‹ Histoire des doctrines économiquesChapitre 37 sur 90 · C. A. Zerbi, Dialogo del banco di S. Ambrosio. Milano · texte numérisé non relu

C. A. Zerbi, Dialogo del banco di S. Ambrosio. Milano

1593. — Del banco di S. Ambrosio, 1597. — JJis-

corso in forma di dialogo iniorno al banco di S.

Ambrosio, 1599 fCfr. Em. Greppi, Il banco di S.

Ambrosio. Milano, 1882).

Mich. Merello, Brève dichiarazione delV instituzione

délia campera di S. Giorgio, etc. Genova, 1607. Bern. Trevisan, Inf'ormazione per il banco del GirOy

écrite après 1680 (Dans la traduction de la

Science dit commerce de J. Sonnleithner, faite en

italien par F. Viganô. 3" édition, Milano, 1863,

pp. 293-299, G. Cavalà Pasini, La scuola in pratica del banco

giro, etc. Venezia, 1741.

Il faut ajouter que V. Lunetti (cité dans le ,§ précédent) fit, en 1630, au gouvernement napolitain la proposition de créer une Tavola délia R. Corte, privilégiée pour le paiement des commerçants, qui devait céder une part de ses bénéfices au fisc (pour éteindre ses dettes), et un Offîciodell' aboyidanza. Il ne faut pas oublier non plus un abbé Norbis (un italien), cité par le professeur Bidermann {Die Wiener Stadt-Bank. Wien, 1859) qui émit l'idée de fonder à Vienne un Bancogiro, qui eut une très courte durée.

La littérature anglaise sur les banques de circulation

e.st plus récente, plus abondante et plus intéressante. Elle commence par une série ininterrompue de projets et de polémiques, qui précédèrent et accompagnèrent la fondation de Téphémère Land-Bank et celle de la Banque d'Angleterre, créée en 1694 par l'écossais Guillaume Pattersonj Con/ere?îce on the public debts, 1695) et dirigée par Michel Godfroy (A short account ofthe Bank of England. 1695), qui prêta à l'État son capital et mit en circulation des billets qui rapportaient d'abord environ 3 pour cent, et qui cessèrent d'être productifs d'intérêt après 1700.

J. R. Mac Culloch, The UUerainre of political economy. London, 1945, pag. 155 et suiv. (Pas toujours exact ni impartial dans ses jugements).

Lord Macaulay, Hisiory of England, vol. IV.

Eug. V. Philippovich, Lie Bank von England. "Wien,

J. E. Tti. Rogers, The firsc nine years of the bank of England. Oxford, 188".

Clî. F. Dunbar, Xotes on earbj banking schemes (in Quarterly Journal of Economies, vol. II. Boston, 1888, pp. 482-490.

Priée (Handbook of London Bankers, pag. 142 et 145) raconte qu'un certain Hagenbuck, qui se disait italien, fit, dès 1584, la proposition de créer une banque publique à l'imitation de celle que l'on voulait fonder à Venise et que, en [Q'2'2. une proposition semblable fut faite par un certain FLobert Heatii. D'autres projets se succédèrent sans interruption dans la seconde moitié duxvii^ siècle et dans la première moitié duxviii"^. Les uns proposaient des banques de dépôt sur le type hollandais, comme Lambe , d'autres, sur le type vénitien, comme Lewis. Pother et Cradocke proposèrent au Parlement anglais, comme plus tard Law au Parlement écossais, l'institution d'une banque territoriale^ qui,

prêtant son capital à l'Etat, ferait ensuite des prêts à la propriété, en se procurant les moyens nécessaires par rémission de billets à vue et au porteur, munis d'une simple garantie hypothécaire. Le plus absurde de ces projets, celui d'Ugo Chamberlain et John Briscoe (1690) aboutit à la Land-Bank .

S. Lambe, Seasonable observations, etc., 165<.>.

M. Lewis, Proposais io increase trade, 1G77. — Proposais io ihe Kinrj, 1678. — A short ntodel of banli, etc.

W. Potier, Key io iceallh, 1651. — Humble i>roposals. 1651. — Tradesrnan's Jeicell, 1661.

F. Cradocke, An expédient to make aicay ail impositions, 1660. — Weallh discovered, 1659.

John Law, Money and trade considered. etc., 1705; traduit par l'auteur, sous le titre de : Considérations sur le numéraire et le commerce, 1720.

