans cet élan de générosité pour les moines de Gîteaux, les ducs avaient eu des devanciers. Vers 1132, plusieurs seigneurs, Geoffroy III, sire de Joinville, et Ébald de Montfort, construisirent Tabbaye de Notre-Dame de Vaux-en-Ornois, dans la vallée de rOrne (2), et le môme Geoffroy érigea, vers 1144, Tabbaye d'Ecurey, près de Moatier-sur-Saulx, sur les frontières de la Champagne (2). Dans l'intervalle, en 1133, Folmar de Lunéville construisit Tabbaye de Beaupré, sur la Meurthe (3), et, en 1140, Agnès de Langstein, Tabbaye de Haute-Seille, sur la Vezouze, au pied des premiers contreforts des Vosges (4). Enfin, vers 1160, une colonie de Saint- Benoîten-Woëvre, établie depuis une dizaine d'années aux Anglecourts, vint se fixer définitivement, à deux lieues de là, sur le ruisseau de Melche. Telle fut l'origine de l'abbaye de Lisle-en- Barrois (3).

L'ordre de Prémontré prit un essort plus rapide encore (6). Saint Norbert, plus tard archevêque de Magdebourg, l'avait fondé en

raines. Les bâtimonts ont disparu prosquc entièrement à la Révolution. Clairlieu est aujourd'hui une ferme. — Cf. Bonnairc, les ruines de Clairlieu ; Lcpage, L'abbaye de Clairlieu, dans J/em. Soc. Arch. lorr., 1849 et 18u5. il) Calmet, V, cccxxxni. — VÉlanche, c. de Neufchâteau (Vosges).

(2) Vaux-en- Or nois, commune de Saint-Joire, c. de Gondrecourt (Meuse). — Calmet, V, cccxx. — Écurey^ aujourd'hui simple ferme, écart de Montier-sur- Saulx, arr. de Bar (Meuse). — Voir pour ces deux abbayes, Delaborde, Jean de Joinville. Paris, 1894, et Cillant, Fouillé de Verdun.

(3) Beaupré, <'*cart de Moncel, c. de Lunéville-Est. — Cf. Bernhart, L'abbaye de Beaupré (Ms. de la Bibl. de Nancy).

(4) Calmet, V, cgclv. — Uauie-Seille, écart de Cirey-sur-Vezouzo, arr. de Lunéville (M.-et-M.), n'est plus aujourd'hui qu'une maison de ferme. — Cf. de Martimprey, J.'abbaye de Havte-Seille, dans Mém. Soc. Arch. lorr., 1887.

(5) JJule-en-Barrois, c. de Vaubécourt (Meuse). — Le couvent des Anglecourts avait d'abord été occupé par des Chanoines-Réguliers ; mais reux-ci y restèrent peu de temps. — Il ne reste presque plus rien de ce monastère (Gillunt, Pouillé de Verdun, 11, 743).

(6) Sur l'Ordre de Prémontré, en Lorraine, outre le Oallia Christiana et Calmet, Notice de Lorraine, consulter Hugo, Sacri et Canonici Ordinis Prœmonatratenfds Annales. Monasteriologia, 2 vol. in-fol. Nancy, Cusson, 1734. — E. Martin, De canonicis prœmonstjatensihus in Lothavingia. Nancy, Berger- Levrault, 1891, et Servais de Lairuels. Nancy, Vagner, ISa'J.

-'^<j LIVHE III. — LES GRANDS ÉVÉQUES DE TOUL

1120, dans une solitude des environs de Laon : quatre ans ne s'étaient pas écoulés que Renaud I, comte de Bar, recevait de ses disciples à Riéval, près de Commercy (1) ; deux ans plus tard, en 1126, le duc Simon de Lorraine lui offrit, près de son château de Prény, le vallon sauvage qui devint Sainte-Marie-aux Bois (2). Puis surgirent, comme par enchantement, vers 1138, Jandheures, sur la Saulx, érigé par Gérard, châtelain de Bar, et par (lalienne, son épouse (3), et Flabémont, près de Lamarche-en-Bassigny, bâti par Guy, seigneur d'Aigremont (4) ; en 1141, Jovilliers, près de Bar, élevé par Geoffroy III, de Joinville, le fondateur d'Écurey et de Vaux en-Ornois (5); vers 1146, Bonfays, non loin de Mirecourt, dû à la piété de Guillaume de Bernole (6) ; en 1132, Rangéval, sous les côtes, non loin de Commercy, construit par Adevide d'Apremont et doté par Olry, doyen du chapitre de Toul (7) ; en 1157, Mureau, dans la profonde forêt qui sépare Grand de Neufchâteau (8). Dès 1146, l'antique monastère Saint-Pierre d'Étival, bâti, dit-on, par saint Leudin-Bodon (9), adopta, lui aussi, la règle de saint Norbert.

(1) Riéval^ écart do Ménil-la-Horgne, c. de Void (Meuse). — L'abbaye est aujourd'hui une ferme. — Cf. Dumont, Hist. de^ fiefs... de Commercy^ II, Riéval.

(2i Calmet, V, cccvi. — Sainte-Marie-aux-Bois, écart de Vilcey-sur-Troy, c. do i^ont-à-Mousson (M.-ot-M.). — L'abbaye fut transférée à Pont-à-Mousson, en 1G07, par Servais de Lairuels, et Sainte-Marle-aux-Bois, réduite au ranj; d'un simple prieuré : le monastère est aujourd'hui une maison de ferme. — Cf. Victor de Civry (Collin), Sainte -Marie aux liais. Nancy, Vaguer, 1846, et A. Digot, Vabbaye de Sainte-MarieauxBois [Mèm. Soc. Arch. lorr., 1837).

(3) Jandheures^ écart de Lisle-en-Rigault, c. d'Ancerville (Meuse). —L'abbaye forme aujourd'hui un magnifique domaine qui, après avoir appartenu au maréchal Oudinot, est la propriété de M. Rattier.

(4) Calmet, V, cccxi. — Flahémoni^ écart de Tignécourt, c. de Lamarche (Vosges). — Les bâtiments de l'abbaye forment aujourd'hui un petit hameau.

(5) Jovilliers, écart de Stainville, c. d'Ancerville (Meuse). — C'est aujourd'hui un hameau. On voit encore les deux tours de l'église, le cloître et quelques grandes salles.

(()) Bonfays, comm. de Légéville, c. de Dompaire (Vosges).

i7) Calmet, V, cccxiv. — Rangerai, écart de Corniéville, c. de Commercy (Meuse). — L'abbaye subsiste encore en partie: elle appartient à divers propriétaires. — Cf. Dumont, op. cit., I, Rangéval.

(8) Mureau, écart de Pagny-sous-Mureau, c. de Neufchâteau. — Ccst aujourd'hui une ferme.

(9) Voir p. 83.

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