CHAPITRE PREMIER L'HISTOIRE DE L^ÉCONOMIE POLITIQUE
L'histoire de l'économie politique, est Texposition raisonnée de l'origine et des progrès des théories économiques, considérées dans leurs relations avec les conditions, les idées et les institutions sociales.
L'histoire ainsi entendue n'est pas un simple exposé chronologique des doctrines, mais elle comporte des appréciations critiques sur leur bonté absolue et relative. Elle recherche les germes des différentes théories dans leurs manifestations isolées, accidentelles et fragmentaires, et elle montre comment elles ont pu constituer, plus tard, un corps de doctrine distinct et plus ou moins systématiquement coordonné.
Il faut, au sujet des liens qui unissent les théories économiques aux faits dont elles s'occupent, mettre en lumière deux ordres de rapports.
Les écrivains ressentent presque toujours, avec plus ou moins de force, l'influence des conditions, des idées et des institutions spéciales du pays et de l'époque auxquels ils appartiennent ou qui a plus particulièrement attiré leur attention. Cette influence est très grande, bien qu'elle passe inaperçue et qu'elle soit même niée par ceux qui la subissent et qui proclament, en même temps, leur indépendance philosophique. Ils se mettent ainsi en contradiction avec la vérité ou, mieux^ avec la nature même des choses. Si l'on s'attache à Tessence des différentes théories, dépouillées des particularités
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purement accidentelles, il est souvent facile de découvrir qu'elles ont pour base une apologie de certaines institutions économiques données, que l'auteur approuve et idéalise pour ainsi dire, ou une opposition à certaines institutions économiques que l'auteur combat résolument. On peut donc appliquer aussi aux économistes le reproche célèbre que Bacon (aisait à certains philosophes, qui tamqua'in e vinculis ratiocinantur.
D'un autre côté, les écrivains exercent, ou du moins quelques-uns et dans une mesure fort inégale, une influence notable sur les opinions de leurs contemporains et sur leur postérité, influence qui, souvent, a préparé des réformes législatives et administratives de grande importance. C'est ainsi que les ouvrages des physiocrates ont inspiré quelques unes des lois flnancières des premières années de la République française : Adam Smith a donné, par ses doctrines, une grande impulsion à la réforme du système économique de plusieurs États de l'Europe ; c'est au livre de Malthus que sont dues les importantes modifications introduites en 1834 dans la loi des pauvres en Angleterre. Inversement, le travail des esclaves dans l'antiquité et la prédominance des prêts de consommation au moyen âge expliquent à n'en pas douter le mépris de certains philosophes anciens pour le travail manuel et l'hostilité à l'égard de l'intérêt qui trouve son expression concordante à la fois dans les ouvrages des théologiens, des canonistes et des civilistes du moyen âge.
Cependant si, dans l'histoire des théories économiques, on étudie l'influence des institutions, on ne doit pas, pour cela, confondre l'histoire des théories économiques avec l'histoire des institutions ; ce sont deux ordres de recherche absolument différents parleur objet, bien qu'on les conçoive comme devant former partie intégrante dans une histoire complète de l'économie.
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entendue dans son sens le plus large. Blanqui, et ceux qui ont suivi ses traces, se sont donc trompés en déduisant l'antiquité des doctrines de celle des institutions et des faits, car ils ont ainsi confondu la science avec les objets qu'elle étudie. Affirmer, comme ils le font, que là où il y a des richesses, des échanges, des monnaies et des impôts, on doit trouver aussi une science économique, cela équivaut à dire que l'astronomie et la physiologie sont une conséquence nécessaire du mouvement des astres et des phénomènes de la vie végétale et animale.
P. Rossi, Introduction à l'histoire des doctrines économiques, in Journal des Economistes. T. II (Paris, 1842), pp. 201-223.
