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CHAPITRE II. — HUGUES DES HAZARDS

aqueducs, enviant en un mot le titre de père et faisant bénir son nom, de ses diocésains et de ses sujets.

A son exemple et sous son patronage, Simon Moycet, curé de Saint-Nicolas-de-Port, entreprit la construction d'une somptueuse basilique, digne du Patron de la Lorraine et capable de contenir les foules qui se pressaient autour de son autel (1) ; c'est également au style flamboyant que les Bénédictins de Varangéville, lés paroissiens de Vézelise (2), les chanoines de Saint-Gengoult empruntèrent les plans harmonieux et les gracieux motifs de leurs églises ou de leurs cloîtres. Ces monuments remarquables ferment noblement dans nos pays le long et fécond règne de Togive.

Deux prêtres du diocèse, Pierre Jacobi, à Saint-Nicolas-de- Port (3), et Martin Mourot, à Longeville-devant-Bar (4), installé rent les premières presses de la région. Jacobi donna, en 1503, à la prière de duc René, les ^orc SBgiui^ SSSarie ab uéum tulIenéicJ ccclcêic (5), et Mourot édita, en 1527, sur Tordre de l'évéque Hector d'Ailly, le SBiat be @alut, de Guillaume Parvi ou Petit (6).

Encore que Mourot ait imprimé, dès 1501, un Missel de Toul, peut-être le plus ancien incunable lorrain, ses ateliers n'étaient sans doute pas assez considérables pour qu'on pût leur confier le monopole des ouvrages liturgiques (7). Hugues des Hazards, en eflet, s'adressa pour cette importante com-

(1) Sur ce magnifique monument, voir Balthazard, Notice.,, sur l'égliae de S» Nicolas-du-Port. Paris, Leieux, 1H47. — Digot, Notice aur Végline de S^ Nicolas-de-Port. Nancy, Vagner, 1848. — Badel, Végtise de S^-Nicolas en Lorraine. Nancy, Crépin-Leblond, 1892.

(2) Bretagne, L'église de Vézelise, &dns Mém. Soc. Arch. Lorr., 1879.

(3) Beiiupn'*, Bech.j 35 et sq.

(4) Beaupn'î, ibîd.^ 92 et aq. — Danreuttier, Martin Mourot^ imprimeur à LongeriHe-devant-Bar-le-Duc. 1899, 4 p. in-8'.

(5) Ibid.^ 3G. — Le seul exemplaire connu de ce rarissime ouvrage se trouve à la hibliothëquo de Nancy.

(6) Beaupré, ihid., 92. — Martin Mourot imprima aussi les Statuta Ordini.^ Pra'îuon.straten.Kis, dont il n'existe (fu'un exemplaire connu {Archives du Bibliophile, Janvier 1898, p. 58-59, n» 78,4:»), lequel a été acheté 600 francs par M. Langlard, le regretté bibliophile lorrain.

(71 Le seul exemplaire connu est conservé à la bibliothèque de Saint-Mihiel, I). 18. — Cf. CIcsse, Quel est le premier livre imprimé en Lorraine ?, dans Mém. Ac. Stan., 1859, II, p. 20.

mande à des éditeurs parisiens (1). En 1507, parut, chez Wolfgang Hopylius, le SJîiêêalc ab conêuctubinem inêigniô tcckéit tuKen^iô (2), avec une longue exhortation où le typographe vantait les vertus du prélat, son client, et les perfectionnements de son travail (3) ; le SSrctîiarium tullcuôc sortit, en 1512, des presses de Simon Vostre (4), et certaines hymnes ou certaines proses nouvelles que renferment ces deux livres, en Thonneur de saint Amon, de saint Euchaire, furent sans doute composées sous la haute direction de l'évoque (5). Le même éditeur Simon Vostre, en 1513 et en 1515, la veuve Regnault, en 1516, publièrent des ;!^cureê à fuêaigc be îoul, toutcé au long êané rien requérir (6). Hugues donna aussi à son clergé une nouvelle édition du rituel : SWanuale éeu officiarium t^acerbotum (7) ; mais rœuvre la plus utile de son épiscopat fut sans contredit Tapparition des Statuts synodaux.

La situation de TEglise de Toul n'était pas alors très brillante. Les longues vacances du siège épiscopa), les compétitions interminables, les réserves et les expectatives, le schisme qui désola le diocèse durant les premières années d*Antoine de Neufchàtel, rinertie d'Olry de Blàmont et bien d'autres causes avaient donné

(1) Voir Beaupré, yotice bibliographique aur lea livrea de liturgie des diocèses de Toul et de Verdun^ imprimés au XV' siècle. Nancy, Ray bois 1843, et V Appendice sur la liturgie touloise, à la fin du Tome II.

(2) Ce missel, comme on l'a cru jusqu'ici, n'est donc, ni le premier, ni môme le second qui ait été édité pour l'Église de Toul. M. H. Monce^iux, conservateur du Musée d'Auxerre, dans une Étude sur les Le Rouge du Chablis f Bull. Soc. scient, de l'Yonne;, a signalé, en 1895, un Missel de Toul, imprimé et illustré par Pierre Le Rouge, en 1492, et faisant partie do la collection de M. P. Durieu, conservateur-adjoint du Musée du Louvre. — En voir la description par L. Germain, dans le Journal Soc. Arch. lorr., 18%, p. 4.

(3) L'épltre de Wolfgang est donnée par (îuillaume, dans son Histoire du diocè.se, 11,356.

(4) Beaupré {Notice, 19) attribue \e Brevinriuni lullense à Radulphus Sutor et le fait remonter à 1512 : l'exemplaire conservé au Séminaire de Nancy et sorti, en 1512, des presses de Simon Vostre, semble lui donner tort. Peut-être y a-t-U eu deux éditions presque simultanées ?

(5) Voir l'Appendice sur la liturgie touloise.

(6) Beaupré, A'oiîce, 21 et sq.

(7) Ibid., 35. — La Bibliothèque de Nancy possède un exemplaire de la première édition, imprimé vers 1404. — Cf. Le Mercier de Morière et Favier, l'n livre liturgique du XY" siècle, ayant appartenu au château de Gombervaujr^ dans Joum. Soc. Arch, lorr., 1884, p. 101.

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