‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 240 sur 265 · CH. I. — TENTATIVK D*UNION DE TOUL A LA LORRAINE · texte numérisé non relu

CH. I. — TENTATIVK D*UNION DE TOUL A LA LORRAINE

de septembre de la môme année, Jacquemin et ses compagnons se mirent en chantier (1). Il démolirent la tour, élevée par révoque Pi bon, avancèrent la nef de trois travées, posèrent les bases des tours et du portail et achevèrent leur travail en moins de quarante ans. Hogier n'eut pas la consolation de contempler son œuvre : il mourut dès 1486, et le chanoine Aubry Briel, archidiacre de Vôge et vicaire général, qui avait apporté à cette aSaire un zèle infatigable et une inépuisable générosité, le suivit de près dans la tombe, en décembre 1489 (2).

Les seigneurs et les rois aidèrent à cette construction par de généreuses offrandes. Le pape Sixte IV donna cent florins d'or du Rhin, aux deux chanoines qui vinrent, en 1477, quêter jusqu'en Italie (3). René II envoya des sommes considérables; mais il voulut que son image et ses armes fussent sculptées sur le portail (4) et Louis XI fit parvenir quinze cents livres, par l'entremise de l'évoque de Meaux, son grand aumônier (5).

Dévoué aux intérêts lorrains, Nicolas Le Sane amena 01 ry à si-

rolief sur la tour méridionale de la cathédralo, au pied et sur le côté. [Bibl, lorr.) Je no sais d'où lui est venu le nom de Commercy que Ton trouve dans une citation, faite par Dom Calmot, d'un ancien manuscrit du chapilrt^ do Toul ; il est vrai que la citation ou lo texte original paraissent assez fantaisistes ; on y trouve le texte cité plus haut, mais arrangé ot (|uolque peu modifié.

Dumont (Histoire de Commercy^ 111, 388) fait naître Jacquemin Hogier à Commercy, en 1371.

(i) Arcb. de M.-et-M., G. 74, f- iii.

(2) Voici son épitaphe, retrouvée par M.Fourier de Bacourt (Epitaphes^ 1, 1) : elle modifie un peu ce qu'a dit Guillaume, à la page 8 de sa Cathédrale de Toul :

« Si; giét noble et »enabfe paonne SBe^éire Stubrt SSriet . « iabiô cfjanoiue be ceôt egle et arcf)iblacre be SJo^cjc )?i « caire générât be VmMjié be îout qui touô led jourô « I)eut granb jète à fébifice beé tourô et portaulr be ce

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3» Guillaume, .Xotea .sur la cath. de Toul, dans le Jouru. Soc. Arch. lorr., 18C2, p. 250. — Los dépenses du voyage et la gratification de vingt-quatre florins accordée aux quêteurs, réduisirent l'auméno à quatorze florins.

(4) Arch. de M.-et-M., B. 3, f 4i) ; B. 1)87 ot UÎX). — Bibl. nat., Coll. lorr., 400, f 18.

(.S) Thierry, Hisl. de Toul, H, KJ.

gner, le 20 mai 1498, un traité tout favorable au duc. Dans le cas où le prince ferait la guerre aux Messins, le prélat lui fournirait cinq cents hommes et lui prêterait quatre mille florins d*or. Il promettait aussi (le ne point s'opposer à ce que René obtînt de l'empereur, à perpétuité, pour lui et pour ses descendants, la souveraineté de sa ville épiscopale.

Ce dernier point visait l'un des désirs les plus ardents du roi de Sicile. Mais les bourgeois s'opposèrent-ils à cette annexion éventuelle, ou Maximilien, venu à Toul en septembre, refusa-t- il de se prêter à ces projets ambitieux ? nous ne le savons; une chose est certaine : c'est que cette dernière clause n'eût pas de suites. Ce fut un malheur pour la nationalité lorraine et pour l'unité du diocèse: entré en la possession de nos ducs, Toul n'eût point passé plus tard aussi facilement entre les mains de Henri II. Metz et Verdun, à son exemple, seraient peut-être devenus lorrains et les Trois-Évêchés n'eussent point servi d'étape à l'annexion définitive de notre pays au royaume de France.

René eut à se féliciter davantage de la fidélité de son oncle à ses promesses. Voyant son dernier neveu, Louis, dangereusement ma lade, le prélat céda, par avance, au duc de Lorraine, le 3 octobre 1499, le comté et les seigneuries dont il était sur le point d'hériter (1) ; il ne s'en réserva que l'usufruit. Louis de Blàmont semble avoir confirmé, de son lit de mort, ce dépouillement anticipé: l'évêque de Metz, Henri de Vaudémont, suzerain du comté, donna son consentement et l'empereur ratifia le tout. En témoignage de sa reconnaissance, le prince abandonna au prélat, à titre viager, la prévôté d'Azerailles (2) et, au décès de Louis, en mars 1504, la cession du comté devint définitive. Seule, la terre de Fougerolles fut distraite, en faveur de Louis de La Haye, cousin des Blàmont, qui avait élevé quelques réclamations. La couronne de Lorraine devait ainsi l'un de ses beaux fleurons à la gratitude de l'évêque septuagénaire.

{{) Calmct, V, 607. — Une copie de cette donaUon se trouve dans le Recueil de Roger de Gaignières (Bibl. nal., Fonds latin, ms. 17,029, !• 35). (2) Calmet, VI, cccxvii. — Àserailles, c. de Baccarat, M.-el-M.

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