CHAPITRE 11. — HUGUES DES HAZARDS
naissance à de nombreux abus. Uévôque, dans son zèle de pasteur, entreprit d*y porter remède. S'aidant des ordonnances de ses prédécesseurs, Amédée de Genève, Antoine de Neufchâtel et surtout Bertrand de la Tour d'Auvergne, il donna une nouvelle édition des statuts diocésains dont la rédaction claire, la doctrine sûre, les conseils pratiques, les règles fort sages, les sanctions équitables font le plus grand honneur à la prudence, à la science, à la modération, à Ténergie d'un prélat qui avait pour devise : « Moderata durant » (1).
Hugues suit le plan de Bertrand de la Tour d'Auvergne; mais, en lettré qu'il se piquait d'être, il a le plus grand souci des transitions et il se met parfois l'esprit à la torture pour justifier la suite des chapitres. Si, par exemple, après le titre De pollutione ecclesiarum, vient celui De usurariis, c'est parce que les usuriers souillent l'Église de Dieu.
Pour enlever toute excuse à l'ignorance ou à la paresse, il traduit chaque article « en son roumant », c*est-à dire en langue vulgaire : il craignait en effet « que quelque nombre se trouve entre les gens d'Eglise de la cité et dyocèse qui sont tantost ennuyez de lire escripture que soit en latin (2) ». Dans le souci qu'il a du bien des fidèles et du profit de ses prêtres, il glisse adroitement, à propos des différents sacrements ou du prône dominical, un abrégé fort substantiel du catéchisme et des conseils très pratiques sur l'administration et la conduite des âmes. Avec le Manuale sacerdotum, ce livre des statuts synodaux était donc vraiment le Vade mecum du prêtre toulois.
L'ouvrage compte trente-six chapitres d'inégale importance : 1. Du synode diocésain, lequel doit se tenir deux fois par an, après la Pentecôte et après la Saint-Luc. Y sont invités les abbés, prévôts, doyens ruraux, et ces derniers, de retour dans leur doyenné, doivent convoquer les curés, vicaires et chapelains de leur cir-
(i) « Statuta ôvnobalia, olim per epiéccpoé tuHenôeé cWta, per JR. 5p. ^ugonem bc ^ajarbiô, iiinotjata, reformata et aucta. simon vosire,
1315. — En voir la description dans Beaupré, Sotice^ 31. (1) Siatuta.ï).
conscription pour leur communiquer les décisions de rassemblée.
— IL Du Baptême, — III. De la Confirmation^ — IV. De la Confession et de la Pénitence. Chacun, au temps de Pâques, doit se confesser à son curé, et la liste de ceux qui se sont soustraits à ce devoir doit être remise par le curé au doyen, qui la transmet à Tofficialité.
— Mais voici un article qui nous semble aujourd'hui curieux et nous fait songer à Bavard : personne ne peut entendre la confession sacramentelle, s'il n'est prêtre ; toutefois, en cas de nécessité, on peut accuser ses fautes à un laïque, quoique Tabsolution ne puisse être donnée que par un prêtre. Les grands théologiens du xuF siècle avaient considéré cette confession à un laïque, en cas de nécessité, comme obligatoire et sacramentelle. Depuis, l'opinion contraire avait prévalu ; mais les moralistes et les directeurs la conseillaient encore, comme un utile moyen de manifester sa bonne volonté et d'exciter la contrition de ses fautes (1). — V. De l'Eucharistie. — VI. De la célébration de Voffice divin. — VIL De VExtrême- Onction. — VIII. De VOrdre. — IX. Du Mariage. — X- Des secondes noces. — XL Des médecins du corps. Ne peut exercer la médecine, ni la chirurgie dans le diocèse que celui qui a subi avec succès l'examen de l'official. On voit, par ce statut, que l'évêque ne veillait pas simplement à l'intérêt des âmes ; mais qu'il tâchait d'arracher les malades des mains de charlatans plus redoutables que les maux eux-mêmes. — XII. Du prône. — XIII. De la vie des clercs. XIV. — Des doyens ruraux. — XV. Des clercs étrangers. — XVI. Des bénéficiers qui ne gardent pas la résidence. — XVII. De l'obligation de ne pas aliéner les biens d'Eglise. — XVIII. De la construction, de la réparation des églises et de la clôture des cimetières. — XIX. Des fidèles qui changent de paroisse. — XX. De la simonie. — XXI. Des réguliers. — XXII. Des vœux. — XXIII. De l'immunité et de la liberté de l'Église. — XXIV. De Vinterdit et de la cessation des divins offices. — XXV. De la molation des églises. — XXVI. Des usuriers et des sorciers. Ils sont excommuniés, avec leurs aides et leurs protecteurs ; mais il n'est point encore parlé de torture et de
(1) Vacant, Dictionnaire de Théologie catholique^ I, col. 186-188,