chapitre: m. — jean de loiiiuim
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coagrue et s'il cunsentuit ù lui en laisser tous les droits utiles, même hi collation des bénéfices.
Hector de Roohefort â'Ailly, Q'écoulunl que son zèle, acre|ita la proposition. Le 12 aoilt l.'>2%, il prit possession par procureur (I) et, le mercredi 7 juin l;i2y, il entra dans sa ville épiscopale aux applaudissemenis du cleryé et des lidèles (2). L'Église de Toul avait bien Itesoin de la présence d'un pasteur : en ili22, la peste avait désolé ie pays ; elle avait élé suivie d'une cruelle famine et la Lorraine, il peine remise de cetle épreuve, était menacée de maux plus terribles encore.
Le 31 octobre lai?, Martin Luther avait, au nom de la réforme, levé l'étendard de la révolte ; le mouveuienl, lancé à Wittemberg, avait gagné rapidement les vallées du Rhin et delà Moselle. Dès lo23, deu.x religieux, disciples du novateur, s'étaient introduits à MeU et avaient fait grande impression sur le peuple par leurs diatribes contre les moines et contre le clergé. La sagesse et la vigilance du duc Antoine avaient jusqu'alors préservé la Lorraine et le diocèse de Toul ; mais, en .Vllemagne, puis en Alsace, les paysans, les Uiistauds, comme ou les appelait, poussant jusqu'au bout les conséquences de l'acle de Wittemberg, s'étaient .soulevés pour redresser l'ordre social, et ils englobaient dans la même extermination les églises, les couvents et les chùleau.x. En Alsace, leurs chefs étaient deux bourgeois, Georges Itlel, de Rosbcim, et Érasme
Gerber, de Molsheim ; leur place d'armes était Saverne : de là, ils menaçaient la Lorraine et la France.
Le péril était grand : Antoine fut à la hauteur de sa tâche. Il appuya fortement l'autorité de Théodore de Saint-Chamond, abbé de Saint-Antoine-de-Viennois, commissaire apostolique pour la répression de Thérésie à Metz et dans les pays voisins ; il seconda les eflorts des dominicains Jean Savin et Christophe d'Anchery, nommés inquisiteurs dans les diocèses de Metz et de Verdun ; le 26 décembre 1523, il publia un édit sévère contre la propagation des doctrines de Luther (1).
Tout prélat, prieur, religieux, séculier, mendiant, chanoine, prêtre, gentilhomme, roturier et autres, « ayant livres, papiers, œuvres ou enseignement des faicts, erreurs ou hérésies dudict Martin Luther, ses adhérens, complices ou entremetteurs de sa secte. . . devaient les apporter ou envoyer à Nancy dans le premier jour de carême prochain venant... et illecques les mettre et délivrer es mains du Révérend Père, Tabbé de St-Anthoine de Viennoys )). Tout individu qui prêcherait les nouvelles doctrines serait arrêté ; tout possesseur de livres hérétiques devrait être signalé aux magistrats et ceux qui refuseraient de remettre ces ouvrages, de dénoncer les partisans de Luther ou d'abandonner les principes de la prétendue réforme seraient passibles de la confiscation de corps et de biens.
De son côté, Hector d'Ailly convoqua ses prêtres à Nancy, leur fit signer une profession de foi, leur signala le danger et les mesures à prendre et, pour prévenir le mal, prépara une nouvelle édition des statuts diocésains (2), insistant en particulier sur la résidence, sur l'abus de l'atimodiation des cures et de la pluralité des bénéfices à charge d'âmes (3). C'étaient là des points essentiels sur lesquels devait revenir le concile de Trente ; mais, hélas 1 les
(1) Rogéville, op. cit., I, 560.
(2) Le 24 septembre 1526, d'Ailly envoie son vicaire-général et officiai, Jacques Antoine, prier le chapitre de faire revoir encore une fois les statuts synodaux qu'il voulait faire publier et que le chapitre avait trouvés en partie trop rigoureux (Arch. de M.-et-M., G. 75).
(3) Ces statuts furent approuvés par le chapitre à la Saint-Luc 1526 (Arch. de M.-et-M., G. 1232, f" x).