CHAPITRE II. — L'ÉVÊQL'E
tl'uoe petite pèlerine dont toute la partie supérieure est à jour ; de deux disques frangés, appliqués sur cette pèlerine ; de quatre pendants frangés, attachés en dessous ; enfin d'une agrafe en or gemmée ; le tout en drap d'or ou en soie blanche, brodé en bosse et rehaussé de pierres fines.
Cet insigne, aujourd'hui exclusivement réservé à Tévéque de Nancy et de Toul ( l), passait déjà au xv« siècle, chez les historiens et liturgistes toulois, pour un privilège propre à notre Eglise. Un seul évoque de rit grec jouissait de la même faveur : « Nullus aliiis invenitur per îotam Ecclesiam, nisi unus in Grœcia », lisons nous dans les Statuts de 1497 (2).
L'assei*tion, je ne fais à le reconnaître aucune difficulté, n'est point conforme à la réalité historique, et le chanoine Le Sane ou ses devanciers auraient pu, sans aller jusqu'en Grèce, trouver dans l'Europe occidentale des exemples plus précis. Les progrès de l'iconographie nous ont signalé un grand nombre de ces ornements, de formes assez variées, depuis le pallium jusqu'à la palatine, avec un ou deux fanons, deux ou plusieurs disques, au British Muséum, sur une miniature du x^- siècle (3) ; à la Bibliothèque nationale, sur une enluminure du xii^ siècle, représentant saint Hilaire; à Deutz et jadis à Trêves, sur des ivoires du xii^ siècle ; à Limoges, sur une bible de Saint-Martial, de la même époque ; à Poitiers, sur une vieille statue de saint Hilaire et sur plusieurs représentations d'évêques, encore du même siècle (4) : à Metz (5), sur des sceaux des x<^, xi* et xir* siècles, sur des monnaies des xiv^ et xv« siècles, sur un buste de saint Adelphe, des xv« et xvir* siècles... (6) etc.. (7). Les évéques de
(1) Induit du 16 mars 1865. (Recueil des Ordnnn. Nancy, 1866, p. 3^4).
(2) Loc. cit.
(3) Pour les détails qui suivent, voir Barbier de Montault, Saint- Adelphe ^ p. â91 et sq.
(4) Barbier de Montault, Particularités du coutume de^ évêquen de Poitiers au XII' siècle^ dans Bull, moniim., 1877.
(5) Ch. Abcl., op. cit.
(6) Barbier de Montault, Saint-Adelphe, l. c.
(7) Citons encore, d'après Mgr Barbier de Montault {op. cit.), un sceau du chapitre d'Angers ; un surhuméral du trésor de l'abbaye Saint-Hubert (Renaissance) : une statue à Saint-Zénon de Vérone (xiii' siècle) ; urt émail de Saint- Séverin de Cologne (xr siècle), etc.
Metz (1) et ceux de Liège (2) obtinrent de plusieurs souverains poQtifes, aux viii", ix', x» et xi* siècles, le port du pallivm ou du surhuméral, pour eux et pour leurs successeurs. Le pape Alexandre VII, par une bulle du 3 mars 1666 conrirma à l'évêque de Paderborn l'usage du surhuméral ou rational (3).
ux exemples les plus curieux se trouvent e: A Ratisbonne, sept tombeaux d'évéques offrent le rational, sorte de surhuméral et l'un des ralionaux, portés jadis parles prélats de cette cité, est aujourd'hui conservé dans le trésor de la cathé-
g,i 787 — Angelramn, f SIS — Drogon, n S78, par Jean Vllt. - Robert, vprsSSV.
(1| Abel, op. ctt. — Saint Chrodcgar IX' ïtl^le. — Wala, liËcorë du palMum < — Thlnrry I, x' sitcle.
il) « En 1645, Mnsselgnpurs It^s' TréFonciors décidaient d'attacher une in^crip- Uon au surhumÉral ou ration») accordé A l'évCque Albéron II (HSC-im), par Innocent II et au palllum archiépiscopal concédé par un de ses prédécc-nscurs » l'évétguc Rlchalre (9i0-9^), alin de perpétuer le souvenir de ces donalcurs. En dépit dfi ces précautions conserva tricoa. dous ne retrouvons plus trace, ni de l'un, ni de l'autre, dans notre inventaire. » (Domarteau, Trésor et gacrtstie de la Cath. de Liège, p. 19.)— « Bic (Etienne IX, qui lut autrefois du clergé do Saint- Lambert de Liège) «H/ier/iUrnera'e e( rjus uiKm Theoduinii eptscopo ti iiTiH) guiique swcessoribus minit, recordaltm mœ nutricta ecelesiœ Lendiensm. » (Porlï, Script., XXV, p. 88. Gesta epise. I.eod.]
(3) Barbier de MonUult, Revue de fArt chrélieii, 1887, p. îl.