‹ Histoire des doctrines économiquesChapitre 62 sur 90 · JOHN STUART MILL · texte numérisé non relu

JOHN STUART MILL

Les Principes d'économie politique de cet illustre philosophe, publiciste et économiste, dont les idées ont exercé une influence si notable sur l'opinion des classes cultivées en Angleterre, et en partie aussi sur celle de l'étranger, nous présentent principalement le résumé, l'achèvement et l'exposé le meilleur des doctrines de récole classique dans leur forme la plus exacte ; à un autre point de vue, au contraire, c'est à eux que se rattachent les théories de nombreux adversaires de l'économie, notamment des socialistes, et ils ouvrent la voie aux perfectionnements ultérieurs de l'école critique contemporaine. Pour bien comprendre le caractère, et il faut bien le dire, les contradictions nombreuses de ce livre vraiment singulier, il faut pénétrer dans l'hi.stoire intime de la vie intellectuelle et morale de Mill, qu'il a lui-même racontée avec une admirable sincérité.

John StuarL Mill, Auiobiography. Lonclon,1873. Trad.

franc, par Gazelles, Paris.

W. L. Courtney, Li/e of John Stuart Mill. London,

F. Faure, v° /. S. Mill (in Nouveau Dictionnaire (Céco-

nomie politique. Paris, 1891. Vol. II pp. 273-280). MinLo, J.S. Mill (in Encyclop. Brit. Vol. XVI. 1883;.

SluartMill est né à Londres en 1806. Son père le .soumit à un régime d'instruction très rigoureux, soustrait à tout principe religieux. A quatorze ans il connais.sait admirablement les langues et les littérature.';; classiques.

Après quelques mois passés en France (1820), où il fît la connaissance de Say et de Saint-Simon, il retourna dans sa patrie, étudia la philosophie et le droit, et se lia alors d'amitié avec Bentham, Austin, Grote, Macaulay. Ilobtint en 1823, sous l'autorité immédiate de son père, une place dans l'administration de la compagnie des Indes, qu'il occupa jusqu'en 1858. Il fut député de Westminster (1865), mais il ne fut pas réélu en 1868 à cause de l'indépendance de son caractère et de l'excentricité de quelques unes de ses opinions. Il se retira à Avignon, où il mourut en 1873.

Il se rattacha d'abord à l'école des philosophes radicaux, dirigée par Bentham et représentée par la Westminster Review ; mais, dès 1826, des sentiments plus nobles et plus généreux furent éveillés en lui par les lettres de quelques uns de ses amis (Marmontel, Condorcet, Saint-Simon) et renforcés par l'amitié d'une femme de grand cœur et d'un esprit remarquable (1831), devenue plus tard sa femme (1851), dont il a fortement dépeint les vertus, et à laquelle il a dédié sa belle monographie sur la liberté {On liberty, 1859). Depuis, disciple dissident de Bentham (voir un article de 1838 dans la revue précitée), il apporte d'importantes modifications à la doctrine de l'utilité [Utilitd.risni, 1863) ; il subit plus tard, au moins partiellement, l'influence de Comte {Auguste Comte and positivism, 1865), avec lequel il a été pendant longtemps en correspondance (1841-1846). Il défendit avec beaucoup d'ardeur les réformes agraires de l'Irlande {England and Irland, 1868), la représentation des minorités par le système de Hare {On représentative government, 1861) et les droits politiques des femmes {On the subjection of Women, 1869).

Ses théories économiques sont exposées dans ses •Essais (1844), dans son Système de logique (1813),

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dans ses Principes d'économie politique (1848), dans quelques écrits insérés dans le recueil de ses petits traités (1867-1875) et dans ses fragments posthumes sur le socialisme (1879).

John Stuart Mill, Essays on sonie unsettled question of poliiicaleconomy. London, 1844.-2«édit. 1874. — System of logic 7'aclocinative and inductioe. 1843. Deux volumes. 7» édit., 1875. Trad. franc., par Peisse, sur la 6« édit. (plusieurs éditions). — Principles of poiitical economy, ivith some of iheir applications to social philosophy. London, 1848. 2 vol.- 7« édit., 1871. Trad. franc, par H. Dussaud et Courcelle-Seneuil (plusieurs éditions). — Dissertations and discussions. 2« édit., 1867-1875. Quatre volumes. — Chapfers on socialism- (in Fortnightly Review, 1879). Trad. franc., in Revue philosophique.

