CHAPITRE III. — LE CHAPITRE
me », écrivit-il plus tard, dans sa Diplomatique pratique, et pourtant il fut brûlé plusieurs fois. Quant à la bibliothèque, nous n*en avons pas conservé de catalogue.
L'écolàlre était encore le secrétaire particulier du chapitre et, comme tel, il avait la garde du sceau capitulaire. De ces sceaux, nous en connaissons quelques-uns que nous signale Robert, dans
Va Sigillographie de Toul (1). Ils portent, suivant Tusage, l'image de saint Etienne. A partirdu xv« siècle, apparaît aux pieds du saint, en attendant qu'il en remplace l'image. Vécu aux trois cailloux, armoiries du chapitre (2). Les sceaux ont d'ordinaire pour légende : SIGILLUM SANGTI STEPHANI TULLENSIS CAPITULI.
Enfin, récolàtre désignait le maître et les deux régents desécoles de la ville (3), les maîtres d'école de Void et de Vicherey ; au chœur, il fixait les leçons à chanter et il en marquait la fin, en disant à haute voix : « Tu autem, Domine, miserere nobis (4) ».
Au trésorier incombait la garde des ornements, des vases sacrés, des chasses et des reliques. Il rendait compte de sa gestion chaque année. Il devait fournir une partie du luminaire, et entretenir une ((lanterne» allumée, devant l'autel de Notre-Dame au piedd'argent (5). Il avait la grosse clef du trésor, quand, ajoutent naïvement les Statuts, on était absolument sûr de lui (6).
Il serait intéressant de connaître l'inventaire de la sacristie; mais nous n'avons conservé aucun des comptes rendus de cette époque. Nous sommes plus favorisés pour les reliques. Voici le
(1) P. 141 ot pi. XXI. — Lo sceau do cotto page est le n" 60 de la pi. XXU.
(2) Le choix de ces armoiries semble avoir été inspiré par la croyance où l'on était, à la cathédrale, de posséder le fragment d'une des pierres qui avaient servi à lapider saint Etienne. — Primitivement, le nombre des cailloux était indéterminé.
(3) Magister et duo primates scholarum. {Statuta^ 38.) — Il y avait à Toul au moins deux écoles, car, en l.'»07, nous voyons interdire « la bataille des coqs, chère aux étudiants des deux écoles». (Arch. de M.-et-M., G. T.i, f" 108.)
(4) Statuta, 72.
(5) Arch. de M.-et-M., G. 74, p. 173 et 174.
(6) Statuta, 73.
procès verbal de Touverture ci'une diàsse dite « de la Vierge », dressé par Jean d'Yvoy, évoque de C.hristopolis, suiïragant de Toul, et Jean de Clézentaine, grand archidiacre, le 31 mai 1466(1). Les visiteurs y trouvent un fragment d*une pierre sur laquelle est tombé du sang de Jésus-Christ; une goutte du lait, un morceau de la chemise, un fragment de la tunique et une boucle des cheveux de la Sainte Vierge ; des reliques des saints martyrs Marc et Marcellin ; de Tune des rcMes de saint Martin; des ossements et des vêtements de sainte Marguerite ; des ossements des onze mille Vierges et un morceau de la vraie Croix.
'^Heureusement pour la dévotion des fidèles, le chapitre de Toul avait des trésors plus authentiques que plusieurs de ceux qui furent découverts par Jean d'Yvoy. C*était le saint Clou (2); le chef ou des ossements de saint Mansuy, de saint Amon, de saint Gérard, le maxillaire inférieur de saint Gauzelin (3) et les restes précieux de*^ beaucoup d*évôques et de saints de notre Eglise touloise.
Le doyen et le chantre étaient élus par l'assemblée capitulaire ; récolâtre et le trésorier, par le doyen et le chapitre. Le grandarchidiacre était choisi par le chapitre de Saint-Gengoult, parmi les chanoines de la cathédrale, et les cinq autres archidiacres étaient à la collation de l'évéque.
Dignités et personnats étaient inamovibles ; les offices, au contraire, étaient conférés pour un temps plus ou moins long, ordinairement pour un an. Deux étaient à la nomination de Tévêque : c*étaient le chapelain épiscopal, sorte de secrétaire particulier du prélat, et le chancelier de l'édkhé. Les autres étaient élus par le chapitre: c'étaient lesquatre j;ra5Ô/s, chefs des prévôtés capilulaires, dont nous parlerons plus loin ; Vépaulier ou spalarim(^), autrefois économe du chapitre, mais alors chargé de certaines distributions, surtout du soin des chanoines malades ou infirmes et de l'assistance des pauvres ; le inaHre de la fabrique, ou inten-
[\) Lem., I, 94.
[t] Slatuta, 31. — Voir plus haut, p. 106 et 399.
(3) Lom., I, 93.
(4) D'après Du Can^^e, \o terme semble particulier au chapitre de Toul, car il ne cite (juc cet exemple.