‹ Histoire des doctrines économiquesChapitre 56 sur 62 · II. — List et l'Économie « nationale · texte numérisé non relu

II. — List et l'Économie « nationale

Quand on se mit en présence des faits et qu'on étudia en elle-même l'évolution historique de l'humanité, on s'aperçut aussitôt que les théories de l'École libérale offraient une lacune manifeste. Partant de l'individu et toute préoccupée de défendre ses droits contre les abus d'un pouvoir arbitraire, trop souvent tyrannique, ou bien d'ouvrir au développement de la richesse, par l'extension indéfmie de l'industrie et du commerce, un champ libre de toute barrière, cette école, sous ses formes diverses, avait méconnu le rôle indispensable des gouvernements et oublié ou rêvé d'abattre les frontières qui séparent les nations. Or, les faits économiques ont inévitablement pour théâtre des groupes sociaux dont l'unité historique et actuelle est liée à l'existence du pouvoir central, et un tel pouvoir réagit nécessairement d'une manière ou de l'autre sur la marche de ces phénomènes dans les relations des citoyens les uns avec les autres et dans les relations du groupe avec les autres groupes. Auguste Comte s'élève avec raison contre les tendances anarchiques de doctrines pour qui le pouvoir gouvernemental est non avenu ou même considéré comme un obstacle : et il n'a pas de peine à montrer que, si les gouvernements ont pu être, à un moment donné, une

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