Les Essais ont été écrits en 1827 et 1830, mais ils sont re.stés inédits (sauf le dernier) jusqu'en 1844. Ils contiennent presque toutes les contributions vraiment originales de Mill en matière d'économie sociale. Dans le premier, il développe la théorie du commerce international de Ricardo et formule clairement la fameuse doctrine des valeurs internationales, qui est la base la plus solide des argumentations en faveur du libre échange, et qu'il a enrichie plus tard de nombreux exemples, dans son traité, sous l'appellation d'équation de la demande internationale. Dans le second essai, il étudie l'influence de la consommation sur la production, et il cherche à prouver que Vabsenteism est un mal purement local, et que, si un encombrement général et permanent des produits est impossible, un encombrement général et temporaire est possible, mais qu'il dépend du manque de confiance et non d'un excès de production. Dans le troisième, il argumente sur l'emploi

des mots productif et improductif, soit au point de vue du travail, soit au point de vue de la consommation. Dans le quatrième, consacré au profit et à l'intérêt, Mill défend et explique la théorie de Ricardo sur les rapports entre les salaires et les profits, et il démontre que ceux-ci dépendent du coût du travail, et que, par conséquent, une amélioration dans la production des objets consommés par les ouvriers fait augmenter leur salaire réel, sans c;ependant diminuer les profits des entrepreneurs. Le cinquième et dernier essai donne quelques règles de méthodologie économique, qu'il a développées plus complètement et avec plus de maturité dans le sixième livre du Système de logique. Dans cette œuvre, il admet, avec Comte, une sociologie générale, science concrète et nécessairement inductive, et il soutient, d'un façon non moins explicite, la nécessité d'une science économique séparée quoique non indépendante, qu'il distingue magistralement de l'art. Il insiste sur son caractère abstrait et hypothétique, qui nécessite, par conséquent, non pas une soi-disant méthode métaphysique et intuitive qu'il repousse, mais la méthode de la déduction, qu'appliquent également les sciences physiques les plus avancées ; celles-ci ont aussi à leurs secours l'aide précieuse de l'observation expérimentale, qui est, dans sa signification rigoureuse, presque complètement inaccessible aux sciences sociales. C'est là, comme on l'a vu dans la première partie, la théorie delà méthode qui, grâce aux excellents commentaires de Cairnes et aux récentes rectifications de Menger et de Keynes, constitue la base la plus sûre de l'économie moderne.

Mill s'est proposé dans ses Principes d'économie politique., qui ont été considérés sans conteste pendant longtemps, et à certains points de vue de nos jours encore, comme le meilleur traité anglais sur la matière,

d'exposer avec une ampleur suffisante les doctrines de l'économie politique, telle qu'elle a été constituée par Ad. Smith et complétée par Malthus et par Ricardo, €n tenant compte des progrès partiels ultérieurs dus à Wakefîeld, à Babbage, à Rae, à Ghalmers, etc. ; de joindre aux résultats de la science pure leurs applications les plus importantes, et de substituer ainsi, en utilisant les travaux de Jones, de Laing, de Thornton, aux digressions, parfois trop longues et vieillies de Smith, des considérations conformes àl'étatactuel de la science et de la pratique, et pouvant fournir en même temps un exemple de l'emploi correct de la méthode qu'il avait proposée. Ce but, Mill l'a pleinement atteint, parce que son livre, malgré de nombreux défauts, est devenu, grâce aussi à ses mérites particuliers d'exposition claire, ordonnée et attrayante, la source principale à laquelle ont puisé les économi.stes contemporains, dont beaucoup ne se sont plus occupés des œuvres des grands maîtres, et en particulier de celles de Ricardo et ds Malthus, parce que leurs principes étaient exposés avec plus de précision par Mill, qui s'est préoccupé d'en rendre l'intelligence plus facile.

Il faut notamment prendre en considération, dans les Principes de Mill, son analyse de l'influence du progrès sur la population, sur les prix et sur la distribution, ses observations sur la tendance des profits à un minimum, sur l'état stationnaire, et l'antithèse qu'il établit entre le caractère physique des lois scientifiques de la production et le caractère social de celles de la distribution, sa meilleure contribution, selon lui, à l'économie politique. La critique moderne pense, au contraire, que son mérite principal consiste dans l'exposition lumineuse qu'il a faite de la théorie de la valeur et de celle de la distribution, et dans la correction de quelques unes des erreurs de Ricardo, bien que ces corrections

