‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 70 sur 265 · CHAPITRE IV. — FROTHAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — FROTHAIRE

aucun monument de cette époque lointaine ; les guerres nombreuses dont il a souffert, la qualité médiocre de la pierre et, sans doute aussi, l'inexpérience des constructeurs nous expliquent cette pénurie. De longs siècles devaient s'écouler encore, avant que Tart roman ou ogival dotât notre diocèse, et encore bien parcimonieusement^ de ces temples grandioses, témoins encore debout de la foi et de la piété de nos pères. Mais, du moins, la multiplication des circonscriptions paroissiales répondait à la diffusion de l'Evangile : l'église, située au milieu du village ou dans la campagne, entre plusieurs hameaux, devenait le centre de la vie religieuse, intellectuelle et même civile de toute la paroisse: c'était là, sous le regard du saint patron que s'assemblaient les habitants pour les cérémonies du culte, comme pour les plaids annaux ; c'était à l'ombre du saint lieu qu'ils inhumaient leurs morts : c'était près de l'autel qu'ils procédaient aux affranchissements ; c'était sous le porche et par le ministère du prêtre qu'ils rédigeaient les actes de ventes, d'échanges ou de donations; c'était dans le temple luimême, qu'en cas d'alerte, ils cachaient ce qu'ils avaient de plus précieux. Vraiment, ces hommes pleins de foi croyaient que le saint était, en ces heures de détresse, le seul capable de défendre ses protégés en se défendant lui-même.

L'accroissement du nombre des paroisses devait bientôt rendre indispensable une subdivision du diocèse. L'organisation en archidiaconés et en doyennés qui s'opéra vers cette époque dans d'autres églises de France, était-elle déjà pour Toul un fait accompli ? Il semble que non, car nous trouvons à côté de Frothaire un chorévêque, Bérard, auquel Lothaire I®^ abandonne, en 843, les dîmes de l'église Saint- Amand (1). La présence de cet ecclésiastique, sorte d'évêque missionnaire, chargé surtout de

(1) Bouquet, VIII, 381, n» 23. ~ Sur les Chorévêques, voir Thomassin, Ane. dise, I, 449 et sq. — Les chorév6ques apparaissent en France dans le courant du VIII» siècle ; nous en trouvons un à Verdun, dès 768. {Gfula episc. Verd. dans Pertz, SS., IV, 44.) Il est donc probable que Bérard, le seul dont nous connaissions le nom et l'existence, ne fut ni le premier, ni le seul à Toul. — Ces dignitaires cédèrent la place aux archidiacres^ aux suffragants et aux vicaires généraux.

112 LIVRE II. — ORGANISATION I)K l'kGLISE DE TOUL

la visite des paroisses rurales et de radministration du sacrement de confirmation, me paraît indiquer que le prélat ne pouvait encore se reposer sur des archidiacres, et ce n*est qu'un demisiècle plus tard (jue nous pourrons constater authentiquement Texistence de ces dignitaires.

Après trente cinq ans d-un fécond épiscopat, Frotliaire pouvait s'endormir en paix. Il laissait un diocèse prospère et, selon toute apparence, ([uand les moines de Saint-Epvre reçurent, eu 849, ses restes mortels dans les caveaux de leur église, le Seigneur lui adressa cet (( liufje, Serve bone » qu'il a promis à ses bons et fidèles ministres.

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