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CHAPITRE XV L'ÉCONOMIE POLITIQUE EN ITALIE

L'importance relativement moindre des économistes italiens de ce siècle, si on les compare à ceux du siècle passé, s'explique suffisamment par les grandes difficultés contre lesquelles ils durent lutter, particulièrement pendant la domination et la prédominance de l'élément étranger. Ils eurent contre eux la défiance des gouvernements, les restrictions à la liberté de la presse, le nombre infime des chaires, le peu de liberté des professeurs, la difficulté des communicalions entre les différentes parties de l'Italie, et entre l'Italie et les autres nations. Les progrès faits pendant ces vingt dernières années, c'est-à-dire après que l'unité et l'indépendance nationales ont été conquises, nous en donnent une preuve consolante.

L. Cossa, Sagrjio di Bibliografia dei trattati e compendii di economia pollilca scrilti da italiani (in Giornale degli Economisti. Septembre 1891 et janvier 1892).

§ 1. — DE 1800 à 1814.

Quoiqu'à l'époque de la domination française le vent ne fût pas propice aux idéologues, il y eut toutefois de bons professeurs, comme Valeriani à Bologne, Cagnazzi à Naples, Balsamo à Palerme et Scuderi à

Catane, et de courageux propagandistes des idées libérales, tels que ce même Balsamo et Fabbroni, et aussi un érudit et patient commentateur de nos anciens économistes, le baron Pierre Custodi (17.72-1842), auquel nous devons la collection que nous avons souvent citée.

Tandis que Raccbetti, de Crémone (1802), et dans leurs œuvres sur le droit public Martignoni, de Côme (1805!, Simoni, de Trente (1807) et notamment le vénitien Angelo Ridolfi Dirltto sociale, 1808), s'occupaient incidemment d'économie, Luca de Samuele Cagnazzi de Altamura (1764-1852), publiait ses Elementi di economla politica (1813), dans lesquels il expose sans aucune originalité-, mais avec ordre et clarté, les théories de Smith et de Say, faisant oublie/ les essais antérieurs, trop courts, de iTamassia 1802), de Milizia ^1803', de Serafini (1811), où trop exclusivement pratiques de Azzariti (1806), ou peu propres à l'enseignement, comme le volume de Predaval 1807.

A cette période appartiennent Jean Fabbroni (1752- 1822), défenseur zélé des réformes de Léopold et spécialement du libre commerce des blés, dont il a parlé dans plusieurs articles de polémique et plus amplement dans son livre classique Dei provvedimenti annonarii. 1804 (2e édition, 1817). Gioja Sul commercio dei comestibili e il caro prezzo dei vitto. Milano, 1802 , Scarpelli, Palmeri-Salazar(1813^ et plus encore l'illustre Victor Fossombroni, se sont montrés favorables à la liberté du commerce des blés.

Le vénérable patriote, éminent agronome (élève d'Arthur Young), l'abbé Paul Balsamo (1764-1816), qui succéda au mercantiliste Sergio (1806) dans la chaire d'économie, a propagé en Sicile les doctrines de Smith et s'est fait le promoteur de réformes tendant à protéger l'agriculture contre les charges féodales.

Raccolta degli economisti toscani. Firenze, 1847-49.

Quatre volumes (Comprend les œuvres de Fab-

broni et celles de Gianni).

P. Balsamo, Memorie economiche ed agrarie. Pa-

lermo, 1803. — Memorie inédite di pubblica econo-

mia, 1845. Deu.x volumes.

Le.s études économiques ont été poursuivies : en Piémont, par Prosper Balbo et Galeani Napione ; en Lombardie, par Jean-Baptiste Giovio, de Côme [Opuscoli, 1804), par Nuytz (1802) et Martinelli (1808), qui ont écrit sur la monnaie, par De Carli, qui proposa la fondation d'une banque d'escompte pour le commerce de la soie (1813); dans l'Italie centrale, par le comte Mario Fantuzzi, de Ravenne (3/e?72orte, 1804), par le protectionniste Colizzi-Miselli [Sulla lana greggia,, 1802) et parN. M. Nicolai {Sulla campagna et sulVannona di Roma, 1803) ; dans les provinces méridionales, par Targioni, d'origine to.scane (1802), qui, ainsi que Marulli (1804) et De Mattia (1805), s'est occupé de l'assistance, et sans parler d'autres écrivains (cités dans la Storia de G. Albergo), par le silicien Antonin Délia Rovere, auteur des excellents Memorie sulla moneta bassa di Sicilia (Palermo, 1814).

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