‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 253 sur 265 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Le cardinal Jean de Lorraine (1517-1843) i".

Fidèle aux traditions pateruelles, Antoine avait travaillé les ciiauuiacâ deToul en faveur de son frùre et, dès le 19 octobre t.'il7,Ie chapitre postula Jean de Lorraine (2}. Cet acte \ de déférence constituait un vrai scandale: le nouvel élu pouvait être aussi distingué par son mérite que par sa naissance ; mais il n'avait pas vingt ans ; il était déjà évé(|ue de Metz et il n'avait, ni l'expérience, ni les loisirs que devait exiger le gouvernement d'un diocèse aussi vaste que celui de Toul. C'était donc compromettre l'œuvre de Hugues des Hazards et, sous prétexte d'empêcher des discordes fâcheuses, procurer un mal eucore plus pernicieux. Mais, tel était

(1| Mâmes sources générales.

(2) Areh. de M,-el-M., G. 73, I* 22. ■ Lorralae, telles qu'elles étaieDt avant de JuUen, par Vnatata I, en 15fô.

Tabus de cette époque que Léon X non seulement sanctionna cette élection, mais créa, dès Tannée suivante, le jeune prélat cardinaldiacre de la Sainte-Eglise-Romaine, du titre de Saint-Onufre (1), et lui confia bientôt après les fonctions délicates de légat dans la Lorraine, le Barrois et les Trois-Évêchés.

Jamais homme ne fut peut-être chargé de plus de bénéfices. Jean de Lorraine fut, simultanément ou successivement, archevêque de Narbonne (1524-1550), de Reims (1533-1538), d*Albi (1536-1550), et de Lyon (1537-1539), évêque de Metz (1505-1550) (2), de Toul (1517- 1524; 1533-1537; 1542-1543); de Valence et Die (1521-1523), de Thérouanne (1521 15;i5) (3), de Verdun (152.3-1544) (4), de Luçon (1526), d'Agen (1541-1549) et de Nantes (1542 1550), abbé de Fécamp (1523 1550) (5), de Saint-Epvre (1528 1534) (6), de Saint- Mansuy (1529 1533), de Giuny (1529 1550), de Marmoutier (1540 1550) et de Saint Ouen (1545 1550) (7), prieur de Lay, (8), de Varangéville (9), etc. 11 fut donc titulaire de douze évêchés et de six grandes abbayes et la seule raison invoquée pour justifier ce cumul, c'était la nécessité de soutenir son rang. D'ordinaire, quand il résignait ou cédait un bénéfice, ce prélat, grand seigneur et grand dépensier, avait soin de se réserver la perception des revenus et la faculté de regrès et il ne s'obligeait vis à-vis de son successeur ou de son remplaçant qu'à lui verser la portion congrue. Hâtons-nous toutefois d'ajouter qu'il savait soulager les pauvres et protéger les arts.

Il prit possession de Tévôché de Toul par procureur, le 30 décembre (10); mais, se reposant sur son sufïragant et sur son

(1) Arch. Vaiic, léonin X Bull, secr., X, 105, 161, 202. — Saint-Onufre, sur le Janicule, aujourd'hui litre presbyiéral et couvent de Hiéronymiles. — C'est dans l'église de Saint-Onufre «ju'est enterré Le Tasse.

(2) Gallia, VI, 112 ; IX, 147 ; ï, 38 ; IV, 182 ; XIII, 703.

(3) Ibid., XVI, 332 ; X, 1570.

(4) Roussel, op. cit. y 1,381.

(5) Gallia, II, 1412 et 930 ; XÏV, 833 ; XI, 215.

(6) Arch. Vatic, Lib. Xll Bull. PanlillI, p. 268.

(7) Gallia, XIII, 1093 ; IV, 1160 ; XIV, 234.

(8) Calmet, V, 583.

(9) Arch. Vatic, Reg. 4582, f 311.

(10) Arch. M.-et-M., G. 75, V 26.

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