CHAPITRE lî. — HUGUES DES HAZAUDS
bûchers. 11 est vrai que le crime de magie ressortissait des tribunaux séculiers. — XXVII. De la dime et des ablations. — XXVlll. Des faussaires. — XXIX. Des testaments et de leur exécution. — XXX. Des sépultures. — XXXI. Des intestats. — XXXll. De Vétouffement des enfants : Tarticle défend à toute grande personne de tenir avec elle, dans son lit, un enfant âgé de moins de deux ans, et cela sous peine d'excommunication ipso facto réservée à révêque. Qu'on aille encore nier la sollicitude maternelle de rÉglise? — XXXIU. De rexécution des mandements et monitoires de Vétèque et de Vofj^cialité. — XXXI V. De l'excommunication. —
XXXV. De ceu.T qui peuvent communiquer avec les excommuniés. —
XXXVI. De l'obligation pour tout prêtre de posséder un exemplaire des Statuts et d'en relire souvent les articles : il devait montrer son exemplaire au doyen, à chaque synode décanal.
Ce livre éminemment pratique se termine par trois formulaires pour annoncer le Carême ou l'approche des Pâques, le dimanche de la Quinquagésime, le premier dimanche de Carême et le jour des Rameaux, et par deux tables des chapitres et des matières. Il comprend cent huit feuillets et sort lui aussi des presses d3 Simon Vostre.
En publiant ces statuts, Hugues des Uazards devançait donc le mouvement qui devait plus tard entraîner tout l'univers catholique vers une complète rénovation ; mais le mal était trop grand, trop invétéré, trop général, pour que cette initiative isolée pût réussir : il fallait que le vent de la révolte et de la persécution s'élevât sur l'Eglise, ébranlât les colonnes du sanctuaire et réveillât partout pontifes et prêtres, princes et fidèles de leur profond assoupissement.
Hugues ne fut pas témoin de ces épreuves : il s'endormit pieusement dans le Seigneur, le 14 octobre 1517, quinze jours avant le premier manifeste de Luther (1). Vaillamment, il avait accompli la seconde fonction que l'inscription de son tombeau assigne à l'homme sur la terre: il avait travaillé, servi fidèlement Dieu et son Eglise ; il avait passé en faisant le bien.
(1) Schedulœ, dans Calmet, I, ccxxxviii. — Arch. de M.-et-M., G. 75, £*20.
Placé par la Providence eotre deux nations qui jetaient un œil d*envie sur sa ville épiscopale et sur le temporel de son évêché, aux confins des temps modernes, à ce moment si complexe où la Chrétienté se prenait de dégoût pour les choses du moyen-àge, se retournait vers les Grecs et les Romains et se sentait travaillée par le besoin d'une réforme artistique, spirituelle et morale, Hugues des Hazards sut comprendre son époque, se montrer humaniste sans abdiquer les vertus de levèque, demeurer Tami des ducs de Lorraine sans inquiéter la cour de France et sans s'abaisser à d'humiliantes compromissions. Le xvr siècle avait débuté à Toul, par un pontificat plein d'espérances.
Pourtant notre prélat ne sut point échapper à deux grands abus de ces temps ; 11 réunit en ses mains plusieurs bénéfices, l'abbaye de Saint-Mansuy, entre autres (1), le décanat du chapitre de Metz (2), la prévôté de Saint-Georges (3) et il peupla son chapitre de membres de sa famille. Parmi les chanoines de Toul, nous trouvons Olry des Hazards, son frère ; Claude des Hazards, archidiacre de Vôge; Martin des Hazards; Hugues des Hazards, curé de Blénod et prévôt de Saint-Georges (4). Le mal toutefois n'était pas très grand, si ses parents lui ressemblaient.
Son corps fut inhumé à Blénod, dans le caveau qu'il s'était ménagé ; mais son cœur fut déposé dans la cathédrale, au bas du monument qu'il avait fait élever à son frère Olry, et le distique suivant rappelait son souvenir :
^ 3it gremio épon^cc cor prœôuliô uôquc quicêcit. c Sïlcité tcneat Scriuiu, te buce, éummc 3)cuê » (5).
(1) Pro Uugone^ elect. tullensi ^ retentio canonicatm^^ archidiacotiatas et monaaterii tullenaiti {Xrch. Vatic, Reg. Lut., Jul. Il, t. XXII, p. 98).
(2) Il résigna le décanat de Metz, en 1514, en faveur de son neveu, Olry des Hazards [Reg. Léon. A', n"» 9726-9727).
(3) 11 résigna la prévôté de S* Georges, en 1514, en faveur de son neveu, Hugues, curé de Blénod (Reg. Léon. X, n» 9699).
(4) Arch. de M.-et-M., G. 75, passim. — Ben.-Pic, &Xî. —Guillaume, Blénod, 201 et s(i.
(5) Ben.-Pic, loc, cit.