restent loin de la perfection qu'il croyait avoir atteinte. Il s'est occupé, en effet, de la valeur courante et de la, valeur normale, mais plutôt de celle-ci que de celle-là, sans rechercher d'une manière approfondie leur influence réciproque. Dans son étude de la valeur normale, il a considéré, comme Ricardo, le phénomène par rapport au vendeur, et il a un peu trop insisté sur le coût de production ; il y a plus d'une ambiguïté, comme l'a relevé Cairnes, dans sa détermination de ce coût. Il a bien indiqué que la demande, représentée par l'utilité, influe sur l'offre et par conséquent indirectement sur le coût, mais il n'a pas su mesurer l'intensité de cette influence, parce qu'il se réfère au concept vague de Tutilité totale du produit (valeur d'usage) et, non au concept précis de l'utilité fmale(ou marginale)en fonction d'une quantité déterminée ; il a négligé la notion de valeur normale considérée au point de vue de l'acheteur, qui, dans certains cas, modifie, et, dans d'autres, exprime la valeur normale effective. Il a développé d'une façon remarquable la théorie des valeurs internationales, mais il ne s'est pas aperçu, que celle-ci n'est pas complètement séparée ni différente de celle des valeurs nationales, mais qu'elle a avec elle de nombreux points de contact, tandis que quelques unes des différences apparentes dépendent de l'explication incomplète et inexacte qu'il a donnée de la valeur en général. Enfin, Stuart Mill ne s'est pas préoccupé d'appliquer la théorie de la valeur, qu'il considère cependant comme fondamentale, à l'explication des lois de la distribution, soit parce que, par erreur de système, il en parle (livre 2) avant l'échange {livre 3), soit parce qu'il a été trop préoccupé de la différence qu'il y a entre le caractère social de la distribution (c'est-à-dire de l'échange des produits contre des services productifs) et le caractère pour ainsi. dire

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mécanique de la circulation (c'est-à-dire de l'échange des produits contre d'autres produits).

Les phases de la vie intellectuelle et morale de Mill nous expliquent les nombreuses contradictions qu'il y a entre les différentes parties de son œuvre capitale, c'est-à-dire ses plus grands défauts. Nous voulons parler des contradictions réelles, et non des contradictions imaginées par quelques critiques, qui lui ont attribué des incohérences de méthode dont il n'y a pas trace dans ses ouvrages, ou des discordances entre les doctrines qu'il enseigne dans le domaine de la science et les critères dont il fait usage dans les applications, nécessairement changeants avec les variations de temps et de lieux et les conditions sociales.

Plus encore que l'influence des idées philanthropiques, qui lui lont, dans les éditions ultérieures de ses PrincApes et notamment dans la troisième, faire des prévisions toujours plus favorables à l'avenir de la classe ouvrière, et avouer qu'il croit à la possibilité d'une réalisation éloignée du socialisme, influence qui atteint son apogée dans les Chapitres posthumes consacrés à ce sujet; plus que sa proposition de restreindre le droit de succession en ligne collatérale; plus que ses sympathies pour les impôts sur les transferts de propriété à titre onéreux, qui dans les dernières années de sa vie aboutissent au fameux projet de confiscation de la rente future des terres, on doit passer sous silence, au point de vue scientifique, comme contradictoires entre elles, la combinaison des aspirations socialistes et de l'adhésion aux théories de Malthus ; il va même jusqu'à proposer des restrictions légales au mariage. Sa sympathie pour l'état stationnaire, qui est un principe de décadence, est en contradiction avec sa foi inébranlable au progrès indéfini ; il y a contradiction aussi entre la glorification du système des petites propriétés paysannes,

qu'il admire avec Laing, et spécialement avec Thornton {A plea for peasantprojjrietors, [8^8,-2" édit. 1874), et l'apologie de la grande propriété collective dont Mill se fît le promoteur, après 1870, comme président de la Land tenure refovin association [Dissertations and discussions, vol. IV, 1875. Papers on land tenure) ; il y a contradiction enfin entre les idéals du véritable socialisme, ennemi de toute concurrence, et l'apologie des sociétés coopératives de production, qui ne font que substituer la concurrence des entreprises collectives d'ouvriers à la concurrence des entreprises individuelles.

A la gloire de Stuart Mill se rattache la renommée moindre d'Henri Fawcett( 1833- 1884), qui a été professeur à Cambridge, membre très actif de la Chambre des Communes, où il soutint avec beaucoup de chaleur la réforme financière des Indes et la cause de la coopération, sans demander cependant une ingérence excessive de l'Etat, et qui devint, en 1880, Postmaster-general. En dehors des recueils d'un grand nombre de ses articles et de ses discours, on peut citer ses monographies remarquables, bien que peu originales, sur la condition des ouvriers et sur le libre échange, et enfin son résumé des Principes de Mill, enrichi de renseignements exacts et de développements intéressants sur les questions d'application, en particulier sur l'esclavage, sur les impôts locaux, sur les découvertes des nouvelles mines' d'or, sur les lois des pauvres, sur l'expropriation des terres, sur les « trades-unions » , sur les sociétés coopératives, etc., etc.

