‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 9 sur 265 · AVANT-PROPOS XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XV

La môme préoccupation de symétrie apparaît bien encore dans le Livre des miracles ; mais elle est moins sensible et d'ailleurs les récits sont beaucoup plus simples : ce sont des relations et non plus des scènes dramatiques.

Quant aux vingt-deux distiques et à l'acrostiche que l'abbé de Montiérendcr a placés en tête de son œuvre, malgré leur obscurité, leurs chevilles et leur emphase, ils sont harmonieux et attestent au moins un certain talent de versificateur; mais ils ne nous fournissent aucun détail nouveau : l'auteur s'y tient dans des considérations vagues et n'y célèbre même point la résurrection du fils du gouverneur.

II. — La Vie de saint Kpvre{i). — Cette œuvre repose sur un plan analogue. Une première partie renferme les divers événements de la vie du saint prélat ; une seconde raconte les miracles dont la piété du peuple se croyait redevable à son pouvoir et à sa bonté ; mais les deux livres ne sont pas du même auteur.

La partie proprement biographique (ch. XXIII) est une sorte de leçon, destinée à être chantée le jour de la fête du saint. Le début le prouve : « La solennité do ce jour ramène la mémoire de cet homme bienheureux, etc. (2) ». Et, par son style cadencé, par l'atTectation de terminer chaque période par un mot un peu long, ordinairement de quatre syllabes, elle se rapproche des préfaces que l'Église fait chanter encore à certains jours, le Samedi-Saint, par exemple.

Le Livre des Miracles (3), au contraire, est une chronique historique, rédigée dans un stjie simple et sans prétention.

A quels temps et à quels auteurs faut-il attribuer ces deux travaux ? Pour la biographie elle-même, les uns voudraient l'attribuer à Adson(4); le style du Saint-Epvre^ disent-ils, diflère peu de celui du Saint-Mansuy et, chose à noter, dans ses distiques, l'ancien écolâtre de l'abbaye touloise invoque de concert saint Epvre et saint Mansuy (ri) ; il semble donc avoir eu le projet do célébrer aussi le fondateur et le patron de son second monastère.

Mais, sans même les examiner de très près, le Saint-Mansuy et le Saint- Epvre présentent de notables diflércnces : le premier est une biographie, le second une homélie, une leçon d'oflice ; celui-ci est plus rythmé, plus assonance et il renferme très peu de réminiscences bibliques ; celui-là est plus simple et

(1) Elle est éditée par Martène, Thés. Sov. Ànecd,, III, 10i7 et sq. — Calmet, /. c, cxLV. — Àct. SS., P sept., 55 et sq.

(2) Calmet, /. cit., cxlv.

(3) Calmet, ch. XXIV à XXXI. — Script., IV, 515 et sq.

(4) Martène, Athecd., III, 990 et 1038. — Hist. litt. de la France, VI, 485.

(5) « Si tamen et meriti res est augenda juvandi,

« Par sit Àper socius nostra juvando tuus. « Vos etenim, binœ Cœli super axe columnœ, « Ducitis, hinc faciles nos relevare grèges. )>

(Calm., l. c, cxxm.)

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