‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 181 sur 265 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Henri de Ville et les débuts du XV« siècle <>»

De toutes parts, l'excès des maux avait suscité un mouvement de réforme. En 1409, les abbés prémontrés de la province ou circarie de Lorraine s'étaient réunis au monastère de Saint- Paul de Verdun, et avaient pris des mesures pour arrêter le relâchement (2).

En 1422, à l'instigation d'Hermann d'Ogéviller, abbé de Saint-

Epvre, vingt-deux abbés bénédictins s'assemblèrent à Toul pour travailler de concert à restaurer leur ordre. Ils tinrent leur première séance dans l'église cathédrale et Henri de Ville qui présidait le chapitre, au nom du souverain pontife, leur fit entendre les plus sages conseils (3).

Des troupes de Flagellants parcouraient le diocèse ; l'évoque sul, par sa fermeté, réprimer leur audace et parvint même à les disperser.

En 1423, l'archevêque de Trêves, Othon de Sigenheim, l'un des apôtres les plus zélés de la réforme, convoqua les évêques de sa province, pour un concile qui devait se tenir dans sa ville métropolitaine. Henri, alors malade, eut le regret de ne pouvoir se rendre

(i) La plupart des faits de ce chapitre sont einprunt(^s â Bcnott-Picart dont trop souvent il m'a été impossible de contrôler les aflirmations. Les documents dont 11 s'est servi et qu'il ne cite pas, ont, en grande partie, disparu.

(i) Hugo, Ànn. Ord. Prœm,, II. 518.

:Ji Calmet, III, :iil7.

390 LIVHK IV. — l'agitation COMMl NALE

à cet appel; mais il se fit représenter par son suflragant, et il souscrivit (le grand cœur aux canons que publia rassemblée. Ces six articles portaient sur les erreurs de Wiclef et de Jean Huss, sur la confession, les heures canoniales, le port de Thabit ecclésiastique, la continence des clercs et Tabus des quêtes solennelles (1).

La reconstruction des cathédrales, des églises et des monastères avait forcé les évoques, les prêtres et les moines à solliciter les aumônes ; pour exciter la générosité, ils avaient donné à ces quêtes le plus grand apparat ; des prêtres, revêtus de chapes, parcouraient les villages, exposaient à la vénération des fidèles les reliques des saints et promettaient des indulgences à ceux qui verseraient une offrande dans leur escarcelle (2). Le procédé réussissait d'ordinaire ; aussi l'abus ne tarda point à se i)roduire. Des prêtres, des chanoines même, ne dédaignèrent pas de recourir à ce moyen pour augmenter les revenus de leurs bénéfices ; ils promettaient des indulgences peu authenticjues et, pour se débarrasser de toute gêne, ils aflermaient ces quêtes à des laïques (jui, à leur place, portaient les reliques, prêchaient les indulgences, donnaient des bénédictions et recueillaient les collectes. Cet usage était alors général ; le concile de Constance le condamna ; le concile de Trêves promulgua cette sentence ; mais l'abus était trop entré dans les mœurs ; il devait encore subsister longtemps dans le diocèse de Tout.

Othon et ses sufïraganls prohibèrent aussi les jurements, les blasfdièmes, les jeux de hasard et les métiers indécents ; ils obligèrent les clercs à porter la tonsure et les vêtements longs et enfin à éloigner de leurs maisons les concubines et les femmes suspectes.

Quelque temps auparavant, cette question delà chasteté sacerdotale avait suscité une querelle assez vive entre le duc de Lorraine et la cité de Tout. Charles II prétendait que la succession des bâtards, fils de prêtres, nés dans ses Etats, lui revenait, en vertu

(1) Honlhcim, II, 367.

i2) Ainsi, les chanoines de Toul faisaient porter le chef de saint Gérard ; les Prémontrés de Rangéval (Hugo, Ànn. Ord. Prœm., II, 642) le chef do saint Mathieu, apôtre, qu'ils prétendaient posséder dans leur église.

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