DE 1815 A
L'enseignement de l'économie politique donné d'ordinaire par des professeurs protectionnistes (Païenne et Catane), remplacé par un cours de « sciences et lois politiques » (Pavie et Padoue, 1817), suspendu à Naples (1820-1825) et définitivement supprimé à Parme (1820), à Turin (1821) et à Bologne (1828), renaît partiellement dans les revues, c'est-à-dire dans la Biblioteca italiana (1816-1840), dans le Conciliatore (1818-1819), dans le
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Giornale Arcadlco {] S [9- \S10), dans VAntologia (1821- 1832), dans le Giornale di Scienze, Lettere ed Arti pour la Sicile (1823-18421 et dans les Annali Universali di Statistica (1824-1871), fondées à Milan par Custodi, Gioja et Romagnosi et continuées par Sacchi.
Se succèdent ensuite, avec des succès divers, les traités d'économie de Ressi (1817-1820), d'Agazzini '1822 et 1827), le traité quelque peu meilleur de Charles Bosellini, de Modène {Nuovo esame délie sorgenti délia privatae dalla pubblica ricchezza, 1816-17, deux volumes), le résumé scolaire de Sanfîlippo, de Palerme [IstitiLzioni, 1824), qui marche sur les traces de Say, et celui du professeur Scuderi, de Catane, plus ample, plus réfléchi et adapté aux besoins de la Sicile (Prin' cipii di civile economia, 1827. Trois vol.). La renommée de ces écrivains a été éclipsée par celle qu'eurent à leur époque Valeriani et Gioja.
Luigi Molinari Valeriani, d'Imola (1758- 1828), philologue, philosophe, jurisconsulte, fut un profes.-eur actif et un écrivain érudit, mais prolixe et obscur, qui s'est occupé spécialement des rapports de l'économie et du droit; il a étudié avec beaucoup de soin les théories de la valeur, du prix, du change, de la justice distributive, etc.
Del prezzo, etc., 1806. — Discorsi, 1807. — Dei cambi^ 1823. — Opereilc, 1824. — Erotemi, 1825-28. - (Cfr. A. Cavazzoni-Pederzini, Iniorno la viia, le opère e le dottrine di L. M. Valeriani. Modena, 1859).
Melchior Gioja, de Plaisance (1767-1829), fut une espèce de dictateur ne supportant aucune objection ; il a cultivé avec succès la stati.stique ; on lui doit un Nuovo prospetto délie Scienze econoiniche (Série I, Teo?'ie, Milano, 1815-17. Vol. I-VI), dans lequel il voulait
résumer tout ce qu'on avait écrit et pensé en matière d'économie, de finance et d'administration, et substituer une grande encyclopédie systématique à la collection de Custodi, qu'il avait souvent critiquée. Travailleur ardent, très érudit, puissant analyste, mais pointilleux et immodéré dans la critique, Gioja, auquel nous sommes redevables de nombreuses observations très ingénieuses, par exemple, dans la théorie de l'association des travaux, est insupportable par le pédantisme de ses tableaux statistiques et sa manie de rechercher des contradictions, maintes fois imaginaires, dans les œuvres de Smith, de Say et d'autres maîtres de la science, qu'il combat trop souvent pour rendre hommage à sa thèse favorite de la priorité des économistes italiens. Gioja est un partisan exagéré de l'ingérence gouvernementale, à laquelle il a consacré une monographie {Discorso popolare sulle manifatture nazionale e tariffe daziarie, 1819).
François Fuoco, deNaples, quoique doué d'une grande aptitude pour les recherches économiques, est moins célèbre ; il a vécu dans l'exil pendant de longues années ; il est l'auteur d'une œuvre plutôt excentrique {La magia ciel credito snelata, Napoli, 1824. Deux vol.), écrite pour défendre les projets financiers du ministre Medici, et dont il laissa (pressé par le besoin d'argent) Joseph De Welz, de Côme, se déclarer l'auteur. Ses Saggi economici ont une bien plus grande valeur; il discute, dans cet ouvrage, avec beaucoup de finesse la théorie de la méthode, celle de la valeur et les systèmes industriels et bancaires ; il accorde une attention particulière à la théorie de la rente de Ricardo, dont, le premier en Italie, il reconnaît l'importance, tandis que Scuderi {Giornale di Scienze e Lettere di Palermo) et un anonyme (Biblioteca Itallana, 1824), précurseurs deCarey et de Bastiat, en niaient la valeur. Les Saggi de Fuoco
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passèrent presque inaperçus jusqu'à ce que Scialoja (1840) et Mohl (1844) en firent l'éloge; on ne tint pas. davantage compte des deux excellentes études qu'il publia postérieurement.
Franc. Fuoco, Saggi cconomici. Prima série. Pisa, 1825-27. Deux volumes. — Iniroduzione alla, studio deir economia industriaU . Napoli, 1829. — Le hanche e Vindustria, 1834.
