CHAPITRE IV. — ADMINISTRATION
En retour, le curé était non seulement obligé de résider au milieu de ses ouailles et de remplir, avec zèle et édification, les différentes fonctions du ministère pastoral ; il devait fournir aussi, conjointement avec tous ceux qui jouissaient de la dime, à Tentretien et aux réparations de l'église et du presbytère. Je ne sais si le règlement qui prévalut dans le diocèse,* était déjà porté et si le curé avait dès lors à sa charge le pavé et la voûte du chœur ; les décimateurs, la toiture et les murailles ; les habitants, la tour, les cloches, les vitraux et le pavé de la nef. Duj'este, pendant la période qui nous occupe, beaucoup d'églises furent rebâties par la générosité des seigneurs ou par la piété des fidèles et, d'après les nombreux édifices qui subsistent encore, nous pouvons présumer que ce mouvement de reconstruction atteignit son apogée vers la fin du xv«^ siècle. L'art roman, en effet, n'est plus représenté chez nous que par des tours, des pans de murs et un petit nombre d'églises ; Tart ogival de la première et de la seconde époque est encore peut-être moins bien partagé, tandis que se dressent nombreux, dans nos villes et dans nos campagnes, les nefs et surtout les chœurs, aux piliers massifs, aux larges fenêtres et aux flamboyantes ogives.
A ces églises', la dévotion privée annexait souvent des chapelles, dédiées à la Sainte Vierge ou à un saint, adossées à l'édifice ou construites au milieu des champs. Ces chapelles ne pouvaient être érigées sans la permission de l'évoque; elles avaient leur dotation, composée de terres, de cens sur des maisons ou sur des gaguages ou bien encore de portions des dîmes de la paroisse ou des paroisses voisines (i). Elles constituaient ainsi un bénéfice simple, appelé chapellenie : le fondateur, ses héritiers ou ses légataires en avaient la collation et, pour en être pourvu, il suffisait d'être tonsuré et d'avoir atteint sa septième année. En retour de son bénéfice, le
(1) Ainsi la Haute-Chapelle, h Pulligny, construito au xv siècle par Jean IIÏ do, Pullij<ny et Marguerite, sa p<Ulte-(HIe, avait, comme revenus, 3 4 dans 1/3 des grosses et menues dîmes de Pulligny, 3 4 dans deux tiers des grosses et menues dîmes de Pierreville, 1/3 des grosses et menues dîmes d'Acraignes (Frolois), dix francs barrois de cens sur une maison à Pulligny, des vignes, des terres et un pré (E. Martin, Pulligny ^ 65).
chapelain, sans être tenu à la résidence, était obligé d'entretenir rédicule, sou autel et son mobilier, d'acquitter ou de faire acquit ter les charges qui se trouvaient énoncées dans Tacte de fondation et qui consistaient surtout en messes ou en aumônes. Il était sous la surveillance du curé et du doyen et, en cas de négligence grave, il était justiciable de rofïicialité.