Du billet de banque garanti par la propriété foncière imaginé par Law, il est facile de passer au billet inconvertible, expérimenté sous la régence de Philippe d'Orléans. L'histoire critique du système de Law a été faite d'abord par Thiers (1826), qui a été un juge trop bienveillant, puis par Daire (1843), qui a été trop .sévère ; Cochut a fait connaître les anecdotes et les satires de l'époque (1853); Horn (1858) et Alexi (1885) se sont également occupés de cette question. Il faut consulter de préférence :

Em. Levasseur, Recherches historiques sur Le système de Law. Paris, 1854. (Travail très soigné.)

J. Heymann, Law und sein System. Miinchen, 1853. (Examine spécialement les doctrines).

Au système se rattachent un grand nombre d'ouvrages d'auteurs contemporains, adversaires impla-

cables (Paris Duverncy), partisans plus ou moins déclarés (Melon, Dutot), historiens impartiaux, comme Forbonnais (Recherches et considérations sur les finances en France, vol. V, Liège, 1758), sur lesquels il n'est pas utile de donner des indications plus détaillées.

Les Etats modernes, issus des ruines du féodalisme, avaient besoin de revenus toujours plus grands pour subvenir aux dépenses de la nouvelle organisation militaire, politique et administrative, aux dépenses de guerre et au luxe des cours. Les anciens expédients financiers, revenus domaniaux, confiscations, contributions de guerre, ne pouvaient plus suffire, même en y joignant les expédients nouveaux, dons gratuits, régies fiscales, vente des charges, des monopoles industriels et commerciaux, concédés à des individus ou à de grandes compagnies. La transformation de l'ancienne économie, — reposant sur l'échange en nature, caractéristique del'époque féodale, en économie monétaire, conséquence nécessaire de la naissance des manufactures et du commerce et aussi de l'importance toujours croissante de la richesse mobilière des villes, — attirait toujours davantage l'attention des gouvernements, qui commençaient à se persuader que la prospérité de TEtat a son fondement principal dans le bien-être économique du peuple. Il en résulta une série de dispositions législatives qui vinrent confirmer, modifier ou changer les lois de la période précédente ; celles-ci s'inspiraient d'idées indéterminées et contradictoires, ou tendaient à procurer des revenus au fisc ou aux favoris du prince sans se soucier de l'utilité générale.

C'est ainsi que la législation économique de quelques Etats, tout en conservant son caractère empirique, gagne en unité et s'inspire de critères généraux. Ceuxci varient nécessairement avec les conditions des différents pays, suivant qu'ils sont principalement agricoles, qu'ils possèdent déjà ou cherchent à posséder des manufactures, qu'ils cherchent à s'enrichir par la navigation et le commerce, spécialement par le commerce international. Nous ne devons donc pas nous étonner de la coexistence ou de la succession de systèmes absolument opposés, puisque tous aspirent à assurer l'autonomie et quelquefois la prépondérance aux Etats qui les adoptent et qu'ils partent de conceptions absolument différentes suivant qu'ils tendent à favoriser l'agriculture, les manufactures, le commerce dans l'intérêt des classes dominantes, ou qu^ils cherchent à préserver la nation de certains dangers moraux, réels ou supposés, par de rigoureu.ses lois somptuaires, des défenses absolues d'importation des marchandises étrangères, ou qu'ils A'eulent préserver les con.sommateurs des disettes et amener l'abondance de la monnaie. La lutte des différentes classes, représentant des intérêts opposés, et plus tard la louable intention des gouvernements d'assurer le bien-être de la nation en accueillant les demandes légitimes et en repoussant les prétentions injustes sont l'origine des sy.stèmes empiriques de politique économique. Nous trouvons dans les œuvres auxquelles ils ont donné naissance des germes théoriques précieux qui deviennent, dans la période suivante, des éléments plus ou moins importants de systèmes vraiment scientifiques.

Avant de nous occuper des systèmes empiriques, dont les meilleurs représentants sont fournis par un nombre considérable d'écrivains du xvii^ et de la première moitié du xyiii*^ siècle, nous devons mentionner

quelques publicistes, dont quelques uns très anciens, qui ont écrit des ouvrages de politique générale ou de politique économique, où se trouvent résumées la pratique courante et les idées dominantes de leur temps.

