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CHAPITRE III. — l'Église de toul durant le viir siècle

drale, reçut pour elle ou lui donna plusieurs domaines (1) et obtint pour Saint-Etienne Tabbaye de Montiérender, au diocèse de ChAlons (2). Ce n'était, ni Tunion de ce monastère à la inense épiscopale, ni une possession commendataire, mais un droit de patronage assez fréquent à cette époque : la communauté conservait son chef et son autonomie, mais elle devait subir la visite et le contrôle de Tévéciue et lui payer certaines redevances.

Garibald n'oublia point ses frères;, les chanoines, et pour fournir aux frais de leur table, il leur fit don, nous rapporte un chroniqueur, de quinze, puis de douze sous d'or (3). C'est, à notre connaissance, la première mention du chapitre de Toul et ce texte, si nous en connaissions la valeur, nous autoriserait à conclure que les chanoines, h cette époque, menaient déjà la vie commune.

Le généreux prélat mourut vers 730, sous le règfte de Thierry IV, dans la vingt-cinquième année de son épisropat (4).

Charles-Martel, fils de Pépin d'Héristal, était alors maire du palais. Pour reconnaître les services de ses guerriers, il leur avait donné en bénéfices des monastères ou des églises, entre autres les

signalo encore une autre date de cet éplscopat : celle de 709, année où Garibald signa la charte de fondation de Saint-Mihiel (Cal met, II, lxxxv).

(I) Geiita (SS., Vllf, 636). — Les villm MngnUtca villa, Mognéville ; BoveriVïfMS, Beurey? et Copediana, Couvonges... (tons trois aujourd'hui sont du canton de Revigny, Meuse). — De plus, dos domaines à Tranculphi villa (Tranqueville, c. de Coussey, Vosges), ,'i Arugiam, (rruffo, c. de Colombey, M. et M., ou AroHe, c. de Châtenois, Vosges), à Rihofiivilla, iGibeaumeix, c. de Colombey, d'apr<^s Dom Calmet ?) — La lecture des noms propres étant très incorrecte, l'identification est chose presque impossible.

(i) Atonliêrender, Monasterium-inBervo ou Puteohta, abbaye fondée sous Childéric II et occupée plus tard par des Bénédictins. Les bâtiments claustraux ont été détruits ou aliénés pendant la Révolution, mais l'église cjui sert d'église paroissiale est un monument remarquable d'architecture romane. — Montiérender est aujourd'hui un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Wassy (Haute-Marne}.

{^) Voici le texte cité par Benoit- Plcart (p. 274) qui malheureusement n'en donne pas la référence : « Dédit insuper fratribus Kut.s\ ad convictum communeWy auri nnlidos 45; iterum, auri nolidns 12. » Les Gesia et les Schedulœ sont muets sur ce point. — Le sou d'or valait alors environ 1;'» francs. (De Rlocourt, Les monnaies lorraines. Nancy, Crépin-Leblond, iS83, 8' table.)

(i) Les Gexla et le livre des Srhedulrp mettent sous l'épiscopat de Garibald l'arrivée de saint Dié dans la Vrtgp. Nous avons vu plus haut (page 79 et sq.) que cet événement dut se passer sous l'épiscopat d'Ki)orin, vers l'an 669 ; c'est du reste la date actuellement admise.

abbayes vosgiennes de Saint-Dié, de Senones et de Moyenmoutier. Encouragés par cet exemple, les comtes firent bientôt main-basse sur les biens ecclésiastiques; le duc Arnoud voulut empiéter sur les terres du domaine de Liverdun; le comte Odoard s'empara de Saint-Epvre; un troisième, d'Offonville; d'autres, des châteaux épiscopaux de Void et de Vicherey. Le diocèse semblait donc au pillage ; mais il avait des pasteurs vigilants. Garibald réclama contre le duc Arnoud et sut obtenir justice. Son successeur, Oodon (1), ne montra pas moins de fermeté. Comme sa ville épiscopale et ses archives avaient été ravagées par un incendie, il obtint de Pépin le Bref, fils et successeur de Charles-Martel, le renouvellement de tous les privilèges accordés à son Église, et en particulier de l'immunité. Il assista, en 751, à la révolution qui mit le maire du Palais sur le trône, le roi Childéric III dans un cloître et substitua une dynastie à une autre, sans changer, du

(1) Jean Van Meulen ou Mo lanus (1533-1585) a écrit dans l'un de ses ouvrages: « In civitate Teneramundœ^ natalis sancli Hilduardiy episcopi et confessoris, « qui a Bertino^ Tullensi episcopo, regeneratus est et educatus^ eidemque a {( latronibus interfecto^ in episeopaU onere successit ; urgebatur enim et « cœlesti visioyie et civium ac Dagoberti postulatione. » (A Dendermonde, naissance de S. Hilduard, évèque et confesseur. Baptisé et ordonné par Bertin, évêque de Toul, il lui succéda dans la charge épiscopale quand ce dernier eut été victime de brigands. Il céda et à une vision céleste, et aux sollicitations du peuple et de Dagobert.) — Ce texte est donné par De Riguetqui ne cite pas sa référence (op. cit., 121). Ce Dagobert est le fils de Cbildebert III auquel il succéda de 711 à 715.

Claude Robert, se basant sur ce texte et sur la tradition de l'église de Dendermonde (Hollande) où Bertin et Hilduard sont honorés comme évéques de Toul, les intercala dans son Gallia Christiana (Paris, 1626, in-fol.), entre Garibald etGodon. Le missel de Toul de 1718 leur donna aussi l'hospitalité. Dom Calmet {loc. cit.), sans parler de Bertin, plaça Hilduard après Godon, mais le donna comme problématique.

Il y avait à ce doute des raisons sérieuses. Jacques de Meyer, dans ses Chronica Flandriœ (Nuremberg, 1538), écrivit pour l'année 750: « Eodem anno, IV Kalendas Januarii, obiit sanctus rir Hilduardus, Leucorum seu, ut QUIDAM PUTANT, Cameracensium episcopus, in agro Teneramundœ. » — (La même année, le i des calendes de janvier, mourut à Dendermonde, saint Hilduard, évéque.des Leuqucs, ou, selon d'autres, des Cambrésiens.)

Et la première affirmation de Molanus, si elle est authentique, est fort affaiblie par cet aveu qu'il fait dans une de ses notes sur le martyrologe d'Usuard : « Sanctus Eilduardus, episcopus et coîifessor, in catalogo Tullensi non invenitur ; nominatur tameyi Tullensis episcopus, fortassis quia Tulli ordinatus sit episcopus ad infidelium conversioneni. » (S. Hilduard, évéque et

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