CH. VIII. — NOUVELLE CUISE ENTRE LA VILLE ET LE CHAPITRE
chers, déguisé en diable, le saisit et le plongea deux fois dans la rivière, à la grande joie des spectateurs. Le chapitre s'émut à juste titre de cet affront ; il dénonça le fait au corps de ville, en invoquant le dernier traité, et le maître-échevin promit de satisfaire à ces réclamations « tant et tellement que Messieurs du chapitre auraient lieu d'être contents (1) ». La cause de Tévêque et celle des chanoines étaient donc alors bien distinctes.
Quoi qu'il en soit de la soumission des Toulois, Guillaume FillÂtre se déplut désormais dans cette ville où il avait trouvé tant de contradictions, et il chercha dès lors le moyen d'en sortir. 11 écrivit au pape que tant d'épreuves et d'ennuis avaient compromis sa santé et qu'il s'attendait à mourir bientôt, lui laissant entendre que le seul remède possible serait un déplacement avantageux (2). Il ne négligea point toutefois le soin de son Église. Pour faire face aux dépenses que lui avaient causées ses démêlés avec les bourgeois, il ol)tint de Pie II, en 1459, le renouvellement du subside de trois mille florins, imposé à tous les bénéficiers de son diocèse (3). Il dénonça au même pontife le relâchement des monastères, l'inconvénient grà\e de l'exemption et l'impossibilité où elle le mettait de travailler à leur amendement; et il se fit donner Tordre, le 3 avril 1459, de procéder à la visite canonique de toutes les abbayes, de tous les prieurés, exempts et non exempts, et d'y corriger les abus qu'il y découvrirait (4).
11 eut à peine le temps de commencer cette grosse entreprise. L'évoque de Tournay, Jean de Chevrot, se mourait d'une maladie de langueur et l'on se préoccupait de la succession à ce riche bénéfice (5). Le roi de France qui possédait une partie du dio-
(1) Ibid., f» 1*8.
12) Arch. Valic, Reg. ii02, f- 242.
(3) Ibid., Reg. 471, f" 60. — L'évoque estimait à dix mille tlorins du Rhin le montant des dépenses que lui avaient causées ces démêlés avec les bourgeois.
(4) Ibid., Reg, 470, f 455. — « Uorum honestatem habitusque decentiam et refigianis observantiam^ tanquain salulis et famœ suœ prodigi, damnabiliter prœtermittunt fmonachij, focariasque publiée tenere et dissolutione vivere, se negotiis secularibus miscere aliisque plurùnis laschis nexibus implicare.n
Cette bulle, de Pie II, n'était qu'une confirmation d'une autre bulle que Guillaume avait déjà obtenue de Nicolas V, le 16 Juillet 1451. {Ibid., Reg. 397, f 119). i3i Lu taxe de Tournay était do cin(( mille florins lEubel, iilH).