‹ Histoire des doctrines économiquesChapitre 61 sur 90 · CLASSIQUE · texte numérisé non relu

CLASSIQUE

L'écossais Jean Ramsay Mac Culloch (1789- 15^64)^ est un écrivain érudit mais partois inexact, ingénieux mais quelquefois superficiel ; il est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages économiques et financiers. Il a contribué à vulgariser les doctrines de Smith, de Malthus et de Ricardo par ses abrégés, remarquables par leur clarté, et il a inauguré, par ses travaux biographiques, ses collections d'anciens économistes, et notamment par sa bibliographie, les recherches historiques sur la science économique, qu'avant lui et longtemps ■encore après lui on a complètement négligées ; en Angleterre, son Dictionnaire du commerce [9^ édition en 1880) est un répertoire utile de renseignements techniques et statistiques.

J. R. Mac Culloch, Principles of political economy. Edinburgh, l825.-7« édit., 1885, trad. franc, sur la 4« édit. de A. Planche, 2« édit. 2 vol. — A treatise on the principles and praciical influence of taxation and the fundin g System. Edmlmrgh, 1846. 3* édition, 1863. — The literature of political economy. London, 1845.

Le colonel Robert Torrens (1780-1864) lui est supérieur par sa pénétration et il l'a égalé par son activité. 11 est l'auteur de nombreux ouvrages sur la production

336 l'économie politique

des richesses, sur les salaires et les coalitions, mais il est surtout connu par sa théorie des échanges internationaux et par d'autres opuscules dans lesquels il défend les réformes commerciales, bancaires et financières de Robert Peel.

Rob . Torrens, An essay on the production of wealthy 1821. — On ivages and combinations. 1834. — An essay on the influence of th9 external corn trade. 4-^ édit., 1827 (fort apprécié par Ricardo). — The budget, 1844.

L'archevêque anglican de Dublin, Richard Whately (m. 1863), professeur à Oxford, est l'auteur de bonnes leçons d'introduction à l'économie (1831) ; il a fondé une chaire à Trinity Collège, qui a été honorablement occupée par Longfîeld, par Lawson, et plus tard brillamment par Cairnes, et maintenant par Bastable.

Mais, de tous les économistes anglais qui ont écrit après Ricardo et avant Stuart Mill, la première place appartient sans conteste à Nassau Guillaume Senior (1790-186^.). Il a été professeur à Oxford de 1826 à 1831 , et plus tard en 1847. C'est un économiste sagace, d'une large et solide culture ; il a écrit, dans un style élégant, de bonnes monographies sur la distribution internationale des métaux précieux (1827-1828), sur la population (1828-1829), sur la valeur de la monnaie (1829), sur la mesure des salaires (1830) et sur la législation des fabriques (1837). Il a publié également des leçons propédeutiques (1826 et 1852) et un précis d'économie [An outline of the science of polit ical econoniy, 1836), inséré d'abord dans V Encyclopaedia. Metropoiitana, et réimprimé (6^ édit, 1872) séparément. Nous devons à Senior une analyse ingénieuse du coût de production, dans lequel il fait entrer la rétribution pour la formation du capital, appelée par lui abstinence, qui a soulevé

des objections fondées en grande partie sur une équivoque. Il a fait également des recherches intéressantes sur les relations entre le taux des salaires et celui des profits ; il a été un des premiers en Angleterre à s'occuper de la terminologie économique, qu'il a cherché à rendre plus correcte et plus précise. Senior a, en outre, le mérite d'avoir insisté sur le caractère scientifique de l'économie sociale et sur son caractère de neutralité à l'égard des différents systèmes de politique économique, qu'ils soient inspirés par le principe du « laissez faire » ou par celui de l'ingérence goavernementale.

C'est une grave erreur, répandue notamment en Allemagne, d'identifier l'école classique anglaise avec l'école de l'optimisme, qui est représentée par Carey et par Bastiat, et de la désigner sous le nom d'école de Manchester. Il n'y a qu'un petit nombre d'écrivains de second ordre, comme Banfield {Organisation of iyidustrie 1844, - 2'' édit. 1854) et Rickards {Population and capital, 1854), qui défendent ces opinions on Angleterre. Elles ont été résumées dans le Manuel de Rogers {Manuel of political economy, 1868) ; mais on n'en fait pas même mention dans d'autres traités qui ont cependant une certaine valeur, et que nous citons ci-dessous, bien que quelques-uns soient de date plus récente.

Th. Chalmers, The Christian and civic economy, 1821 . Deux volumes. — On political economy-, i® édit, 1832. Il donne beaucoup d'importance au principe moral ; c'est un pur disciple de Malthus, combattu au contraire par Eisdell (On the industry of nations, 1833). — J. P. Stirling, The philosophy oftrade, 1846, a fait de bonnes observations sur la théorie de la valeur. — W. L. Sargant, The science of social opulence, 1856. Sa méthode présente quelque analogie éloignée avec celle de Thunen. — W. E. Hearn, Plutology, 186i.

338 l'économie politique

Réimprimé en 1889 ; il contient d'intéressants développements sur la production. — John Macdonell, Surveij ofpoliticsLl economy, 1871. — John L. Schadwell, System of political economy, 1877.

Page 1