CHAPITRE V. — LA LUTTE DU SACERDOCE ET DE L'EMPIRE
rinfidèle, à défendre les Saints-Lieux, à protéger les pèlerins, à soigner en Palestine les pauvres et les malades, ils n'auraient pu, ni se recruter, ni subvenir à leur entretien, ni suffire à leurs char ges, s'ils n'avaient eu, en Europe, des succursales qui leur servaient à la fois de maisons de formation pour leurs novices et de lieux de repos pour les chevaliers au retour de la Terre Sainte. En général, à ces communautés, pour rester fidèles à l'esprit de leur institut, ils annexaient des hospices pour les pèlerins, les pauvres, les malades : telle fut l'origine d'un certain nombre d'hôpitaux.
Dans le courant du xip et du xiii® siècles, les Chevaliers de la Milice du Temple, ou Templiers (1), possédèrent, dans le diocèse de Toul, onze et peut-être douze préceptoreries (2): Libdeau, près de Toul, dans le grand archidiaconé{3) ; Cercueil (4) et St-Georges, près de Lunéville (S), dans le doyenné de Port ; Brouvelieures (6), dans celui deDeneuvre; Virecourt (7), dans celui d'Épinal ; Xugney (8), dans. celui de Jorxey ; Norroy sur-Vair (9), dans celui de Vittel ; Couvertpuits (10), dans celui de Dammarie ; Dagonville (H), dans celui de Belrain ; Barri (Braux ?) et Bouzaintilla, cités dans le Fouillé de 1402, mais ne pouvant être identifiés (12), et, peut-être
(il Cf. Histoire critique et apologétique des Chevaliers du Temple de Jérusalem, dits Templiers, par feu le R. P. M. 3. (Mansiiot le Jeune), chanoine régulier de VOrdre de Prémontré et prieur d'Êtival. Paris, 1789, 2 vol. in-4*. — Digot, Mémoire sur les Établissements de l'Ordre du Temple en Lorraine, dans Mém, Soc. Àrch. lorr,, 1868. — Lepage, Introduction au Fouillé de 4402, p. LXIV et sq.
(2) La tradition a une tendance ù multiplier les établissements des Templiers : elle prend pour des préooplorerios, des censés, des mcHairies ou des hospices ayant appartenu à ces chevaliers. — Il faut, pour être fidèle à la vc'Tité, s'en tenir aux données du Fouillé de 1402.
(3) Libdeau, écart de Toul.
(4) Cercueil, c. de Saint-Nicolas de Port (M.-et-M.).
(5) Saint-Georges, écart de Moncel-les-LunéviUe, c. de Lunéville-Sud.
(6) Virecourt, c. de Bayon (M.-et-M.).
(7) Brouvelieures, arr. de Saint-Dié (Vosges).
(8) Xugney, écart de Rugney, c. de Charmes (Vosges). — La chapelle qui date du xii' siècle subsiste encore en partie : les colonnes et les chapiteaux sont très remarquables, au point de vue architectural. — Cf. L. Quintard, La Commander ie de Xugney, dans Mém. Soc. Àrch. lorr., 1877.
(9) Piorroy-surVair, c. de Bulgnéville j Vosges).
(10) Couvertpuits, c. de Monlier-sur-Saulx (.Meuse).
(11) Dagonville, c. de Commercy .Meuse).
(12) Le Fouillé donne Barri : Mansuet, Baru ou Bru, Lopage (op. cit., LXVI)
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Jézainville, au doyenné de Dieulouard, que le Registrum ne mentionne pas, mais que la tradition donne comme une ancienne maison des chevaliers du Temple (1).
De ces préceptoreries, Couvertpuils et Dagon ville, situées dans le Barrois, relevaient de la baillie de Champagne ; les autres constituaient la baillie de Lorraine qui était sans doute sous l'inspection du grand précepteur d'Allemagne.
Les Hospitaliers de Saint- Jean de Jérusalem eurent à Torigine moins d'établissements que leurs frères du Temple (2) et encore plusieurs ne semblent avoir été que des métairies ou des hospices pour les pèlerins et les voyageurs : tels La Bouzule (3) et Cuite- Fève (4). Ils ne comptèrent vraiment que cinq commanderies : Toul etJaillon(5), dansle grand archidiaconé; St Jean-du-Vieil-Aître (6), près de Nancy, et Mazerules (7), dans le doyenné de Port ; Vennezey (8), dans celui de Deneuvre ; Robécourt (9), dans celui de Saintois. Ces maisons dépendaient de la langue de France et du grand prieuré de Champagne.
penso que ce mot désignerait Brau.r, où il est certain que l'ordre de Malte posséda une commanderie. La seule diffîculté, c'est que Braux était du diocèse de Châlons, et comment expliquer une erreur pareille dans un document officiel ? Pour l'autre nom, il se lit Rouzainrilla dansle PnuUlé, et ReuminvUle, dans Mansuet. Ce serait peut-être, d'après Lepage a)p, cit.^ LV), Bouzanville. c. de Haroué (M.-et-M.). Mais le seul indice que l'on ait, c'est que le curé de cette paroisse (Hait nommé par le commandeur de Xugney ; c'est Iti un argument bien peu concluant.
(1) Jézainville^ c. de Pont-à-Mousson (M.-et-M.).
(2) Lepbge, Introd. au Pouillé de 4402, p. LXXIII et sq. ; Mémoire sur quelques élablissements de l'Ordre de Saint- Jeande-Jérui<alem, dans Ann. de la Meur- Ihc, 1853.
(3) La Bouzule^ écart de Champenoux, c. do Nancy-Sud.
(4) Cuite-Fève^ écart de Rosières-aux-Salines, c. de Saint-Nicolas de Port (M.et-M.).
(5) Jaillon^ c. de Domévre-en-Haye (M.-et-M.). — La maison de Toul serai) peut-être celle qui, plus tard, fut connue sous le nom d'Hôtel du Commandeur de Libdeau, à côté de la Maison-Dieu.
(6) n ne reste de la Commanderie Saint- Jean que le clocher do l'église qui offre un aspect très pittoresque, à l'extrémité du faubourg Saint- Jean, enclavé qu'il est dans les Chaix de la maison Clérin. C'est le plus vieux monument de Nancy.— Lepage, La Commanderie Saint-Jean-du-Vieil-AUre^ dans Journ. Soc. Arch, lorr., 1865. — Pfister, Hist. de Nancy, I, 23.
(7) Mazerulles, c, de Nancy-Sud. •
(8) Vennezey, c. de Gerbéviller (M.-et-M.).
(9) Robécourt, c. de Lamarcbe (Vosges).