Sans parler de quelques ouvrages sur le cadastre et sur les machines (1823-1824), on peut citer dans cette période les travaux de jeunesse de Bianchini sur l'influence de l'administration (1828) et sur les délits qui portent préjudice à l'industrie (1830), loués par Romagnosi, qui écrivit, en 1829, un essai magistral sur la libre concurrence. Ce sont cependant les discussions sur Tagriculture et la question annonaire qui occupent la première place. Gautieri s'occupe des forêts (18J8),. Chiarini étudie l'économie des immeubles (1822), Dandolo (1820) et Berra (1825) recherchent les causes de la baisse des céréales, tandis que François Gambini, d'Asti, [Délie leggi frumentarie in Italia, 1819) défend la liberté absolue, qui trouve des défenseurs ardents même dans VAccademia clei Georgofili, où Capponi, Ricci, Ridolfî, etc., répondent aux objections de Paolini et des autres partisans des droits à Timportation (1824). La liberté économique, en général, est défendue en Sicile contre les protectionnistes Calvi (1825) et Viola (1828), par un éminent élève de Balsamo, Nicolas Palmeri dans son Saggio délie cause e délie angustie attuali delV economia agraria délia Sicilia (Palermo, 1826).
§3. —DE 1831 A 1848 Après la mort de Gioja, la fondation de VIstituto-
d'incoraggiamento di Palermo M 831), la conversion de Sanfilippo au libre échange, la création du Progressa de Naples (1832-1846), où écrivent Bianchini, Blanch, Mêle, De Aui^ustinis, Mancini, et l'influence toujours croissante de Romagnosi, devenu l'âme des Annali di Statistica et l'inspirateur de jeunes écrivains de talent (Cantù, Correnti, Marzucchi, Blanchi, iSacchi), les idées libérales se propagent de plus en plus et, avec elles, les caisses d'épargne, les asiles pour l'enfance et d'autres institutions de bienfaisance, sur lesquelles on discute aussi dans les neuf Congressi degli scienziati (1839-1847). Quelques émigrés comme Marliani en Espagne, Chitti et Arrivabene en Belgique, font par leurs travaux respecter les malheurs de l'Italie. Nous devons à Arrivabene la traduction des traités de Mill 1830) et de Senior (1836), publiée en Suisse et commentée.à Milan par Poli; il fit ainsi mieux connaître en Italie les théories de Malthus et de Ricardo, popularisées plus tard par Pellegrino Rossi et fort appréciées dans les classiques Principil d'economia, sociale (Naples, 1840. - Deuxième édition, 1846. Trad. française, 1844) de Antonio Scialoja. Appelé à la chaire d'économie rétablie à Turin en 1846, il écrivit un Trattato elementaro (1848) qui obtint un succès qui fut refusé, au contraire, aux excellents travaux dans lesquels Francesco Corbani, professeur à Sienne (de 1842 à 1859) démontre l'importance économique de l'élément religieux, comme l'a fait récemment le R. P. Matteo Liberatore [Principii d'economia politica. Roma, 1889).
Cfr. Carlo de Cesarg, La vita, i tempi e h' operti di A. Scialoja. Rome, 1879.
Jean Dominique Romagnosi (1761-1835), écrivain célèbre en matière de droit public, de droit privé et de
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statistique, s'occupa toujours, mais avec plus de suite dans les dernières et malheureuses années de son existence, des questions économiques ; il a écrit d'importants mémoires sur des questions d'ordre général : la définition, la dignité, la coordination de l'économie politique, ses relations avec les autres sciences civiles et en particulier avec le droit, le caractère, les avantages, les limites de la liberté économique (^agricole, industrielle, commerciale); il a commis de graves erreurs dans la théorie de la population, qu'il n'avait pas approfondie.
Voyez la bonne monographie de G. Valenli, Le idée economiche di Gian Domenico Roniagnosi. Rom a,
Très inférieur à Romagnosi pour ses connaissances juridiques et économiques, Carlo Cattaneo, de AÎilan, le surpasse de beaucoup par la puissance et la vivacité de son style. Il a étudié avec beaucoup de savoir certaines questions d'économie appliquée. Il a fait l'apologie des institutions agraires de la Lombardie et, fidèle aux principes du maitre. il a combattu dans ses interdizioni israelltiche, dans les Annali di Statistica. et dans le Politecnico, qu'il a très habilement dirigé, les sophismes spécieux de Frédéric List.
