CHAPITRE VI. — LK fiRAND gCHISME
ses parijsans, poursuivi par l'armée du roi de France, il s'était réfugié à Perpignan. Thierry, n'osant poursuivre sa route, s'adressa au cardinal deTarascon, vicaire du pontife fugitif, et il obtint de lui, le ^C août 1401, les bulles de son candidat (1).
t Philippe de Ville était encore à Orléans quand il en reçut la nouvelle; il vint aussildt prendre possession de son siège ; puis, il retourna terminer sa théologie auprès de ses premiers maîtres.
La Lorraine, comme l'Empire, le Royaume et l'Europe entière, était alors fort agitée. La démence de Charles VI, les luttes entre le duc Louis d'Orléans et Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, compliquaient, en France, les divisions religieuses.
En Allemagne, les électeurs, fatigués de la tyrannie de Venceslas, l'avaient déposéâ la diètedeLandstein, le 20 août 1400; ils avaient éiu, H sa place. Frédéric de Brunswick, qui fut assassiné quelques jours plus tard ; puis Robert de Bavière, comte palatin du Rhin. Venceslas avait refusé d'accepter sa déchéance etilcomptait, parmi ses partisans, les bourgeois et le chapitre de Toul.
Le duc de Lorraine était le gendre du nouveau roi des Romains ; il se déclara pour lui ; il s'unit à Robert de Bar et tous deux prirent les armes pour réduire le parti du César délrôné. Sur le schisme ponlifical, venait se greffer un schisme impérial : c'était le comble de l'anarchie.
En 1402, un parti de trois cents cavaliers, lorrains et allemands, pénétra dans la vallée de la Meuse et mit le feu aux villages de Sorcy et de Saint-Martin-sur-Meuse qui appartenaient au chapitre de Toul. Mais tandis que le duc de Boui^ogne tenait pour Robert de Bavière, Louis d'Orléans soutenait Venceslas. Sur l'ordre de ce
(t| Arch. Vallc, Reg. Av., Ben. Xlll, [. XXVIII, ÎÎ3.