Article: Économie politique, parlif MI
l)(>liti([ue, suivant lui, est « d'empêcher que les passions ne sortent victorieuses du combat éternel que notre raison est condamnée à soutenir contre elles. Son but est de tenir les passions courbées sous le joug ». Le vice fondamental, « c'est ce monstre à deux corps, composé d'avarice et de prodigalité, qui ne se lasse jamais d'acquérir ou de dissiper». Pour le tenir en bride, il faut empêcher rinégalité des biens et forcer tout le monde à vivre dans une condition modeste. Un seul moyen se présente, c'est de rendre la propriété commune ; en d'autres termes, de l'abolir tout à fait. Mably décrit comme Rousseau un temps de félicité oii les biens étaient communs, où les tâches étaient distribuées selon les aptitudes, où chaque famille recevait des magistrats sa part de subsistances i. La gravité de ces doctrines n'échappe point à nos lecteurs.
Elles établissent pour nous un lien entre les utopies du seizième siècle (voir page 116) et les théories socialistes du n(jtre ; à ce titre, elles devaient être mentionnées : mais elles furent, il faut le dire, peu remarquées des contemporains; et l'école individualiste et libérale ne continua pas moins à se développer puissamment. Le nom d'Adam Suiith marque son apogée.
1. D'après Janet : Histoire de la science politique, chaji. ix. Mably a écrit : Entreliens de Phocion, 1753; De la Législntion ou des principes des lois, 1776; Doutes proposés aux économistes sur Cordre ?iaturel et essentiel des sociétés politiques, 1768.