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De regimhic prhic/pum, lib. II, p. ni, p

LA SCOLASTIOUE. 99

François de Mayronis (mort en 1325) dit enfin nettement : « Le commerce est nécessaire à la vie liumaine. Les hommes ont besoin communément de choses de même espèce. Or, toutes les régions n"ont pas des produits semblables. Les unes ont du vin, les autres des figues. Le commerce est donc nécessaire pour que ces produits soient portés de l'une à l'autre. Kl de même qu'il y a un art du commerce naturel et licite, ainsi les échanges d'argent ou les changes l)roprement dits sont naturels et licites, parce qu'une monnaie a cours dans un pays et non dans un autre '. »

(jiille de Rome compte parmi les attributions du ])ouvoir l'établissement de lai-ils (pii (»])viont au renchérissement excessif des dcurées nécessaires, et Gerson au quatorzième siècle demandera encore ([ue ritlat fixe un prix maximum pour toutes les marchandises. Nos rois prirent souvent, nous l'avons dit, des mesures de ce genre au trei/.ième et au qualor/.ièuu' siècle. Mais déjà les esprits réiléchis C(uni)renai('iil l'impossibilité de déterminer par une régienicnlalinn administrative le « juste prix » des choses dont saint Thomas s'était tant préoccupé. Le besoin, en ellel. est la mesure de la valeur et les besoins cliaii.i^cnl de moment en moment, u Les besoins de riioinnic, dil r.iiridan-, commentant un i)assage de la morale

l.[7i quatuor libros sententiaruni , \\b. IV.tlist. 10, q. 4. Le cliiiii;;e est aussi approuvé après discussion dans le De Usuris altribui- à saint TluMnas.

•-'. 11 vivait tMici.rc en l'JûS,

iCn HISTOIUK DKS DOCTIIIXHS KC.ONOMIQL-ES.

d'Aristote ', sont la mesure naturelle de la valeur des choses échangeables, ce qui se démontre de la manière suivante : la bonté ou la valeur d"une chose s'apprécie d"a[)rès la lin pour laquelle cette chose existe... Mais la lin naturelle en vue de laquelle la justice conimutative ordonne les biens extérieurs échangeables, c'est la satisfaction des besoins de l'homme. Par exemple, si j'ai besoin de blé dont vous possédez une grande quantité et si vous avez vous-même besoin de vin que j'ai en abondance, je vous donne du vin pour du blé et nos deux besoins sont satisfaits. Il suit de là que la vraie mesure des choses échangeables, c'est ce qu'il faut de ces choses pour la satisfaction de nos besoins. Mais ce qu'il en faut est mesuré par l'étendue de notre l)esoin mémo ; car la valeur de ce qu'il en faut est d'autant i)lus forte que le besoin est plus grand ; de même, plus est grande la capacité d'un tonneau vide, plus il faut de vin pour le remplir... C'est ce que prouve ce fait que dans les années où le vin manque, il est d'un prix plus élevé, parce qu'on en a un besoin plus grand. De même, le vin coûte plus cher dans les pays qui n'en produisent pas que dans les pays de vignobles; dans les premiers, le besoin qu'on a du vin est ressenti plus vivement que dans les seconds. Ainsi du reste. Ajoutons que dans l'échange, le prix des objets à échanger ne se règle pas d'après leur

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