CHAPITRE VII. — LES DÉBUTS DU XV« SIÈCLE
niales (1). Cette initiative fut suivie bientôt par toutes les églises du diocèse : elle devint une règle spéciale à la liturgie touloise. On retrouve encore cette invocation dans les livres de Mgr Bégon. La dévotion d'un autre chanoine imprima une vive impulsion au culte du saint Clou que conservait, disait-on, depuis saint Gérard (2), le trésor de notre Église. Thiébaut de Maizières fonda, pour le second vendredi du Temps pascal, une procession solennelle eu rhonneur de cette insigne relique (3) ; le chapitre composa, pour cette fête, un office complet (4) et Tévèque, non content de donner son approbation à cette institution, fit exécuter, pour y enchâsser le saint Clou, une monstrance en argent, rehaussée de pierreries (5). Si l'origine de cette relique reste, malgré tout, bien obscure, il est du moins certain que son culte public ne date que des dernières années de Henri de Ville (6). A ceux qui croient au rôle de saint Gérard en cette affaire, cette longue indifférence de quatre siècles et demi doit sembler un problème difficile à résoudre.
(1) Ben.-Pic, 528.
(2) Voir plus haut, p. 106, n. i.
{:J) Ben.-Pic, 527. — Guillaume {HUt. dioc. Toul, II, 205) citant les actes capitulaires, écrit que cette fôte fut définitivement acceptée par le chapitre en 1441.
(4) Cet oOlce se trouve pour la première fois, à ma connaissance, dans les livres de Hugues des ilazards (i;jÛ7 et 1512).
(5) Schedulœ, loc. cit. — Mgr Barbier de Montault, Le saint Clou^ duna Mém. Soc. Àrch. lorr.j 1886, donne la description de ce reliquaire, dont on a conservé une gravure. Voir aussi Démange, Le saint Clou, p. 70.
(6) Le missel de Henri de Ville (voir le chapitre sur la liturgie touloise) ne renferme, ni oQico, ni même mention du saint Clou.