Ce sont : au xiv^ siècle, Jean Ser Cambi, historien et politique et, au xv^, un poème anonyme sur la politique anglaise (1436), qui défendent le système protecteur et sont ainsi en opposition nette avec les idées relativement libérales de Diomède Carafa; au xvi'' et au commencement du wïi", Melchior Ossa et Georges Obrecht, dont les œuvres (résumées par Roscher) laissent dans l'ombre celles du plagiaire Gaspard Klock (De contributionibus, 1634 — Deaerario, 1651), auquel Held et, il y a quelques années, Stein ont prodigué des éloges immérités.

Joannes Ser Cambii, Monila Guinisiis {\n Miscellanea de Baluzio. Lucca, 1764, tome IV, pag. 81).

— The Libell of Enylish Policye (1436), édité par R. Pauli. Lipsia, 1878.

Parmi les écrivains politiques qui se sont occupés plus spécialement de questions économiques et financières et en général des questions d'administration, la première place appartient sans conteste à Jean Bodin (1530-1596). Dans le sixième livre de son œuvre principale [De la, République, 1576), développée dans la traduction latine (1584), il tient compte de l'influence du climat et du sol et donne un système complet de politique économique et financière ; il réclame la libre importation des denrées alimentaires et des matières premières, des droits élevés à l'importation des produits étrangers et la défense d'exportation des céréales et des matières premières. Cela ne l'empêche pas d'ailleurs de déclarer que le commerce doit être franc et libre.

H. Baudrillart, Jean Bodin et son temps. Paris, 1853.

La seconde place appartient à Jean Botero (1540- 1G17), qui reproduit les idées économiques de Bodin; il préfère seulement la prohibition aux droits élevés sur les marchandises étrangères. Il est incompétent en matière de monnaie et de crédit, mais il développe et perfectionne dans certaines parties la théorie de limpot, qu'il considère comme la source ordinaire des revenus de l'État [Délia, ragion cli Stato. Roma, 1589).

Parmi les politiques de moindre valeur il nous suffira de citer le jésuite espagnol Mariana [De rege et régis institutlone, 1599), le compilateur érudit, mais indigeste, Grégoire de Toulouse (De RejDubUca, 1597), Celse Mancini de Ravenne, auteur du livre De juribus jjr.inclpatiun (1596), commenté par Rava (1888), Scipion Chiaramonti de Cesena {Delta ragione di Stato, 1635), disciple de Botero, qui a sur le commerce des idées plus larges, et enfin Jacques Bornitz [De nummis, 1608 — De rerum sufficientia in republica, 1625), compilateur d'ouvrages spéciaux sur la politique économique. Tous ces écrivains sont d'ailleurs inférieurs par plus dun point au hollandais Boxhorn qui a écrit des Institutiones politicœ (Amsterdolami, 1643) qui ont été très répandues même en Ualie.

Le poète normand Antoine de Montchrétien, qui a été porté aux nues par Duval et plus encore par Funck- Brentano qui le proclame fondateur de l'économie politique, est un contemporain de Serra, mais il lui est inférieur et pour le fond et pour la forme. Il dédia au roi Louis XIII et à la reine régente Marie de Médicis un Traité, dans lequel il expose sans beaucoup d'ordre ses idées et ses propositions, de caractère restrictif sur les manufactures et le commerce terrestre et maritime, mêlant, comme l'a remarqué impartialement Baudrillart, à beaucoup d'erreurs de doctrine et de fait quelques bonnes observations sur le travail et la concurrence.

Nous ajoutons qu'il faut tenir compte à Montchrétien d'avoir demandé une protection égale pour les manufactures et pour l'agriculture ; on se rappelle le dissentiment qui existait sur ce point entre Henri IV (qui suivait les avis d'Olivier de Serres et de Laffemas) et Sully; le roi introduisait en France la culture du mûrier et l'industrie de la soie, tandis que son austère ministre protégeait exclusivement l'agriculture.

Jules Duval, Mémoire sur Antoine de Montchrétien, elc. Paris, 1868.

Ant. de Montchrétien, Traicté de V Economie ^wUtiqne dédié en 46io au hoy et à la Reyne mère du Roi/, avec une introduction et notes par Th. Funck- Brentano. Paris, 1889.

H. Baudrillart, v" Montchrétien, in Xouoeau Dictionnaire d'Economie politique, vol. Il, Paris, 1891, pp. 325-328.

Page 1