‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 226 sur 265 · CHAPITRE irr^ - LE CÎIAPITHE i · texte numérisé non relu

CHAPITRE irr^ - LE CÎIAPITHE i

reconnaître et de vaquer aux soins de leur toilette, on sonnait une heure à Tavance, puis à cinq reprises différentes. Les cloches de Saint-Gengoult ne devaient jamais devancer celles de la cathédrale, sauf au jour de leur patron, et les chanoines de la collégiale ache talent cette faveur en offrant une mesure de vin à leurs confrères de Saint-Etienne.

Après la troisième leçon de matines, on célébrait une première messe basse, dite messe matinale^ pendant laquelle on continuait roflfice. Après quoi, chacun se retirait et vaquait à ses affaires.

On revenait au chœur, pour la messe de Beata que chantait le vicaire de semaine, tantôt à Tautel de la Blanche M èrede Dieu, au fond du sanctuaire, tantôt au maltre-autel, selon le degré des fêtes et à l'heure que le sous chantre indiquait. La messe de la Sainte- Vierge était suivie de prime, de tierce, de la messe capitulaire solennelle et de sexte.

En carême, on continuait Toffice jusqu'aux vêpres inclusivement. Le reste de Tannée, le chant de none, de vêpres et de compiles commençait à deux heures de l'après-midi.

Les chanoines, sans laisser

« A (les chantres ^ugés le soin tU* louer Dieu »

chant^iient ou psalmodiaient eux-mêmes et la règle, pleine de sollicitude, leur recommande de ne pas procéder par à coups, non syncopatim, de ne pas se devancer, de ne pas se suivre les uns les autres, mais de ne former pour ainsi dire qu'une seule voix (1). Il y avait sans doute parfois de ces originaux, comme Jacques Boileau, chanoine de la Sainte-Chapelle, qui chantaient (( des deux côtés et toujours hors de ton et de mesure ». Je doute que des conseils aussi sages les aient pleinement persuadés.

Le second centre de la vie canoniale était la salle capitulaire. Elle se trouva d'abord dans le cloître ; mais, lors de la reconstruction de l'église, elle fut rebâtie contre le transept- nord, auprès de la sacristie, sur un terrain cédé par Tévêque (2).

(1) Statuta, 10.

(2) Ibid.^ 32. — La salle capitulaire sert aujourd'hui de sacristie.

Le chapitre avait sa réunion ordinaire, le vendredi, après le chant de prime; à la séance du Vendredi-Saint, les chanoines se demandaient mutuellement pardon : celte cérémonie, si conforme à Tesprit chrétien, devait être particulièrement touchante. On tenait aussi des assemblées extraordinaires quand il en était besoin, mais autant que possible, avant midi: les esprits, remarquent naïvement les Stahits, sont alors plus calmes et plus dispos (1).

Deux sessions plus solennelles avaient lieu chaque année, le lendemain de la Saint-Luc et le mercredi des Gendres ; elles duraient deux ou trois jours. Au chapitre des Cendres, on inspectait les mœurs des officiers et des sujets capitulaires ; on lisait le rôle du pain des obits, celui des poissons, des pèches canoniales; on continuait les prévôts dans leurs fonctions; on renouvelait la table des bénéfices, etc. A la St-Luc, on lisait le rôle des gros fruits {2) ; on commettait des commissaires pour inspecter la Maison-Dieu; on fixait le prix du pain du cloître, etc., etc.

Tous les chanoines non dispensés devaient assister aux réunions capitulaires et ils recevaient, pour leur présence, six deniers toulois (3).

L'assemblée, annoncée par un trait de cloche ou parfois par un messager, à domicile, ostiatim, était présidée par le doyen. Mais, plus tard, par suite de l'absence prolongée de Tunde ces dignitaires, Tusage prévalut de désigner, chaque année, un président et u p. vice-président (4). Les dignitaires et les chanoines se plaçaient comme au chœur, suivant leur rang et leur ancienneté ; à une table spéciale, était assis le secrétaire, seul profane admis à la réunion, et à la porte, le bedeau faisait faction avec sa masse, pour empêcher les curieux d'approcher et de prêter une oreille indiscrète.

Là se traitaient toutes les matières, spirituelles et temporelles,

(i) Statuta,'S2.

(2) Voir plus loin, p. 526.

(M) Ils étaient généralement une trentaine, du ofioins aux grandes sessions des Cendres et de la Saint-Luc ; on peut s'en convaincre en parcourant les listes des présences que donnent, pour ces sessions, les registres des délibérations capitulaires. (Arch. de M.-et-M., G. 75 et sq.)

(4) Arch. de M.-et-M., G. 75 et sq, passim.

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