‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 164 sur 265 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Difficultés avec le Chapitre (1330-1378

l'n mois à peine apriis le décc's I ^ d'Amédée de (Jenùve. le 20 Mai

J -^ ^i^r^i, i'iiO, les ch.inoines élurent Tho-

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^1^1 XrR"^irT^PÂ!,y d\aitetéele\é a la cour de Lor '' '' I raine, mais, aux honneurs du I \ siKJe, il a\ait préféré l'héritage ' I du Seigneur et était entré dans ' les Oidres Jean d'Arzillicres. son parent lui avait donné un -—^J^^ arthidiacoual et le pape Clé-

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nat de I bglise de Verdun. Sage et 1 egle dans s ^ conduite, lion et Londe^cendant dans ses relations, Thomas manquait de fermeté et d tneigie, d habileté et de constance, et l'on pouvait craindre qu'il ne parvint iioint à faire respecter

(1) Ben.-Pjp., 480. — Iji maisno dp Bourliimont avait pour armoiries fauté d'argent e.i de gueuUf, de liiiil pièces. — I,c sceau reproduit oi-dcssus pst donn<^ par Rolifrt {Sigill., pi. Vlll, n' 2:ij.

r2i ,\rch. Vatic, Reg. Valir,, y.;, n- 7IU.

CHAPITKE V. — DIFFICULTÉS AVEC LE CHAPITHE 353

de ses adversaires son pouvoir et sa dignité. Ces appréhensions se justifièrent et cet épiscopat fut des plus troublés (1).

Erard de Thelod et Pons d'Acraignes (2) avaient brûlé le château de Maizières : Tévêque mit en campagne une troupe de soldats qui, soit erreur ou préméditation, pénétrèrent sur les terres de Lorraine et y brûlèrent plusieurs villages. Isabelle d'Autriche, régente pendant la minorité de son fils, le duc Raoul (1328-1346), s'en plaignit hautement; l'évoque consentit à payer une indemnité de deux mille livres et Pierre, chevalier de Bar, sire de Bouconville, se porta caution pour lui (3).

Quelque temps après, Isabelle chercha une autre querelle : elle soutint que Thomas avait reçu, pour Raoul, une forte somme d'argent et le pria de lui en rendre compte. Quelles que fussent les protestations de l'inculpé, elle maintint son affirmation et la discussion fut sur le point d'aboutir à une lutte armée ; enfin, des arbitres décidèrent que l'évéque devait rembourser deux mille livres, et Bourlémont s'exécuta : c'était, pour le moins, un début fâcheux.

Rendue plus arrogante par ce double succès, la régente prétendit, peut-être avec raison, que la garnison de la forteresse épiscopale de Liverdun faisait des incursions dans le duché : elle demanda (|ue le château fût démantelé ou qu'il reçût une garnison lorraine. Sur le refus du prélat, Isabelle attaqua Liverdun, s'en empara et en démolit les remparts. Thomas vouljit se relever de cet échec, mais il le fit très maladroitement : il abandonna, par un traité secret, Liverdun à Edouard I, comte de Bar, à condition qu'il en réparât les murailles. C'était tomber dans un danger plus grand: placer Toul, comme dans un étau, entre deux châteaux barrisiens, Foug et Liverdun ; irriter davantage encore les Lorrains et se créer des difficultés inextricables. Edouard n'eut garde de refuser: il entra dans la forteresse démantelée; il la remit en état, en moins de six semaines, et, de ce nid d'aigle, il infesta les terres ducales.

(1) Sauf indications contraires, les faits de cet épiscopat sont tirés de Benoît- IMcart (p. 479 et sq.) et de Calmet (III, ^34 et aq. ; 462 et sq.).

(2) Tiiûlud et Acraignes (auj. Frolois\ c. de Vézclisc, M.-ct-M.

(3) Bibl. nat., Coll. hnr., l. 2i3, n" i:i.

354 LIVRE IV. — l'agitation communale

Raoul, alors majeur, réclama contre cette cession ; sa voix fut si menaçante que Bourlémont eilrayé abandonna au comte de Bar tout ce qu'il possédait à Lucey et à Lagnpy, en échange des prétentions qu'Edouard avait sur le château de Liverdun (1). Henri IV, fils et successeur d'Edouard (1337-1344), vendit au chapitre de Toul, en 1343, pour trois mille livres de petits tournois vieux, ces domaines que lui avait valus l'affaire de Liverdun (2), et c'est ainsi que la mauvaise administration de Tévêque enrichissait ses subordonnés et ses rivaux au détriment de son temporel, grevé de dettes (3) et amoindri.

Dans ces conjonctures, Thomas se trouvait fort empêché de faire honneur aux obligations qu'il avait souscrites au souverain pontife, lors de sa préconisation. Sur les deux mille sept cents soixante dix florins, vingt-deux sous et six deniers qu'il s'était engagé à payer, il n'avait encore versé, en 1336, que mille sept cents florins et il se voyait menacé des censures ecclésiastiques, s'il ne se libérait point dans le plus bref délai (4).

Avec Philippe de Valois, il n'était guère plus heureux. Il avait été employé par ce monarque pour négocier avec Jean de Joinville la réunion au domaine royal de la terre de Vaucouleurs : il avait réussi et l'échange avait eu lieu, le 15 août 1335, contre les seigneuries de Méry-sur-Seine et de Lachy (5). Mais il avait profité de cette

(1) « 1344. — Lettres du doyen et chapitre de Toul. — Thomas de Bourlémont, évéquo de Toul, ayant cédé à Edouard, comte de Bar, tout ce qu'il avait à Lucey et à Lagney, en échange des prétentions que le comte avait au château de Liverdun, et le chapitre ayant acheté depuis à Henry, comte de Bar, fils d'Edouard, CCS terres, doyen et chapitre s'engagent à les rétrocéder si on l'exige. » (Bibl. nat., Coll. lorr.f t. 243, n* 20.) — Cette pièce originale me parait inflrmer le récit de Benoit-Picart (p. 484).

(2) Ibid,^ n* 19. — Cette vente fut approuvée par Qément VI, le 22 novembre 1349 (Arch. VaUc, Reg, Av., t. XLVI, 104).

(3) Voici un exemple qui fera Juger des opérations financières de Thomas de Bourlémont : « 1339. — Lettres par lesquelles Guillaume Ck>mailles de Vignail, facteur des Lombards de la Table de Gondrecourt, reconnaît que Thomas de Bourlaimont (stci, évéque de Toul, étant obligé envers Icsdits Lombards, de la somme de deux mille francs de vieux tournois, il s'est engagé à les payer en dix ans, en donnant deux cents francs par an. » (Bibl. nat.. Coll. lorr.y t. 243, n- 17.)

(4) Riezler, Vatikanische Akten, Insbruck, 1891, n* 1771. — 16 janvier 1336.

(5) Méry-sur-Seine, arr. d'Arcis-sur-Aube, Aubo. — Lachy, c. de Sézanne,

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