H. Baudrillart, De l'histoire de l'économie politique. Ibidem. T. V {3" série, 1867;, pp. 57-75.
L'histoire des doctrines économiques comprend : 1° L'histoire externe, qui étudie l'origine et le développement des théories et des systèmes, considérés dans leur ensemble et dans leurs parties principales, sans descendre aux menus détails. Elle est générale, si elle embrasse tous les temps et tous les lieux ; spéciale, si elle se limite à une époque, à une nation, à un système, à un ou à quelques écrivains, etc ;
2" L'histoire interne (ou, comme on dit en Allemagne, dogmatique], qui recherche la formation et les progrès des différentes théories particulières (celles, par exemple, de la valeur, de la monnaie, de la rente, des impôts) et dont on fait souvent précéder ou suivre leur exposé doctrinal. Les matériaux de l'histoire interne de l'économie sont dispersés dans une multitude de monographies. Parmi les auteurs d'ouvrages généraux et systématiques qui ont, dans les limites de leur
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.sujet, recueilli des données très abondantes sur l'histoire interne de l'économie politique, la première place appartient, sans conteste, à notre vénéré maitre Guillaume Roscher.
W. Roscher, System der Volksivirthschaft. Stuttgart, 1854-1880. 4 volumes (réimprimés plusieurs fois séparément;. Le premier volume a paru en français sous le titre : Principes iVéconomie politique, traduction française par Wolowski. Paris, 1857, 2 vol. ; le second, sous le titre de Traité d'économie politique rurale, traduction française par Vogel. Paris, 1888.
Les critères dont il faut s'inspirer dans l'étude de l'histoire (externe et interne) de l'économie sont les suivants :
1° Le choix des matériaux doit être judicieux, et, par conséquent, on ne doit enregistrer ni toutes les œuvres, ni tous les auteurs, mais ceux-là seulement qui sont remarquables par leur valeur intrinsèque , leur originalité, leur influence.
2" L'exposition des faits intrinsèques (livres, doctrines, enseignements) et extrinsèques (conditions individuelles et sociales) doit être claire, sobre et fidèle.
3" La critique des théories doit être large et impartiale, mettre en relief leur originalité, les influences qu'elles ont subies ou exercées et leur valeur réelle, tant par rapport au temps où elles sont nées, que par rapport à l'état dernier de la science.
L'histoire des disciplines économiques ne peut pas remplacer leur étude dogmatique, mais elle en est un complément nécessaire. Pourvu qu'elle soit éclairée par la critique, elle ne peut donner naissance ni au scepticisme systématique, ni à un éclectisme inconsidéré, ni à l'apologie posthume de doctrines et d'institutions
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vieillies. Elle peut, au contraire, contribuer à l'histoire de la civilisation, en mettant en lumière l'influence des économistes sur les réformes sociales déjà effectuées, et en préparant le lerrain pour d'autres réformes qui pourront être réalisées dans l'avenir. Elle servira, en outre, à mieux connaître la valeur des théories, parce qu'on les aura étudiées dans leurs origines et dans les modifications qu'elles ont successivement subies'.
Comme il est impossible de recourir toujours à toutes les sources, il faudra bien souvent nous servir des œuvres générales ou spéciales qui en résument, au moins partiellement, le contenu. Il nous faut donc indiquer, en y joignant quelques notes critiques, les œuvres principales qui se rapportent à l'histoire générale externe de l'économie politique; nous parlerons plus loin des œuvres spéciales.
On trouve une indication sommaire des histoires de l'économie politique dans :
R. v. MohI, Die Schriften liber die Geschichiederpoliiischen Œkonomie, in Geschichte und Literalur der Slaatswissenchaften. T. III (Erlangen, 1858), p. 291 et suiv.
Jul. Kautz, op. cit., pp. 34-50.
