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LES THÉORIES DE L ORGANISME SOCIAL

voit, ne manque pas de force. Et Ammon, dont l'œuvre originale mérite une sérieuse attention, tire du darwinisme et de l'histoire toute une série de jtropositions pour démontrer que les inégalités individuelles, même celles qui existent dans la jouissance des biens, sont indispensables au bien-être et au progivs de la collectivité tout entière, parce que « la formation des classes, en limitant la panmixie, favorise la itroduction plus fréquente d'individus supérieurement doués ; parce que l'isolement des classes favorisées rend jiossible une éducation plus soignée de leurs enfants; parce que la supériorité de l'alimentation et l'al)sence de préoccupations dans ces classes stimulent l'activité des facultés psychiques supérieures; enfin, parce que le bien-être matériel de ces classes })lus élevées excite les classes inférieures à déployer le meilleur de leurs forces par la concurrence, pour participer à leur tour à ces conditions d'existence plus favorables' ».

Avec cette dernière considération nous rentrons dans des vues d'un ordre plus nettement économique. En tout cas, au moment do nous engager dans l'étude du socialisme, nous avions pensé qu'un rapide aperçu des principales idées sociologiques dans leurs points de contact avec des questions économiques, ne devait pas être sans utilité, pour expliquer les effrayantes conquêtes que le socialisme a faites sous nos yeux dans le monde de la science et delà philosophie contemporaines.

' Op. «7., p. 129. — '■ Les darwinisfes et les économistes, avait dit JL de Laveleye, qui prétendent que les sociétés humaines sont régnes par des loi.« naturelles auxquelles il faut laisser libre cours, sont les vrais et seuls adversaires logiques à la fois et du socialisme et du christianisme On ne

peut comprendre par quel étrange aveuglement les socialistes adoptent les théories darwiniennes, qui condamnent leurs revendications égalitaires, et repoussent le christianisme, d'où elles sont i.«.sues et qui les légitime ■■ (De Laveleye. le Socialisme contemporain, introduction. iO^^ édition, pp. xviii et xix). — Nous nous expliquerons sur ce prétendu lien entre le christianisme et le socialisme : mais il est difficile de se tromper plus grossièrement que ne fait de Laveleye quand il affirme l'inconciliahilité du christianisme et de la théorie des lois naturelles.

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