‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 238 sur 265 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Tentative d'union de Toul à la Lorraine ^^K Olry de Blâmont et Jean Maradès (1498-1806)

Il était de Tintérêt de René II d'assurer la succession d'Antoine de Neufclîâtel à un prêtre qui lui fût dévoué et qui préparât la réunion, tant désirée par lui, de la ville et de l'évéché de Toul aux duchés de Lorraine et de Bar. Depuis longtemps, il y songeait et il n'attendit point la raort du prélat pour faire son choix et solliciter les suffrages.

Son grand oncle, Olry, fils de Thiébaut, comte de Blâmont, et de Marguerite de Ix)rraine-Vaudémont (2), était chanoine de Toul, de Verdun, de Metz, de Strasbourg (3). Désireux de l'épiscopat, il avait tenté de se faire élire à Verdun, en 4456, après Louis de Haraucourt (4) ; puis à Metz, en 1460, à la mort de Conrad Bayer de Boppart (o),et, en 1484, au décès de Georges de Baden, son compétiteur. Il restait concurrent malheureux et ce dernier échec, il le

(1) Sources : Bonolt-Picart, dont la documenlaUon devient plus sûre. — F. Duvemoy, Politique des ducs de Lorraine envisagée dans leurs rapports avec la France et l'Autriche^ de /477 à 4545, dans Mèm. Ac. Stan.^ 1891.

(2) Sur la famille de Blâmont, voir L. de Martimprey, Les Sires et les comtes de Blâmont, dans Mém, Soc. Arch, lorr,, 1890 et 1891.

(3) Ben.-Pic, S90.

(4) Roussel, I, 371.

(5) Meurisso, Bist. des évêq, de Metz, p. 594. — Olry renonça difficilement aux prétendus droits que lui avaient conférés les sufTrages d'une partie du chapitre : en 14fô, il signe encore évêque-élu de Metz (Arch. de M.-et-M., Trésor des chartes, Mandres, 102).

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devait à René II qui lui avait fait préférer un membre de la famille de Lorraine, Henri de Vaudémont.

Il avait bien reçu en compensation le titre de protonotaire apos tolique, Tabbaye de Saint-Mansuy (1) et la trésorerie de Toul ; il jouissait aussi de l'estime de Louis XI qui l'avait invité à le venir voir à Tours, en septembre 1470, l'avait nommé conseiller de son Grand-Conseil et lui avait accordé, avec une pension de mille livres tournois, le privilège d'ajouter une fleur de lis à son écu (2). Toutes ces faveurs ne satisfaisaient point ses secrètes aspirations.

Il allait atteindre soixante-dix ans ; mais son grand âge lui atti rait plus que du respect. Ses deux neveux, Louis et Claude étaient valétudinaires ; Claude, fils de Louis, dernier descendant de la famille de Blâmont, n'avait point de santé. Olry, robuste vieillard, paraissait devoir leur survivre et recueillir leur héritage. Que deviendrait après lui le puissant comté? René se le demandait. Pour se ménager les bonnes grâces de l'abbé commendataire de Saint-Mansuy et installer sur le siège de Toul un homme sur lequel il pût compter, il résolut de présenter et de soutenir la candidature d'Olry de Blûmont, et celui-ci, par un traité secret, lui promit de lui abandonner, en cas de réussite, les terres de sa maison (3).

Neufchâtel n'était pas plus tôt parti pour Paris que le prince fit savoir aux chanoines qu'il aurait pour agréable le choix de son grand oncle ; il fit travailler les électeurs et s'assura la majorité. Le succès de sa combinaison semblait donc certain ; mais Alexandre VI écrivit au chapitre qu'il réservait l'évêché de Toul pour son camérier d'honneur, Jean Maradès (4), abbé de Notre- Dame de Coracio (S).

(J) Arch. Vatic , S. T., 27, p. 15. — Gallia, XIII, 1093.

(2) Arch. do M.-ct-M. Trésor rfpx Chartres, BlAmonl, II, 98; 97; 99; 96. — Martimprey, Mém. Sor. Arch, lorr., 1891, 88 et sq.

(3) Benolt-Picart, Réplique aux deux lettres (de Hugo), 1713, Letl. I, 67.

(4) Je préfère cette forme, Maradès que ron retrouve dans les bulles et dans les diplômes et qui est plus conforme au génie de la langue espagnole, à celle de Jean de Marades qui fut adoptée par Benolt-Picart, Dom Calmet et autres.

(5) Ohlig,, 1495, f. 106. ~ N.-D. de Coracio^ abbaye cistercienne du diocèse de Martorano (Italie méridionale).

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