K. Knies, Bie politische Œkonomie, etc. B^aunsch^veig, 1881-83, pp. 9-22 et 521-533.
Les notices historiques, d'ordinaire assez courtes et exclusivement bibliographiques, que l'on trouve, comme introduction ou comme appendice, dans beaucoup do traités, ne suffisent pas pour donner une connaissance suffisante du développement graduel de cette discipline. 11 faut en dire autant des articles, remarquables souvent, que l'on trouve dans certains Dictionnaires et dans les meilleures Encyclopédies. Citons, par exemple, les traités d'économie politique publiés, en Angleterre,
par Mac-Culloch, Shadwell, Marshall; en France, par Say, Garnier, Courcelle-Seneuil; en Allemagne, par Lotz, Rau, Wirth, parle socialiste Mario (Winkelblech), par Cohn, et spécialement par von Scheel (dans le Manuel de Schonberg) ; en Italie, par Bianchini, et sur ses traces par Trinchera; en Hollande, par Pierson; en Espagne, par Florez Estrada, Carballo y Vanguemert, Carreras y Gonzalez ; par Forjaz da Sampajo, en Portugal ; par Wreden, en Russie ; par Bilinski, en Pologne : en Suède, par Hamilton et par Leffler; en Danemark, par Frederiksen ; aux Etats-Unis d'Amérique, par Perry . Ellis Thompson, Laughlin, James [dans V Encyclopédie de Lalor), etc.
Parmi les ouvrages exclusivement consacrés à l'histoire générale de l'économie politique, il faut faire une mention spéciale pour :
Ad. Blanqui, Histoire de V économie politique en Eu- 7'ope, etc., suivie d'une bibliographie, eic. Paris, 1837-38, 2 vol., 4« édit. (par les soins de M. A. Oit), Paris, 1860; Iraduile en anglais par E.-J. Léonard. London, 1880.
Alb. de Villeneuve-Bargemont, Histoire de l'économie politique. Paris, 1841. 2 vol.
Travers-Twiss, Vieiv of the progress of poUtical economy in Europe, etc. London, 1847.
Jul. Kautz, Die geschichtliche EntwicUelung der Naiional-Oekonomie undihrer Literatur. Wien, 1860.
Eug. Duhring, Krilische Geschichte der Nationalokonomieund des Socialismus. Berlin, 1871 (3* édit., 1879'.
H. Eisenharl, Geschichte der Nationalokonomil., Jena, 1881 i2<= édit. 1891).
J. K. Ingram, A history of pclitical economy. Edinburgh, 1888 (trad. allemande de E. Roschlau, Tubingen, 1890; trad. italienne de Debarbieri, Torino, 1892; trad. irançaise de Henry de Varigny et E. Bonnemaison, Paris, 1893).
A. Espinas, Histoire des doctrines économiques. Paris,
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On peut reprocher aux compilations de Blanqui et de Villeneuve-Bargemont leur manque de méthode, d'ordre, de critique, l'insufTisance et l'inexactitude des renseignements, rarement puisés aux sources, et l'ignorance presque complète des œuvres qui n'ont pas été écrites ou traduites en français. L'histoire de Villeneuve- Bargemont, qui se place au point de vue d'une économie politique chrétienne qu'il oppose à celle de Smith, a été rapidement oubliée, tandis que celle do Blanqui, remarquable par l'élégance de la forme, a eu un grand succès, en l'absenced'une œuvre meilleure et facilement accessible à la généralité des lecteurs. Les jugements de Blanqui, qui a subi pour partie l'iniluence de Sismondi, ont leur point de départ dans l'idée d'une économie politique française, généreuse et philanthropique, qu'il opposait à l'économie anglaise, selon lui trop mesquine et trop exclusive.
Travers-Tviss n'a étudié que quelques auteurs anglais, français, italiens, et il n'a pas toujours fait une étude suffisante des sources; mais son ouvrage a plus de valeur que les deux précédents, bien qu'il ne donne qu'un simple tableau historique depuis le xvi^ .siècle. 11 faut louer chez lui certaines de ses appréciations et le grand soin qu'il a mis à distinguer Ihistoire des doctrines de celle des institutions.