H. Fawcett, The économie position of the bristish labourer. London, 1865. — Pauperism, 1871. — Free trade and protection^ 1878. - 6« édit., 1885. — Matinal of political economy, 1863. - 6" édit. 1883. — Essays and lectures on social and political subjects,

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1872. (Cfr. Leslie Slephen, TJfe <>f H. Fain-etl, 1885).

L'économie politique a fait également des progrès en Angleterre grâce à de nombreux travaux qui se sont proposé d'apprécier certains phénomènes, d'en rechercher les causes, d'en prévoir les conséquences, de défendre ou de combattre l'introduction ou l'abolition de lois et d'institutions nouvelles. C'est ainsi, par exemple, que la réforme du système de production, due principalement à l'introduction des machines, provoqua des travaux, les uns descriptifs, les autres théoriques, comme celui du mathématicien Charles Babbage (On the econoray of machinery and manufactures, 1832J qui complètent l'analyse de Smith sur les avantages de la division du travail, ou des écrits techniques apologétiques, comme celui de Ure [Philosojyhy of manufactures, 1835. Trad. franc., Paris, 2 vol.. 1836), ou critico-philanthropiques comme ceux de Gaskell {Artisans and machinery, 1836), deKay [Social condition of the people, 1852.) et de Morrison {An essay on the relations betxveen labour and capital. 1854). La question coloniale fut, elle aussi, l'objet de nombreuses études ; il faut citer notamment les leçons de H. Merivale {Lectures on colonisation, 1841-42), et les projets hardis de E. G. Wakefield (England and America, 1843. — A view of the art colonisation, \^\^). Sir James Caird {English agriculture. 2® édit, 1852. — The landest interest. 4' édit. 1880) a écrit avec une grande compétence sur l'économie agraire ; sur les lois agraires récentes, il faut signaler particulièrement les monographies de Brodrick {English land and english landlords, 1881), de Schaw-Lefevre {Freedom of land,

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1881. — Agrarîan tenures, 1893), de Kay {Fr(3e-trade in land. 9" édit. 1885) et de R. M. Garnier [History of the english landed interest, 1893. 2 volumes). L'apologie du libre échange a été faite par Dunckley {The charter of nations, 1854) et par Farrer {Free-trade versus fair trade, 1885) ; il a été vivement combattu par Byles {Sophisms of free-trade) et par Alison (Freetrade and protection , 1842).

La question monétaire a été étudiée par un groupe de bons écrivains : Lord Liverpool (A treatise on the coins of the reahn. Oxford, 1805, réimprimé en 1880), W. Stanley Jevons {Money and the mecanlsm of exchange. 1875. 4« édit. 1878. Trad. franc.. Paris, 1876), J. Sh. Nicholson {A treatise on money. Edinburgh, 1888), les deux premiers partisans du monométallisme, le dernier du bimétallisme, qui a trouvé récemment de nouveaux apologistes dans Seyd, Barbour, Hucks-Gibbs, etc. Plus nombreuses et, dans l'ensemble, plus importantes sont les monographies sur la question des banques; elle a été traitée largement dans- la classique Histoire des prix de Thomas Tooke, continuée par Guillaume Newmarch (A history of priées and the state of circulation from 1192-1856. London, 1838-57. Six volumes. Bonne traduction allemande, un peu abrégée, par .G. W. Asher, Dresde, 1858-59. Deux volumes) et dans l'ouvrage ingénieux, mais souvent paradoxal, de H. D. Macleod [The theory and practice of banking . 5^ édit. 1892. Deux volumes) ;, elle «, été récemment résumée par Courtey dans l'article Banking de la 9^ édition de V Encyclopaedia Britannica. Sur les questions pratiques, méritent d'être signalés les ouvrages de Gilbart, de Crump, d'Hankey The principles of hank,ing. \8Q7) et celui de R.-H. - Inglis Palgrave {Bankrate in England, France and. Germany. 1844-78. London, 1880), en grande partie',

