‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 225 sur 265 · CHAPITRE llï. — LE CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE llï. — LE CHAPITRE

Ton disait alors. C'étaient le grénetier, le receveur, le distributeur (i), le cellérier, le fjelinier, les bedeaux, le messager, les sonneurs, etc. (2). Nous verrons plus loin les attributions de ces différents services.

§ II. — Offices canoniaux et assemblées capitulairee.

Le chant de Toffice divin et le souci des intérêts spirituels et ma tériels de la corporation sont les deux principaux devoirs de tout chanoine : aussi, les deux centres de la vie d'un chapitre sont-ils le chœur et la salle capitulaire.

Le chœur, à la cathédrale de Toul, se trouvait devant le maîtreautel, dans la croisée du transept ; il était séparé de la nef par un jubé, du transept par une balustrade, et il comptait un double rang de stalles. Dans les stalles supérieures, se plaçaient, par ordre de dignité et d'ancienneté, à partir de la porte du jubé : à droite, révéque, le grand-archidiacre, les archidiacres de Port et de Vôge, le chantre, le trésorier et une partie des chanoines ; à gauche, le doyen, les archidiacres de Vittel, de Reynel et de Ligny, Técolâtre et l'autre partie des chanoines. Les stalles inférieures étaient occupées par le sous-chantre, le maître de la Maison-Dieu, les vicaires et les chapelains ; les clercs et les enfants de chœur s'asseyaient devant eux sur des miséricordes (3).

Au chœur, en été, les chanoines portaient sur la soutane, fermée au moins par derrière, le surplis et l'aumussc de vair ou de petitgris ; en hiver, le surplis et une longue chape noire à queue (4). Nos Vénérables étaient très fiers de leur aumusse h la précieuse fourrure : les chanoines de Saint Gengoult ayant arboré le même insigne, dans une cérémonie à la cathédrale ou dans une procession, furent priés de ne plus prendre l'aumusse en dehors de leur

(1) Ces trois officiers étaiont souvent dos ecclésiastiques.

ii) Souvent les minnitêriaux cumulaient plusieurs services. Le messager était en môme temps bedeau ; nous voyons un fournier exercer les fonctions de {?rénclier. (Arcli. de M.el-M.,<i. î)l, f'" .'iO, 07, etc.)

(3) Statuta, 9 et sq.

(4) Ibid. — Vers 1660, ils prirent le chaperon ouvert, do m^me forme que l'aumussc (Arch. de M.-et-M., G. 88, f 60).

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église (1). Bien plus, le cbapltre, quand il se rendait à la collégiale pour la fête patronale, prétendait avoir seul le droit d'y porter Tauniusse et ce ne fut qu'après bien des contestations, bien des réclamations, que, le 21 avril 15i0, les chanoines de Saint-Etienne consenlirenl enfin à laisser à leurs collègues cette marque honorifique.

Mais chaque chanoine de Saint-Ciengoult dut venir demander ce

privilège au chapitre et jurer sur les saints Evangiles de respecter les traités c(uiclus entre les deux corporations. En retour de cette faveur, le chapitre de la collégiale promit de se rendre chaque année à la procession du saint Clou, chose qu'il n'avait jamais consenti à faire jusque-là (2).

Les vicaires, les chapelains et les sous-diacres avaient à peu près le même costume que les chanoines; mais leur chape était moins longue et leur aumusse d'une fourrure moins rare, rousse ou brune, comme celle de l'écureuil commun ; les prêtres et les diacres avaient le droit de porter le rochel et la barrette ; les clercs ne révélaient que le surplis.

Les ma/i/tes se chantaient autrefois au milieu de la nuit; mais quand les Frères Prêcheurs et les Cordeliers se furent établis à Toul, dans le cours du xiii* siècle, les différentes communautés de la ville organisèrent une sorte de Laus perennis. On laissa aux nouveaux venus l'heure de minuit; les deux abbaves suburbaines Saint-Epvre et Sainl-Mansuy adoptèrent deux heures du matin; l'abbaye Saint-Léon et la commanderie du Saint-Esprit, trois heures; la collégiale Saint-Gengouit et la cathédrale sonnèrent leur office à quatre heures. Toutefois, à certains jours, les matines étaient avancées ou reculées: aux annuels-majeurs, on sonnait à trois heures du matin ; à Pâques, à deux heures ; à la vigile de Noël, à neuf heures du soir, et enfin, aux fériés, à cinq heures du matin (3).

L'ofîice ne commençait i)as au premier coup de cloche : pour éviter un trop brusque réveil, pour donner à tous le temps de se

(1) Arch. de M.-el-M., G. 74, f" 23. ("2} Ibid.j G. 75, passim.

(3) Stalnta^ i et sq.

la*

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