L'ouvrage du professeur hongrois, Jules Kautz, disciple de Roscher et partisan des doctrines de l'école historique, quilui ont fourni le critère de ses jugements, a plus de valeur que les histoires précédentes et souvent au.ssi que celles que nous mentionnerons plus loin. Les renseignements sont abondants, les recherches approfondies, et la connaissance des histoires particulières et des monographies très étendue. Cependant, ses jugements, néce.s.sairement peu objectifs, sont souvent incertains et même superficiels. Il faut noter encore que
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son style ampoulé, ses impropriétés de termes, la mauvaise distribution des matières et l'absence d'une table des auteurs, ont enlevé, dès sa publication, à cette œuvre, d'ailleurs très savante, une notable partie de l'utilité qu'elle aurait pu avoir. De plus, les études faites dans ces dernières années sur les différentes parparties de l'histoire de l'économie et le progrès ultérieur de la science ont fait vieillir une grande partie de de cette œuvre.
Les histoires de Diihring et d'Eisenhart ont des mérites et des défauts différents. Elles sont remarquables par l'ordre, la sobriété, la juste place donnée aux principaux auteurs ; mais elles sont absolument insuffisantes pour la partie bibliographique. Ces deux auteurs se sont peu préoccupés des œuvres secondaires, mais relativement importantes, et en général des monographies. Eisenhart, en particulier, ne donne qu'une esquisse historique trop succincte; il n'est pas toujours impartial et il partage avec Duhring ce préjugé de considérer comme absolument moderne l'origine de notre science. Diihring, qui s'est occupé très longuement des théories de List, de Carey et de quelques socialistes, est trop entiché du protectionnisme américain, et tout à fait injuste dans les jugements qu'il porte sur certains grands auteurs (par exemple, Malthus et Ricardo), et il est en même temps trivial dans l'appréciation de l'œuvre scientifique de certains de ses illustres compatriotes, sans parler de sa prétention d'avoir découvert une économie nouvelle, qui résoud les controverses entre l'économie ancienne et les formes du socialisme qu'il combat.
Sans aucun doute, et pour plus d'une raison, il faut mettre au-dessus des travaux dont nous venons de parler, l'histoire de l'irlandais Ingram, un savant et élégant disciple de Técole d'Auguste Comte, et qui était
déjà connu par son discours contre l'école classique. Si elle est moins riche de renseignements, comparée à l'œuvre de Kautz, sur les auteurs étrangers et les auteurs secondaires, elle fournit cependant (après Roscher, Eisenhart, von Scheel, Meyer, Pecchio et notre Guide) des données suffisantes et exactes sur le développement de l'économie en Allemagne et en Italie, tout en insistant davantage sur les auteurs anglais et même sur les auteurs français, généralement étudiés aux sources. Toutefois, si on peut accepter presque toujours, dans le volume d'Ingram, ses exposés de doctrine, ce n'est qu'avec une grande réserve qu'il faut accepter ses jugements sur des écrivains, même de premier ordre, comme Malthus, Ricardo, Cairnes et quelques autres, qui n'appartiennent pas à l'école historique allemande et à la sociologie, auxquelles l'auteur emprunte ses critères pour juger le passé de la science et pour prévoir l'avenir.
Il n'est pas nécessaire de nous étendre sur le mérite de certains résumés historiques de l'économie, qui ne s'élèvent pas au-dessus de la compilation mécanique et vulgaire. Parmi les auteurs étrangers nous signalerons, parce qu'ils contiennent certains renseignements, d'ailleurs absolument incomplets, sur la littérature de leur propre pays, les manuels des hollandais Molster et De Rooy, du suédois Balchen, et celui, un peu supérieur, du professeur russe Vernadsky.
J. A. Molster. De Geschicdenis der Staathuishoudkunde. Amsterdam, 1851.
E. W. de Rooy, Geschicdenis der Staathuishoudkunde in Europa. Amsterdam, 1851.
Iwan Vernadsky, Résumé historique de l'économie politique (en russe). Saint-Pétersbourg, 1858.
Alex. R. Balchen, Grunddrarjen of den Poliliska Ekonomiens historia. Stockolm, 1869. (Très rapide esquisse).