C. Cattaneo, Scritli di economia puhblica'\o\. I et II. Genova, 1887-1888.
La défense de l'exportation de la soie grège hors du Piémont, déjà attaquée par Gambini (1820) et Lencisa (1831), provoque une chaleureuse réfutation du jurisconsulte de Novare, Jacques Giovanetti (1834), adversaire également des impôts annonaires (1833). Le piémontais Michelini et Meguscher, de Trente (1836),
ont écrit sur les forêts, Gastaldi (1840] sur le commerce et les banques, Eandi (1844) sur les caisses d'épargne, llestelli (1845) sur les associations industrielles et commerciales, De Rocchi (1846) sur les machines. Morichini(1835), Magenta (1838, Zennari, Bernardi (1845), et Casarini (1846), se sont occupés de l'assistance, et avec plus de science, le comte C. llarione Petitti, de Roreto (1790-1850), auteur du Saggio ciel biion governo délia, mendicità (Torino, 1837. 2 volumes^ qui peut soutenir la comparaison avec la grande œuvre de Gérando, qui en a fait de grands éloges. Nous devons à Petitti d'autres travaux sur le travail des enfants (1841). sur les associations douanières (1844), sur les chemins de fer italiens (1845), sur la réforme des impôts (1850) et une œuvre posthume sur le jeu du « lotto » (1853).
Ludovic Bianchini, auteur des Principii del credilo pit66h'co(1827, -2^édit., 1838) défend les emprunts amortissables ; il s'est surtout fait connaitre par ses compilations historiques sur les finances de Naples (1834- 1836) et de Sicile (1841). Les controverses économicofiscales sur les ports francs, sur le « tavoliere di Puglia », sur la conversion de la rente etc., ont provoqué une multitude d'articles de polémique de Bianchini, de Ceva-Grimaldi, du duc de Ventignano, etc., de Ferdinand Lucchesi-Palli et de Jacques Savarese, auteur d'un traité d'économie qui est resté inachevé (1848).
Le sicilien François Ferrara (né en 1810), directeur du Giornale di Statistica (1836-1848), où il eut comme collaborateurs : Emerico Amari, Vito d'Ondes Reggio, François Perez et Raphaël Busacca, auteur de bonnes études sur le cours forcé (Firenze, 1870), a écrit difïérentes œuvres statistiques, historico-critiques et théoriques ; il défend énergiquement la liberté commerciale ;
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il a fait, à propos delà polémique sur le cabotage entre Xaples et la Sicile (1837), l'apologie de la doctrine de Malthus (1841) ; il soutient que les Grecs n'eurent pas une véritable science économique (18'i6) ; il donna, déjà dans ses premiers travaux, des preuves certaines de la puissance de son intelligence et de la vivacité de son style.
Franc. Ferrara, Memorie di slaii.slica. Rome, 1890.
L'économie politique moderne a pénétré en Italie dans une première période; dans une deuxième période elle a été ob.scurcie par les doctrines restrictives de Gioja ; de nouveau libérale dans la troisième, sous l'influence salutaire de Romagnosi et grâce aux leçons de Pellegrino Rossi. qui propage les théories de l'école classique (Smith, Malthus, Ricardo, Senior), elle redevient exclusive, mais en sens opposé, dans la quatrième période avec Françesco Ferrara, qui succède à Scialoja dans sa chaire de Turin (1849-1858), et propage, dans ses brillantes leçons, qui circulent lithographiées dans toute l'Italie, les doctrines de Carey, qu'il commente avec une grande érudition dans les Préfaces de la Diblioieca, deW Economista, éditées plus tard séparément. Sans tomber dans les amphibologies de Bastiat, Ferrara se déclare partisan de la théorie du coût de reproduction comme fondement unique de la valeur, dont il cache le côté faible par ses fameux succédanés, acceptés par Minghetti ; il croit à l'augmentation nécessaire et fatale des salaires ; il repousse la théorie de la rente; il professe le principe absolu du « laissez-faire », c'est-à-dire l'optimisme dans la science et l'individualisme extrême dans les applications. Ses idées bien
tîonnues sur la projjriété, le.s droits d'auteur, les brevets industriels, la distribution de la richesse en sont la preuve, etc. Chercheur infatigable des origines et des progrès de la science économique en Angleterre et en France, critique puissant, mais parfois injuste, il a écrit avec beaucoup de soin les biographies des principaux économistes ; les principes qui lui servent de critère lui font estimer outre mesure Say, Dunoyer, Chevalier, et iïiéconnaître les mérites de Ricardo et diminuer ceux de -Rossi et de Stuart Mill.
Fr. Ferrara, Importanza delV economia poUlica. Torino, 1849. Biblioieca delV Eronomlsia. Série I (Trattati complesslvi.) Série II. [Traitati speciali). Torino, 1850-70. Vingt-six volumes. — Esame sio- 7'ico-criiico di fconomistl c doHriiu' ccoiwniiche, etc. Torino, 1889-1892. Deux volumes (en quatre parties).
