‹ Histoire des doctrines économiquesChapitre 56 sur 90 · L LA VIE ET LES TRAVAUX DE SMITH · texte numérisé non relu

L LA VIE ET LES TRAVAUX DE SMITH

La meilleure biographie de Smith e.st celle deDugald-

Stewart, Account ofthe life and writiyigs ofAcl. Smith (in Transactions of the R. Society of Edinburgli, vol. III, part. I, 1793, pp. 55-537, Réimprimée et aup:mentée dans le second volume des œuvres de Stewart, éditées par William Hamilton, 1858). On trouve quelques détails complémentaires intéressants dans l'esquisse biographique deJ. R. Mac Culloch, Treatises and Essays, etc. Edinburgh, 1853, pp. 443-462, et aussi dans Em. Léser, Untersuchungen zur Geschichte der Nationalœkonomie. Jena, 1881, pp; 3-46.

Adam Smith est né à Kirkaldy, en Ecosse, le 5 juin 1723. C'est là qu'il fit ses premières études ; il les continua à Glasgow (1737-1740), où il eut pour maitre Hutcheson, et les termina à Oxford (1740-1746). Il apprit les langues classiques et les langues modernes, les sciences mathématiques, naturelles et philosophiques; il se rendit, vers 1748, à Edimbourg; c'est là qu'il fit, sous le patronage de lord Kames, des leçons de rhétorique et de belles-lettres, et qu'il se lia d'amitié avec son célèbre compatriote David Hume. En 1751, il fut nommé professeur de logique; et, cette même année, il obtint la chaire de philosophie morale. Comme ses prédécesseurs, il comprenait dans la philosophie morale la théologie naturelle, l'éthique, la jurisprudence, les institutions politiques, et, dans celles-ci, l'économie })olitique. Sa grande mémoire, ses tendances naturelles, ses relations avec des commerçants experts, la publication des Essais de Hume (1752), de Cantillon (1755), de Harris (1757), et d'autres écrivains anglais et français, et même la réimpression, faite en Ecosse, d'un grand nombre d'ouvrages des meilleurs économistes anglais du xv!!** siècle, contribuèrent à tourner l'attention de Smith vers les problèmes économiques, et en particulier vers ceux du commerce international. Il lut, en effet, dans la Select Society d'Edimbourg, une étude

sur les effets des primes à l'exportation des blés (1754) et, dans un manuscrit de l'année suivante, signalé par Dugald Stewart, il défendit (avant les physiocrates) les principes du libre échange. En 1759, il publia sa théorie des sentiments moraux, qui est un excellent traité de morale, assez faible dans sa partie métaphysique, et fondé sur les principes psychologiques de l'école écossaise, dont Hutcheson fut le chef, et dont Reid et Smith ont été, avec quelques autres, les plus illustres continuateurs.

Ad. Smith, The theory of moral sentimenis . London, 1759. Sixième édition (augmentée) 1790. Deux volumes. Plusieurs traductions françaises: 1764; 1830. (Cfr. J. A. Farrer, Adam S?ni7/i. London, 1881).

Sur la demande, qui lui fut faite, par l'intermédiaire de Charles Townsend, d'accompagner dans son voyage le tout jeune duc de Buccleugh, il quitta sa chaire en 1764, visita la France et la Suisse, s'arrêta quelques mois à Toulouse, et presque une année (1766) à Paris, où il fit la connaissance de beaucoup de philosophes (Diderot, d'Alembert) et d'économistes, notamment de Quesnay et de Turgot, les plus vaillants champions du système, qu'il combattit plus tard en le considérant cependant comme le plus proche de la vérité. Dans les dix années qui suivirent , Smith vécut retiré dans sa patrie, faisant cependant, comme Ta démontré Léser, de fréquents voyages à Londres, tout occupé à rédiger son livre sur la Richesse des Nations, terminé en 1775, et publié dans les premiers mois de 1776.

Ad. Smith, An inquiry into the nature and causes ofthe wealthof nations. London, 1776. Deux volumes in-4; troisième édition augmentée, 1784. Parmi les éditions avec commentaires, citons celles de Playfair (1805), de Buchanam(i8i4), de Wakefield (1835-1839),

et tout particulièrement celle de Mac Gulloch (Edimbourg, 1828, quatre volumes), réimprimée plusieurs fois avec des corrections ultérieures, en 1839, 1850, 1855, 1863, 1870, et celle de Rogers (1869, 1880). Parmi les éditions courantes les plus récentes, il faut signaler celles de J. S. Nicholson (1884 et 1887), accompagnée d'une bonne introduction et de notes bibliographiques.

La Richesse des Nations a été traduite dans les principales langues de l'Europe, par exemple en danois (1779), en espagnol (1794), en hollandais (1796), en russe (1802), en polonais (1812). Parmi les nombreuses traductions françaises, la meilleure est celle de Germain Garnier (1805 ; cinquième édition, 1880); parmi les éditions allemandes, celle de C. W. Asher (1861). On doit préférer à. la première édition italienne (Napoli, 1790), celle qui a été insérée dans la Biblioteca delV EconoinistcL (vol. II, Torino, 1851).

De nombreux extraits ont été publiés ; rappelons ceux de Jérémie Joyce (Cambridge, 1797; 3^ édition, 1821), de W. P. Emerton [An abridgement, etc., Oxford, 1881), et de F. A. B. De Wilson {Analysis of Ad Smith's Wealth of Nations Books 1 and 2. Oxford, 1885).

La renommée acquise par Smith le fît nommer commissaire pour les douanes à Edimbourg, où il se rendit avec sa mère et sa cousine en 1778 ; on lui donna le titre de recteur de l'Université de Glascow (1787). Il mourut le 17 juillet 1790.

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