CHAPITRE 1. — TOPOGRAPHIE
au ix^* OU au x<? siècle, nos évèques organisèrent leur diocèse en circonscriptions archidiaconales, puis en doyennés ruraux, ils durent s'inspirer plutôt des circonstances ou des nécessités actuelles que des souvenirs lointains et ce dut être une coïnci dence fortuite quand certaines de ces subdivisions nouvelles cadrèrent avec les pagi gallo romains.
Le payus d'ailleurs n'était pas rigoureusement enfermé dans les frontières d'une tribu ; il débordait parfois sur un territoire voi sin : tels le Scarponais et le Blâmontois dont une bonne partie s'étendait dans la cité de Médiomatrices (1) ; le Bassigny et le Blaisois, à chevaPsur les diocèses de Toul et de Langres ; le Perthois, qui appartenait presque tout entier au diocèse de Ghàlons, etc.
Le grand archidiaconé correspondait approximativement .au Toulois ; les trois doyennés de Port, de Deneuvre et d'Epinal, au Chaumontois ; le doyenné de Remiremonl, au pays d'Habend ; les doyenné de Reynel, de Gondrecourt et de Ligny, à l'Ornois (2) ; les doyennés de Saintois, de Jorxey, de Poussey, de Vittel et une partie de celui de Chàtenois, au Saintois (3) ; lesdovennés de Belrain, de Bar et de Robert-Espagne, au Barrois ; le doyenné de Rivièrede Meuse, aux pays de Vaux et de Blois.
Or, les doyennés qui appartenaient à un même payus, n'étaient pas toujours du même arcbidiaconé : tels les doyennés de Saintois (Vittel) et de Poussay (Vôge) ; ceux de Reynel (Reynel) et de Gon drecourt (Ligny) ; ceux de Belrain (Ligny) et Bar (Reynel), etc. Et ces doyennés empruntaient parfois (fuelques paroisses à un autre pagus : tels, le doyenné de Belrain où l'on trouve Neuville «n JVrdunois ; celui de Robert-Espagne, avec Aulnois-en-Perthois, etc. Aucun archidiaconé (sauf nécessairement celui de Toul) n'avait tousses doyennés exactement compris dans les limites d'un pagus
(1) Voir la carte de Delisle.
(2) Ces doux doyennés correspondaient peut-être à une ancienne division de l'Ornois. Cf. p. 122, n. 1 et 4.
(3) Le pagus do Saintoia s'étendait beaucoup plus au sud que le doyenné de môme nom. Rouweseti-Xaintois^ Dombuslcen-Xaintois, du doyenné de Poussay, en faisaient parUe, comme leur nom l'indique. — Bleurville, de môme (Bulle de S. Léon IX, 1050, Calm., Il, cclxxxiv\ quoiqu'étant du doyenné de Vittel.
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OU mêiiie de deux ; et en revanche, plusieurs doyennés, celui de Préuy, entre autres, étaient formés de différentes portions de patji (Scarponais, Woêvre et pays de Carme).
Il faut donc renoncer à vouloir identifier les archidiaconés et les doyennés avec les vieilles subdivisions delà cité gallo-romaine. (]ette identification eût sans doute été possible si nos premiers évè ques avaient, dès le début de leur apostolat, organisé la hiérarchie administrative : ils eussent apparemment pris comme bases les circonscriptions existantes, et les limites des archidiaconés et des doyennés fussent restées aussi constantes que celles du diocèse luimême. Mais, après des siècles de perturbations de toutes sortes, une semblable coïncidence paraît, à priori, peu probable, et l'étude, pourtant bien sommaire, que je viens de tenter, a confirmé ces prévisions.
Mais, si les circonscriptions ecclésiastiques ne tirent pas leurs cadres des pagi, à (fuoi faut-il attribuer la délimitation de leurs territoires respectifs ? La question reste pendante et si, k l'heure actuelle, malgré les investigations de la science histori(|ue, nous ne pouvons préciser, même à cinquante ans près, la date de cette innovation ; si nous ne pouvons suivre les phases diverses parlésquelles a dû passer cette organisation avant de trouver sa forme définitive, il faut bien nous résoudre à ignorer aussi les motifs et les considérations qui présidèrent à la répartition. Dans un tel enchevêtrement de duchés, decomtés, de seigneuries et d'enclaves, il y avait tant d'intérêts à ménager !
^ IV. — Collégiales, abbayes, prieurés et autres établissements
religieux.
Au commencement du xv^ siècle, le diocèse possédait dix-huit collégiales : St-Gengoult, à Toul ; St-Euchaire, à Liverdun ; St-Laurent, à Dieulouard ; Ste-Croix, à Pont-à-Mousson ; St-Georges, à Nancy ; St-Glaude, à Haussonville ; St-Jean- Baptiste, à Vau démont; St Georges, à Deneuvre; St-Dié (1) ; Notre-Dame, à La
(1) Jo maintiens St-Dié et les abbayes vosgiennes dans le diocèse, car je mon Irerai plus lard que leurs prétentions à l'indépendance n'étalent pas fondées.