‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 81 sur 265 · CHAPITRE V. — DEUX INFLUENCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — DEUX INFLUENCES

fils du comte Régnier, abbé laïc d*Epternach, de Stavelot et de plusieurs autres monastères, travaillait à se faire donner le titre et le pouvoir ducal, en attendant qu'il pût constituer sa province en état indépendant (1). Charles le Simple avait deviné ces vues ambitieuses et tous ses efforts tendaient à contrebalancer Tinfluence de ce dangereux sujet. Il cherchait, en particulier, à donner les sièges épiscopaux à des hommes sur la fidélité et le dévouement desquels il pût compter; aussi, quand les chanoines de Toul vinrent le trouver, dans les premiers jours de mars, pour obtenir de lui la confirmation des biens du chapitre et sans doute recevoir ses instructions (2i, il leur désigna comme son candidat Gauzelin, notaire à la Chancellerie royale, prêtre d'un rare mérite, issu d'une noble famille franque (3). Gauzelin aussitôt fut élu par le clergé de Toul et sacré, dès le 17 mars de cette année 922, par Roger, métropolitain de Trêves, assisté deWigéric et de Dadon, évoques de Metz et de Verdun (4).

la chapelle do la Blanche Mère de Dieu. Voici son ioscripUon, telle que nous l'ont transmise De L'Aigle et Benoll-Picart (p. 302).

5Praeéu(ié I)ac feéêa carnet tuntutantur et o^^a

« îDrogoniê qui ju^ Hii6 antpltatjit I)uiu^. « 2)ommartini t)inam bebit. Sgnc cantini « ^xvod mortifcrî iHum 2)cu^ be precc cleri. »

( Benoît- Pi cart, dans son texte très mal ponctué, a oublié le mol Detia ; ce qui rend le dernier vers incompréhensible.)

L'année de la mort de Dreux est donnée par Flodoart {Chronicon, 922 — SS., III, 7) ; le jour et le mois, 28 janvier, par les Gesta et les Schedulae (loc. cit.). — Les Geata, les Schedulae et les Miracula S. Àpri (loc. cit.) disent que Tépiscopat de Dreux dura sept ans ; il y a certainement là une erreur émise par l'auteur ou le copiste des Gesta et copiée par les autres ; car cet épiscopat dura près de seize ans.

(1) M. Parisot (op. laud., 613 et sq.) a prouvé que, ni Régnier, ni Giselbert, ne furent ducs de Lorraine sous Charles le Simple. Ce fut seulement Henri l'Oiseleur qui nomma ce dernier duc de Lorraine, en 928.

(*Jt) Ben. -Pic, XV. — Calmet, II, clxxii. — Ce diplôme est daté de Disborch que Benolt-Picart (op. cit., 302) traduit par Dabo, mais qui doit plutôt être identiflé avec Diusburg (Prusse-Rhénane)'ou Doesborg (Hollande). — Cf. Parisot, op. laud.y 591, n. 8.

(3) Gauzelin était, depuis le 13 août 913, notaire de la Chancellerie royale (Parisot, op. laud., 647, n. 1), et les Gesta (SS., VIII, 639) nous le présentent comme « nobili Francorum sanguine or tus ».

(4) Les Annales S. Benigni Divionensis (SS., V, 39) mettent le sacre de Gauzelin

136 LIVRE II. — ORGANISATION DE L EGLISE DE TOrL

Charles le Simple n'était pas simplement menacé de perdre la Lorraine ; les intrigues de Robert, comte de Paris, et d'Héribert, comte de Vermandois, devaient lui ravir ses couronnes et la liberté. Fait prisonnier par Héribert, en juillet 923, il lut enlerméà Reims, puis à Péronne et lut réduit par son geôlier à n'être plus qu'un épouvantait pour Raoul, fils de Richard, duc de Bourgogne, (jue les seigneurs avaient proclamé roi. Les Lorrains se trouvaient donc placés entre un usurpateur et Henri l'Oiseleur, roi de Germanie, qui avait déjà soutenu Giselbert et joué quelque rôle dans les affaires intérieures de leur région. Ils se divisèrent : les uns, et c'était le plus grand nombre, se donnèrent à Henri; les autres, voulant rester les sujets d'un roi de France et désespérant de voir Charles le Simple remonter sur le trône, se résignèrent à reconnaître Raoul. Parmi ces derniers, semble s'être rangé le nouvel évêque de Tout (1). Mais le roi de Germanie eut bien vite raison de toute résistance et, vers la fin de l'année 923, il resta paisible possesseur du pays. Giselbert épousa sa fille Gerberge ; il devint duc de Lorraine et les évêques reçurent pour leurs Eglises des laveurs qui devaient les enchaîner au monarque par les liens de la reconnaissance. C'est ainsi que, par une charte datée de Mayence, le 28 décembre 927 (2), Gauzelin

le 16 des calendes d'avril (17 mars) 921. Celte date du 17 mars est donnée légalement par les Gesta (S5., VIII, 639) et par Hugues de Flavigny {Chronicon Virdunense, apud SS.y VIII, 358). Or, le 17 mars tomba un dimanche en 922 et non pas en 921. De plus, le 17 septembre 923 {Métn. Soc. Arch. lorr., XII, 133), saint Gauzelin date une charte de la seconde année de son épiscopat. D'où nous pouvons conclure avec certitude que saint Gauzelin fut sacré le 17 mars 922, quinze jours à peine après l'entrevue que les chanoines de Toul eurent avec l'empereur. — Benolt-Picart {loc. cit.) fait assister au sacre de saint Gauzelin, Harnoin et non Dadon. Mais il est prouvé (Parisot, op. laud., 667, n. 4) que Dadon ne mourut que le 7 octobre 923 et que Barnoin ne fut nommé évéque de Verdun que quelques mois après.

(1) Une charte signée de saint Gauzelin, provenant des archives de Bouxiéres, conservée <i la Bibliothèque nationale (fonds Moreau, 4, f° lOi) et publiée piir H. Lcpjïge (L'abbaye de Bouxières^ dans Mém. Soc. Arch» lorr.^ XII, 133), est datée du 13 septembre 923, première année du régne de Raoul et deuxième de l'épiscopat de Gauzelin. Ce qui semble indiquer que l'évéque de Toul a reconnu Raoul comme roi.

(2) Ben. -Pic, XVIII — Pertz, Dipl., I, 52. — Notre historien loulois donne ù cette charte la date du 28 décembre 928, indictione prima... Or le 28 décembre 928 est de Vindictione secunda. Il faut donc lire 927 au lieu de 928. — C'est la date adoptée par Bœhmer et Ottenthal {Regetiten, 20), par les Monumeula Germaniœ {Dipl , loc. cit.) et par M. Parisot (op. laud., 674, n. 2).

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