I. — Socrate et Xénophon
Il ne l'uni i)as conrondru le dévelo]»peineiil de la richesse avec lliistoire de la science qui étudie la richesse. Les grands empires comme celui des Égyplieiis, des Assyriens, des Babyloniens et des Perses, fuient le théâtre de transactions commerciales très aclives: ils euirnl des revenus considérables et durent pniuvdir à leur emploi par des mesures plus ou moins caleiih'es : mais c'est en Grèce seulement, vers le milieu du ciM(|uiéme siècle avant Jésus-Christ, au moment où les cités f^recques répaiulues sur les ccMes de la Méditerranée cultivaient avec un éf;al succès l'industrie, le conimeice et la scicMice, qu'on com-
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mença à l'aire la théorie des arts utiles, comme l'agriculture, la médecine et la guerre, et qu'on ébaucha en même temps la théorie de l'art d'administrer les biens.
Socrate est le premier dont les réflexions à ce sujet soient parvenues jusqu'à nous*. II semble avoir examiné cette série de questions à deux points de vue assez ditTérents.
D'une part il veut ([uon applique à l'étude de la richesse sa méthode des définitions exactes et des raisonnements fondés sur les définitions; il essaie de tirer de là des conseils pratiques qui ont pour but l'augmentation de la richesse. D'autre part il rapproche les valeurs diverses composant la fortune privée ou publique de la valeur suprême qu'ont, à ses yeux, les biens de l'àme, et il tend à condamner de ce point de vue les préoccupations économiques avec la richesse elle-même, comme indifférentes et même contraires à la vertu morale.
Premier polnl de vue. — L'art ou science de l'économie est, selon les doctrines attribuées à Socrate par son disciple Xénophon, celui d'administrer sa maison, ou la maison d'autrui, ou les acquisitions quelconques, ou encore (comme tout ce qui, dans les propriétés, reste inutile, est négligeable) d'administrer les biens
1. Nous ne pouvons savoir dans quelle mesure Xénophon modifie ou développe les idées de son maître. Mais nous croyons que la part du disciple dans l'œuvre commune est considérable.