‹ Histoire des doctrines économiquesChapitre 11 sur 62 · I. — L'École d'Alexandrie et le Christianisme · texte numérisé non relu

I. — L'École d'Alexandrie et le Christianisme

11 y eut au troisirine siècle aj)r("'s J.-C. une très brillante école de pliildsophic transcendante à Alexandrie. Mais comment attendre quelque doctrine économique de gens tellement enivrés de métaphysique l)latonicienne qu'ils étaient honteux d'avoir un corps? " L'intelligence (ou l'àme) ne s'occupe pas. dit Plotin, le plus illustre ])liilosophe de cette école, des choses extérieures, pour sauver le corps en danger par exem])le : tout au contraire, elle l'ahandonne si bon lui semble; elle ordonne à l'homme de renoncer à la vie, à ses richesses, à ses enlants. à sa patrie même : car elle a pour but de faire ce qui est honnête jiour elle et non de sauver l'existence de ce (jui lui (>st infé-

rieur*. » Le hut de la vie est la pnrificalion. Celle-ci « consiste à séparer le plus possible 1 ame d'avec le corps. C'est là ce qui s'appelle mort, affranchissement et séparation de l'àme d'avec le corps. Seuls les philosophes s'étudient convenablement àaffranchirl'àme... Nous devons donc nous appliquer à la philosophie qui nous procure le plus grand des biens en délivrant notre âme des liens par lesquels elle a été enchaînée par la génération ^ » On ne trouve chez les nouveaux Platoniciens que ces vagues préceptes. Le Christianisme, qui se développait simultanément, était une religion; il se trouvait plus directement mêlé à la vie pratique. Aussi le voyons-nous prendre parti dès l'origine sur les questions fondamentales de la science économique, la propriété ou la richesse et le travail. La richesse, le Christ la considère, on le sait, comme un grand obstacle au salut: <( Le riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. » « Si tu veux être parfait, vends ce que tu as et le donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel; après cela viens et suis-moi. » Le travail, il est bon comme la douleur, en tant que mortification de la chair qu'expiation du péché, mais il ne doit être accompagné d'aucun souci d'épargne et d'enrichissement : « Ne soyez point en souci, pour votre âme, de ce que vous

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