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statistique. Mais l'œuvre qui présente le plus grand intérêt théorique est celle de Gosohen {The theory of foreign exchanges. 1861. 14" édit. 1890. Trad. franc, par L. Say, Paris, 4« édit., 1896, sur la théorie des paiements internationaux, et l'ouvrage élégant de Bagehot (Lombard-Street, a description of the w.oney markot, 1873. - 7*^ édit. 1878. Trad. franc. Paris, 187^i), qui contient un résumé très clair du système bancaire de la Grande-Bretagne. Ont enfin une non moindre importance les ouvrages de polémique, par lesquels les partisans du currency pnnciple, rattaché aux théories monétaires de Ricardo, ont préparé et soutenu la nouvelle législation bancaire de Robert Peel, Les partisans du banking principle , qui professaient des idées plus libérales sur l'émission des billets, qu'ils considéraient comme essentiellement identiques aux autres titres fiduciaires (lettres de changes, chèques, etc.), tandis que leurs adversaires les assimilaient à la monnaie métallique, ont violemment combattu cette législation. Le chef de la première école, à laquelle appartiennent Torrens et Mac CuUoch, fut le fameux banquier S. Jones Loyd (plus tard Lord Overstone), auteur de nombreux travaux réunis sous le titre de : Tracts and otiier publications on metallic and paper currency, 1858. Le chef de la seconde fut Tooke, qui groupe autour de lui Stuart Mill, Jacques Wilson, gendre de Bagchotet son prédécesseur à la direction de VEcononiist [Capital currency and banking, 1847), et notamment le très pénétrant John Fullarton [On the régulation of currency, 1844. - 2* édit. 1845).

Les réformes financières proposées , effectuées ou combattues, ont été discutées longuement dans des ouvrages de circonstance, dont quelques-uns sont remarquables même au point de vue scientifique. Je citerai, parmi les plus anciens, ceux de Sir John Sinclair [His-

tory of the public revenue. 3" édit. 1803-4. Trois vol.), de Robert Hamilton {Tfie rise and progress, the rédemption, etc. of the national debt. 3^ édit. 1818), de Sir Henri Parnell (On financial reform. 4® édit. 188-2); les ouvrages historiques de Taylcr [History of taxation of En gland, 1853), d'Hubert HaW {History of the eustom revenue, 1885), et l'œuvre grandiose de Stephan Dowell (.4 history of taxation in England, 1884-85. Quatre vol. '2* édit. 1888) ; les ouvrages sur les impôts, de Sayer (On the income tax, 1831), et de Buchanan [înquiry into the taxation, 1844) ; les ouvragesplus récents de Baxter [Taxation on the United Klngdom, 1869), de Noble [The Queen taxes, 1870), de Morton Pelo, de Giffen [Essay on finances. 2'' édit. 1880), de Wilson [The national budget, 1882) ; ceux dePalgrave(1871), Goschen (J872) et de Probyn (1875. 2' édit. 1885) sur les impôts locaux; le recueil des exposés financiers de Gladstone [Financial stateinents, 1 863-70. Trois vol.) et les belles monographies sur la dette publique de Newmarch [On the loans raised by M. Pltt, 1855), de Capps [The national debt financially consldered, 1859) et de Baxter {National debts, 1871).

Il nous faudrait encore mentionner, si la place ne nous manquait, les publications les plus importa'ntes sur la question ouvrière en général et en particulier sur les trades unions, notamment l'ouvrage deHowell (The confticts of capital and labour. 2^ édit. 1890), les travaux sur les sliding scales des salaires, dont se sont occupés spécialement Munro etPnce{Industrial peace, 1887), sur l'arbitrage, de Cromnton [Indus trial conciliation, 1876), et sur les institutions de prévoyance et les coopératives. Il suffira de dire que les salaires en général et les conditions réelles des ouvriers ont été étudiés à plusieurs reprises par Rogers, Brassey, Giffen, etc.; que les caisses d'épargne et les sociétés de se-

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cours mutuels l'ont été par des spécialistes compétents, Ansell (18351, Neison (1845), Tidd Pratt (1830 et suiv.), Scratchley (1849 et suiv.), Lewins (1866); les sociétés coopératives de consommation, par Holyoake (The history of coopération in England, 1875-79. Deux vol.), les sociétés coopératives rurales, par Pare (1860), et Stubbs (1884); les coopératives de construction, par Jones (1803;) les caisses ouvrières en général, par Hole [The homes of the worhing classes, 1866) ; la participation aux bénéflces, par Taylor [Profit sharing, 1884), et dernièrement par Lowry Whittle, et par Rawson {Profit Sharing précédents, 1891); la rémunération du travail en général, par Schloss {Methods of industrial remunerati.on, 1892).

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