‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 129 sur 265 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La fin du XII' siècle et le début du XIII' Période de décadence

Comme successeur de l'évêque déluDt , les chaDoines élurent Pierre de Brixey, fils de Pierre seigneur de Brixey et de Mathilde Reynel (1). Celte famille de Brixey tenait alors fortement à l'Eglise de Toul : Pierre en était depuis longtemps chanoine et archidiacre; Frédéric et Simon, ses frères, étaient, le premier, doyen de la cathédrale et, le second, abbé de Rangéval ; Frédéric et Pierre, ses neveux, furent l'un, doyen de la même église, et l'autre , grand archidiacre de Toul (2j.

Comme beaucoup de ses prédécesseurs, comme la plupart des évêques de cette époque, Pierre

(1) L'élection eut lieu eniro le il juin UOô et le 21 avril HCIl voir p. ^IH, n. I], — Le sceau, reproduit diins eellc page, esl donné par Robert l,Stijill., l'I. H, n* 3| d'aprcs la coUeetion Dulresne.

(3) Ben. -Pic, iâU. — Pierre do Brixey, pire do ri!vfii|ue, fut Umoin de l'iirraDgement coaclu k Htitliel, vers I13(i (Cf. p. 840). 11 est cU6 en cette qualité dans la bulle de cooStmatton (Calmet, V, ccc).

de Brixey eut à lutter contre les envahissements des seigneurs qui prétendaient trouver dans TEglise grand profit pour euxmômes et fructueux établissement pour leurs enfants (1).

Les revenus de la princerie étaient répartis, depuis Riquin de Commcrcy, entre les prébendes capitulaires (2). Le duc Mathieu désira pour son lils Thierry, déjà grand archidiacre de Toul, prévôt de Saint-Gengoult, grand-prévôt de Saint-Dié et archidiacre de Metz, la restauration de ce gras bénéfice. 11 se fit appuyer auprès du chai)ilre par Frédéric Barberousse, son beau-frère ; mais deux chanoines seulement se laissèrent ébranler. L'affaire était donc avortée; mais Mathieu, exhibant un ordre formel de l'empereur, exigea que Thierry fut pourvu, quand môme, du temporel de la I)rincerie (3). L'évèque et le chapitre en appelèrent à Rome ; les difficultés qui persistaient entre l'empereur et Alexandre III empêchèrent leur démarche d'aboutir; ils durent céder devant le droit du plus fort et reconnaître le nouveau primicier.

Barberousse, vers li7o, chassa de Metz l'évêque Frédéric de Pluvoise, coupable d'un attachement trop grand à la cause du pape légitime (4), et Mathieu dont l'ambition était insatiable, lit installer son fils sur ce siège important. Mais Thierry fut déposé, en 1179, par le troisième concile de Latran, et il mourut peu de temps après. Il futenseveli dans l'église de Clairlieu, devenue la sépulture de la maison ducale et des principales familles du pays, et la princerie fut de nouveau réunie à la mense canoniale.

Un autre fils du duc Mathieu avait suscité un autre conflit. Il se nommait Mathieu, comme son père ; il avait épousé Béatrix de Fontenoy, fille unique de Frédéric IV, comte de Toul et sire de Fontenoy-le-Chateau, et, au décès de celui-ci, il était entré en possession du comté. Il renouvela les vieilles prétentions de son beaupère pour le droit de gîte et il poussa si loin ses vexations que le

(1| En outre di's sources indiquéos précédemment, les détails de ce chapifre sont tirés de Potthast, Hegesta^ 1, et de Pressuti, Regcsta Ilonorii III. 2) Voir p. 237.

(3) Ben.-Plc, 421.

(4) Calmet, 11, ■ô'àS.

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