‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 149 sur 265 · CHAPITRE II. — ORGANISATION MUNICIPALE I)E TOUL · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — ORGANISATION MUNICIPALE I)E TOUL

étaient purement bourgeoises. Elles étaient nombreuses, trop nombreuses mômé pour avoir, sur la vie de cette petite ville, une influence considérable : quelques-unes ne comptaient que trois ou quatre membres.

Nous n'avons point de détails précis sur leur organisation à cette époque (1); de plusieurs, nous savons à peine le nom. Elles élisaient chaque année un maître ou chef de métier ; elles s'assemblaient quand bon leur semblait, mais avec l'autorisation et sous la surveillance des magistrats (2), car, de réunions de ce genre, on peut toujours craindre des mouvements séditieux.

Nous trouvons mentionnés, çà et là (3), les drapiers et teinturiers (4); les tailleurs et fripiers d'habits; les cuisiniers, traiteurs, rôtisseurs et pâtissiers ; les boulangers, les menuisiers, ébénistes, tourneurs et tonneliers ; les maçons, couvreurs, charpentiers et paveurs; les barbiers et perruquiers, les distillateurs d'eaude-vie, les pelletiers, les tisserands, les chapeliers, les cordiers, etc.. Les quatre métiers les plus puissants étaient lesfèvres et maréchaux; les cordonniers et tanneurs; les bouchers et les Lombards (5). Enfin, les marchands étaient réunis sous le patronage de saint Michel (6).

Sur un acte de vente du 2 septembre 1431, nous voyons que le roi des ménétriers recevait de tout habitant de Toul, des faubourgs, des villages de Dommartin et de Chaudeney qui se mariait, quatre toulois et maille, plus un anneau d'argent de même prix. Chaque femme qui se méfaisait, devait lui payer, chaque année, à la foire de Toul, six sous toulois. Le roi des ribauds percevait vingtsept toulois et maille de tout ribaud et ribaude qui se battait ou se mariait (7). Cette dernière corporation nous donne une idée assez

(i) Pour les réunions de métiers du xviu* siècle, voir les Arch. de Toul, HH, i-20.

(2) Du Pasquier, op. cit., 95.

(3) Arch. do Toul, HII, i-20. — Lcm., III et IV, passim. — Du Pasquier, passim.

(4) En 1406, Philippe de Ville donna un règlement aux drapiers de Toul. Une copie de ces statuts est conservée aux Archives Nationah^s, J. SHO.

(5) Du Pasquier, op. cit., 17.

(6) Arch. de Toal, HH, 11.

(7) Lem., III, 27. - Lepage, Comm., II, 576.

3!0 LIVRE IV. — l'agitation communale

triste de Télat moral de la ville : le mal ne fit que s'accroître, malgré les efforts des évoques, et il fallut qu'au xvi® siècle, on parquât les ribaudes dans certaines rues et qu'on les obligeât à porter sur leurs vêtements un signe qui les fît reconnaître (1).

Telle était l'organisation municipale de Toul (2); assurément elle ne fut pas créée de toutes pièces sous l'épiscopat de Gilles de Sorcy, mais elle était en germe dans l'acte de cet évoque et ne tarda point à se compléter (3).

Quelle charte avait servi de modèle au prélat ? N'ayant, ni le texte, ni même le résumé de ce document, il est difficile de répondre. On peut du moins remarquer une grande similitude d'organisation entre les cités épiscopales, toujours indissolublement unies, Metz, Verdun et Toul (4). Dans les trois, le maître-échevin était le premier magistrat de la commune ; il partageait, sans en faire nécessairement partie, les pouvoirs administratifs et judiciaires avec un corps de ville annuel, nommé à Metz les Treize, à Verdun le Nombre ou les Wardours de la paix, et présidé par l'un des membres, à tour de rôle. Mais, dans ces deux communes, les Treize et les Wardours étaient désignés uniquement par l'évêque et le maître-échevin, par le chef du chapitre et les abbés des principales abbayes. A Metz, la Treizerie avait absorbé l'échevinat ; mais, à Verdun, à côté du Nombre, avaient subsisté deux anciens tribunaux : les échevins du palais et les échevins de la vicomte.

Il y avait donc de nombreux rapports entre l'administration de ces trois villes sœurs et, comme Metz était la plus importante, comme Verdun était déjà formée en commune depuis plus d'un quart de siècle, il est probable que Gilles de Sorcy a combiné, avec

(1) Arch. de Toul, JJ. 4, f 442.

(2) La vie municipale ii Toul pourrait être le sujet d'une étude fort curieuse. Les documents conservés aux archives de Toul et de Meurthe-et-Moselle, les Mémoires de Du Pasquier, etc., forment, sur ce point, une mine fort riche à exploiter. Je souhaite que ce travail tente un êrudit tuulois.

(3) Les enquerreurs existaient déjà en 1285 (Lepage, Enquerreura^ 2).

(4) Pour l'histoire de la commune de Verdun, je renvoie à la savante introduction que M. Labande a mise en tôte de son Inventaire des archives de Verdun, Verdun, Laurent, 1891, in-4°. — Pour celle de Metz, aux articles de M. Prost, déjà cités plus haut.

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