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On peut tirer un plus LTand profit de certains travaux sur l'histoire spéciale de l'économie politique dans les différents pays et dans les différents temps, et d'un nombre encore plus considérable de monographies, écrites d'après les sources, sur les différentes écoles et sur certains écrivains dignes, pour telle ou telle raison, d'être pris en plus grande considération. Les matériaux ainsi recueillis sont si abondants qu'il est très difficile de s'en rendre maitre, mais ils permettent de résumer mieux qu'on ne l'a fait jusqu'ici les résultats les plus importants et les plus sûrs des recherches historiques particulières.
Ce qu'il nous faut le plus regretter, c'est l'absence d'une histoire de l'économie politique en France avant les physiocrates, et en Angleterre avant Smith. On peut y suppléer, mais en partie seulement, par quelques monographies et notamment par deux volumes, malheureusement écrits en russe, du professeur Janschull sur l'histoire du free tracle, et par un remarquable Essai de Roscher, qui n'a cependant pas connu tous les auteurs, et qui n'a pas toujours pu les consulter de première main. Un élève distingué de Menger, le docteur Etienne Bauer, privât dozent à Vienne, auquel nous devons quelques bons Essais, prépare une histoire de l'économie politique avant Adam Smith, pour laquelle il a déjà, dans ses voyages à Londres et à Paris, recueilli de précieux matériaux.
Pour l'histoire de l'économie politique en Allemagne, il n'y a presque rien à glaner après le travail colossal de Ptoscher. qui est un modèle d'exactitude et pour le fond et pour la forme ; on ne peut faire que cette objection, c'est que l'importance du sujet est très inférieure aux soins infatigables qui ont été dépensés.
Il faut encore citer l'histoire de l'économie politique en Espagne de Colmeiro, et celle des Pays-Bas de Las-
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peyres, qui a été roccasion d'un autre travail plus profond du professeur van Kees, malheureusement resté inachevé par suite de la mort de l'auteur. Colmeiro et van Ress ont étudié avec grand soin le lien qu'il y a entre les théories, les conditions de fait et les institutions. Il faut louer encore les Essais moins développés d'Arnberg pour la Suède, et de Kautz pour la Hongrie, Une histoire des théories économiques aux Etats-Unis, et notamment pour les dernières décades, rendrait de très grands services. Espérons que le jeune savant docteur Furber, de Chicago, pourra bientôt nous la donner; sur les conseils de Menger, il nous a communiqué le manuscrit de la première partie de son travail, qui nous a paru remarquable par sa sobriété et sa clarté.
W. Rosctier, Geschichte der Naiional-Œkonoynik in
Deiitschland. Mïmchen, 1874.
M. Cohneiro, Historia de la cconomia polifica en Ës-
pana. Madrid, 1863. Deux volumes (elle s'arrête
au xviii° siècle). Elle se trouve complétée par
l'ouvrage suivant du même auteur : Biblioteca
de los economistas espanoles de los siglos '16, il
y 18. Madrid 1861. Réimprimé en 1880.
Et. Laspeyres, Geschichte der volkswirthschaftlichen
Anchauungen der N iederlmider, elc. Leipzig, 1863.
(Elle ne contient que le xvu« et le xvin" siècles. 1 0. van liées, Geschicdenis der Staaihuishoudkunde in
Nederland, etc. Utrecht, 1865-68. Deux volumes. J. W. Arnberg, Anteckningar om frihetsUdens poli-
tiska ekonomi . I. Upsala, 1868. (Elle comprend la
période de 1719 à 1772.) Jul. Kautz, Entwickelungs-Geschichie der volkswirih-
schaftlichen Ideen in Ungarn, etc. Budapest, 1876.
(Traduction abrégée de l'œuvre originale, en
hongrois, éditée en 1868.)
