‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 3 sur 265 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

siècle, et dans un diocèse voisin, Paul Diacre n'avait-il point écrit son livre De Ordine Episcoporum Metensium ? (1)

Du reste, à rej?ardor attentivement, l'identité prétendue est loin d'être évidente. A partir d'Arnoud (849-871) ou du moins, de Ludelme (8^^-906), les notices qui jusque-là étaient très succinctes, prennent beaucoup plus d'ampleur. On peut sans doute objecter qu'à mesure que l'auteur avançait dans son travail, les documents devenaient plus nombreux ; je le concède ; mais, la minutie de certains détails peut aussi nous autoriser à croire qu'à partir d'Arnoud ou de Ludelme, les articles biographiques ont été composés par des contemporains.

Il semble aussi qu'au moment où les Gesla furent écrits, il n'y avait encore aucune relation de la vie et des miracles des évéques de Toul. Autrement, comment expliquer ce passage de la notice sur saint Mansuy (2) : « Impossibile vero est cuncta scribendo perstringere quœ tantus ac talis vir in corpore positus gessit.,.. Sed hoc tantum brevitaiis compendio ponimus^ ne talis lucema per indebitum silentium noatrum, velut sub modio posita, lateret ? » Si d'autres avaient déjà parlé, le flambeau n'aurait-il point été placé sur le chandelier ?

Nous aurons bientôt à nous occuper d'Adson, abbé de Montiérender. Or, cet auteur qui écrivait au x* siècle, invoque à plusieurs reprises, dans sa vie de saint Mansuy, des Gesta écrits longtemps avant lui.

Ainsi, pour montrer l'heureux effet que produisit sur. le peuple de Toul la résurrection du fils du gouverneur, il dit (3) : a Sicut in gestis ejus quœ multo ante nos conscripta sunt, studioso lectori per facile est inveniri^ emendata eadem Leuchorum urbe omni idolorum superstitiosa spurcitia^ œdificavit intra mœnia civitatis templum Domino^ in honore videlicet Genitricis Dei et Domininostri Jesu Christi ac perpetuœ Yirginis necnon et sancti protomartyris Stephani.,.. Deindeautem per omnem diœcesis suœ provinciam^ plurimas construxit ecclesias^ ordinatis presbyteris et diaconibus, ubi divinœ Majestati débita laus redditur et glorificatur Deus admirabilis in sanctis suis, usque in prœsentem diem, etc. » Or, nous lisons dans les Gesta : (4) o Emendata igitur omni idolorum superstitiosa et vana idolorum spurcitia, aedificarit ibi templum in honore perpetuœ Virginis et Dei Genitricis, sanctique protomartyris Stéphanie aliasque circumquaque ecclesias, ordinatis presbyteris et diaconibus, ubi glorificatur admirabilis Deus in sanctis suis, usque inprœsentent diem. »

Il n'y a pas de doute : les textes, à peu près identiques, dénotent une origine commune. Il semble peu probable que nos Gesta aient copié, en l'élaguant, la phrase d'Adson ; tout au contraire l'abbé de Montiérender parait préoccupé

(1) Migne, Patrol. lat., t. XCV.

(3) Calmet, /. c.

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