‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 170 sur 265 · LIVRE IV. — L*AG1TATI0X COMMUNALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — L*AG1TATI0X COMMUNALE

poirde cause, dut acheter pour douze cents florins la retraite de Vautrin et de ses compagnons. Les Bretons se retirèrent en Alsace, laissant partout de sanglants vestiges de leur passage. Lorrains, Barrisiens et Français s'élancèrent à leur poursuite ; mais, comme il arrive trop souvent, ils se livrèrent aux mêmes désordres. Sous prétexte de les défendre contre des coups de main, ils occupèrent les châteaux de Brixey, de Void, de Vicherey, de Maizières et de Liverdun, et s'emparèrent des biens de TEvéché et du chapitre.

Jean de Heu et ses chanoines, ne sachant à qui se recommander, eurent recours au souverain pontife. Urbain V écouta leur requête; mais que pouvait-il lui-même pour eux ? il les autorisa à excommunier publiquement les spoliateurs des biens ecclésiastiques et à renouveler cette sentence tous les dimanches, « bien faible remède, remarque fort justement Tabbé de Senones, contre des gens de guerre et des mauvais chrétiens, w Pierre de Bar, sire de Pierrefort, fut le seul qui restituât. L*évêque parvint toutefois à dégager ses forteresses ; il rappela dans sa ville épiscopale les ecclésiastiques que la guerre eu avait éloignés et, après tant de malheurs et de persécutions, il eut la consolation de réunir cent prêtres autour de lui, pour le service de sa cathédrale.

A peine sortis de cette lutte, Tévêque et le chapitre se retrouvèrent aux prises avec les bourgeois. C'étaient toujours les mêmes difficultés qui renaissaient, malgré les accords et les transactions : exemption des ministériaux, impôts municipaux, construction et garde des murs, etc. .. Mais cette fois les citains se sentaient plus forts ; ils venaient d'obtenir de Charles IV, le 17 février 1367, une bulle garnie du grand sceau en or (1), qui confirmait tous les anciens privilèges, leur accordait ou leur renouvelait le droit de fortifier leur cité, d'établir des amendes et des impôts, d'administrer leurs finances, d'édicter des statuts et des règlements communaux, de se constituer une municipalité et, chose qui dut surtout leur être

(4) D'où le nom de Charte ou de Bulle d'or, — L'original est conservé aux archives de Toul (AA. 3). ~ La bulle d'or y est encore suspendue : elle a 62 millimètres de diamètre et pèse 40 grammes. — Benott-Picart en donne le texte dans ses preuves, p. XXXVI.

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