L'Italie a eu, grâce au baron P. Custodi, la première collection, incomplète d'ailleurs, de ses économistes,
accompagnée de biographies. Elle doit à Joseph Pecchiô un essai historique sur ces auteurs, qui a été très répandu en Italie, grâce à la prohibition qu'en avait faite la censure autrichienne, et à l'étranger, grâce à une traduction française. C'est alors que naquit et s'accrédita pour longtemps l'opinion de la prééminence absolue (Gioja et Mugnai ou de la prééminence temporaire (Romagnosi) des Italiens en économie. Cette thèse, encore aujourd'hui très répandue, a été attaquée avec vigueur par Ferrara CBiblioteca, delV Economista,, série I, vol. III. Torino, 1852), et après lui, avec autant d'acrimonie, par un anonyme (dans VEconomista. Milano, 1858). Des recherches récentes et l'étude d'ouvrages importants qui avaient échappé au baron Custodi. ont permis de conclure que l'Italie, aux xiii% xv% xvi^ siècles et dans la première moitié du xvii^, a eu des écrivains de premier ordre, notamment en ce qui concerne la monnaie, et que, dans la seconde moitié du xviii% elle a fourni sa contribution à la constitution de la science. La collection de Custodi a servi de base à deux esquisses historiques. La première, de Vernadsky, en russe, et l'autre, plus savante et plus profonde, de l'illustre N. G. Pierson, en hollandais.
Scnttori classici di economia politica. Milano, 1802- 1816. 50 volumes.
Gius. Pecchio, Storia delU economia pubblica in Italia. Lugano, 1829. Plusieurs fois réimprimé ; la dernière réimpression est de 1852, Turin. Traduction française de L. Gallois. Paris, 1830.
Ivan Vernadsky, Recherches hlsiorico-critiques sur les économistes italiens. Moscou, 18i9. (Thèse de doctorat.)
N. G. Pierson, Bijdrage toi de geschicdenis der cconom.ische studien in Italie, etc. Amsterdam, 1866. (Traduction allemande, sans le nom de l'auteur, par un certain Schwarzkopf. Strasbourg, 1872.',
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D'excellentes monographies sur l'histoire de l'économie politique en Italie ont été publiées dans ces vingt dernières années par Ricca-Salerno, Cusumano, Gobbi, Fornari, Morena, Supino, Graziani, Montanari, Balletti, Alberti, etc. Nous faisons des vœux pour que Toniolo, Conigliani, Graziani, Morena et Balletti terminent bientôt d'autres monographies depuis longtemps promises. Albergo a publié, avant l'impulsion donnée à ces études depuis 1870, une bonne étude sur la Sicile. Nous travaillons nous-mêmes à une bibliographie, si possible complète, des économistes italiens jusqu'à 1848 ; mais c'est là un travail ingrat que nous n'espérons guère pouvoir publier.
Giulio Albergo, Sloria delV Economia poliiica in Sicilia. Palermo, 1855.
Notre présent travail n'étant qu'un résumé d'histoire externe des théories économiques, accompagné cependant des indications nécessaires pour des études plus larges et plus approfondies, nous les diviserons, pour faciliter l'exposition, dans les périodes suivantes :
l** La période que nous appelerons fragmentaire, qui comprend l'antiquité, le moyen âge et qui se prolonge, par quelques écrivains, jusqu'au xvii" siècle ;
2° La période que nous appellerons des monographies et des systèmes em,piriques, qui va du xvi* siècle jusqu'à la moitié du xviii'' ;
3" La période des systèmes scientifiques (de Quesnay et de Smith), qui ont des précurseurs jusque dans le xvii®, mais qui se développent et se perfectionnent dans la seconde moitié du siècle suivant et au commencement du nôtre ;
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A" La période critique contemporaine, dans laquelle, du contraste des diverses écoles et de la discussion des bases mêmes de la science, se font jour de multiples tentatives pouréliminerleséquivoques, perfectionner les méthodes, recueillir des matériaux plus nombreux et mieux élaborer les fruits de l'observation, pour rendre plus complètes et plus exactes les conclusions de l'économie rationnelle et formuler avec plus de prudeiice les règles de l'économie appliquée.