ET L ÉCLECTISME
certains), à percevoir grâce à lin cadastre (établi d'après les déclarations des contribuables) et celle des impôts sur la consommation intérieure (gabelles) et sur la consommation extérieure (droits de douanes). Ce n'est qu'en cas de besoins extraordinaires qu'il admet les contributions volontaires, l'augmentation des dîmes et, dans certaines limites étroites, la capitation. La monographie de Broggia qui, comme on vient de le voir, accepte les théories des mercantilistes, s'occupait aussi (avec peu d'originalité) des monnaies, et faisait partie d'un grand ouvrage qu'il s'était proposé d'écrire sur la science de la vie civile économique.
C. A. Broggia, Dei tributi, délie monete e del fjooerno polilico délia sanità. Napoli, 1743. (Réimprimé dans la Collection de Custodi. Part, antiq., vol. IV.)
Dans un ouvrage postérieur, qui le fit exiler, Broggia proposait à la Commission pour le rachat des fermes (cession de certains impôts aux créanciers de l'Etat) créée en 1751, le rachat de celles-ci au prix courant, inférieur au prix originaire. Cette opération, que nous appellerions aujourd'hui une conversion de rente, proposée quelques années auparavant en Toscane (Pompeo Neri), était combattue par les juristes de la vieille école, favorables aux cessionnaires, qui trouvèrent à Naples un savant défenseur dans l'avocat Charles Tranchi, l'auteur d'un Mémoire qui l'emporte^ pour la forme, sur celui de Broggia.
C. A. Broggia, Memoria ad oggetto di varie politiche ed economiche ragioni, etc. Napoli, 1754.