‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 177 sur 265 · LIVRE IV. — L* AGITATION COMMUNALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — L* AGITATION COMMUNALE

dernier, le bailli de Chaumont joignit ses troupes aux milices bourgeoises, attaqua les Lorrains près de la cominanderie de Libdo, les poursuivit jusqu'à Liverdun et les jeta dans une embuscade que leur tendit la garnison de la forteresse épiscopale. Enhardis par ce succès, les ci tains entrèrent dans le Barrois et enlevèrent les maires et les troupeaux de Viéville-en-Haye et de Vilcey-sur- Trey (1), croyant qu'ils appartenaient à Edouard, fils de Robert de Bar. Us s'étaient trompés : ces villages étaient lorrains ; Henri de La Rappe, abbé de Saint-Mihiel, qui en était seigneur, les obligea à rendre les prisonniers, les troupeaux, et à lui payer des dommages intérêts.

Cependant Charles II était désireux d'établir autour de lui l'autorité de son beau-père, et surtout de se venger des Toulois qui refusaient de lui solder la pension annuelle de cent livres, objet de

tant de litiges. Avec Ferry, comte de Vaudémont, et Edouard de Bar, marquis de Pont à -Mousson, il vint mettre le siège devant Toul, en avril 1402. Les bourgeois avaient pris leurs mesures ; ils avaient mis leurs remparts en état de défense et démoli Tabbaye Saint-Léon, située si près des murs qu'elle aurait pu servir d'avant-poste aux assiégeants. L'abbé et ses chanoines avaient été priés de se retirer à Liverdun, avec la promesse formelle que, le danger passé, on leur construirait un nouveau monastère.

Charles dressa ses tentes sur le mont Saint-Michel, s'y retrancha par une forte palissade, y dressa une batterie de plusieurs pièces de canon et, de là, bombarda la ville et ses faubourgs.

Le marquis de Pont-à-Mousson prit position sur la hauteur qui domine Saint-Epvre et le comte de Vaudémont ferma le cours de la Moselle ; la ville était donc étroitement bloquée ; elle ne pou vait se ravitailler et, pour hAter la disette, les Lorrains avaient détruit les récoltes, incendié les moulins, coupé les vignes et les arbres fruitiers.

Les Toulois implorèrent le secours du duc d'Orléans et, le 14 juin,

(1) Benolt-Picart (p. 507) écrit Vieuville et Villersel sur Trin. C'est évidemment une erreur pour Viéville et Vilcey, son ancienne annexe (auj. c. de Thiaucourt, M.-et-M.).

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