Parmi les élèves et les admirateurs de Ferrara, nous rappelerons Torrigiani, qui fut professeur à Parme et à Pise ; Todde, professeur à Modène, actuellement à Cagliari; le savoyard Jean-Jacques Reymond, écrivain sage et tempéré, trop tôt enlevé à la science par une •cruelle maladie. Gérôme Boccardo (né en 1829) contribua puissamment à propager en Italie les doctrines de Bastiat ; il a été professeur à Gènes ; il est l'auteur merveilleusement fécond d'ouvrages sur des sujets très Variés (collections, encyclopédies, traités, manuels, •«ssais, discours, articles) dont les plus importants sont -le précis d'économie, dont on s'est servi pendant de longues années dans les écoles , le dictionnaire qu'il a rédigé d'après celui de Coquelin, mais qu'il a enrichi (notamment dans la seconde édition) de notes intéressantes , la troisième série de la Biblioteca dell'Economista, moins exclusive que les séries précédentes.
G. Todde, Note mil' economia poliiica. Cagliari, 1885.
J. J. Reymond, Etudes sur V économie sociale et internationale. Turin, 1860-61. Deux volumes.
G. Boccardo, Traitaio ieorico-pratico d'economia politica, 1853 (7^ édit., 1885). Trois volumes. — Dizionario universale d'economia politica e commercio . Torino, 1857. Quatre volumes. -2« édil. (en deux volumes). Milano, 1875-77.
Biblioteca delV Economista. Série III. Torino, 1875- 1892. Quinze volumes.
Les tentatives faites par Bianchini et par Bruno pour rattacher l'économie aux autres branches de la science sociale, bien qu'elles aient été fort approuvées notamment à l'étranger, exercèrent peu dinfluence. On peut en dire autant de l'excellent abrégé du sicilien Placide De Luca, professeur à Xaples. Il ne s'est pas tout à fait débarrassé des préjugés restrictifs, mais il a le mérite d'avoir écrit le premier manuel italien de la science des finances, dans lequel il suit avec trop de fidélité celui de Jakob (d'après la traduction française), déjà vieilli à cette époque. D'autres traités eurent moins de succès encore: ils sont, ou peu connus, comme ceux deScopoli, de Vérone (1850), et du toscan Trinci^ adversaire de Malthus (1858), ou sans originalité, comme celui du napolitain Trinchera (1853), qui copie Rossi dans la partie théorique et Bianchini dans la partie historique, ou d'une forme abstruse, comme les nombreux traités de Marescotti (1853, 1861, 1878, 1880), ou trop courts, comme les résumés de Meneghini (1856) , de Rusconie (1852) et de De Cesare il862).
Lod. Bianchini, Délia scienza e del ben vivere sociale e délia economia degli Stati. Vol. I, Napoli, 1845. Vol. II, 1855.
Giov. Bruno, La scienza delV ordinamenio sociale, Palermo, 1859-62. Deux volumes.
P. De Luca, Principii dementm'l di scienza economica. Napoli, 1852. — La scietiza délie Finanze, 1858.
Dans le Piémont, qui devint, grâce au séjour de nombreux émigrés, un centre d'études non moins important que ceux qui existaient auparavant à Milan et à Xaples, les revues, et notamment la Contemporanefi (1850- 1870), publièrent de bons articles d'économie; il faut également citer les monographies du comte 11. G. de Salmour sur le crédit foncier et agricole (184G) et son organisation dans les Etats Sardes (1853) et en Italie (1862). En Vénitie se distinguèrent J. B. Zannini, le courageux auteur du Piano di ristorazione economica délie Provincie Venete, et Valentin Pasini, de Schio (mort en 1864), dont se sont occupé brièvement Lampcrtico, et longuement Bonglii. L'économie politique a été étudiée également à Modène par Ludovic Bosellini et Andréa Cavazzoni-Pederzini ; à Bologne, par les jurisconsultes Borgatti et Martinelli ; en Sicile, par Te deschi-Amato, Biundi, Rizzari, l'émincnt Salvatore Marche.'-e (mort en 1880) et par Perni (disciple de Bruno et Intrigila, des statisticiens éminents.
L'économie ne fut pas négligée dans les revues milanaises : le Giornale délie scienze j^olitico-legali (1850-53) contient de bons articles d'Antoine Mora ; Correnti, De Cristoforis, Zanardelli, Allievi, Massarani et Emile Broglio, auteur d'élégantes lettres sur l'impôt, sur la rente (1856), ont été collaborateurs du Crépuscolo (1850-56).
Il faut citer spécialement trois écrivains, qui furent aussi d' éminents hommes d'état : Stéphan Jacini, Antoine Scialoja et Marc Minghetti.
Stéphan Jacini, de Casalbuttano (1837-1891), ne s'est pas occupé de science pure, mais il s'est signalé par ses travaux de jeunesse sur l'économie agraire, aux-
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quels il revint pour les compléter dans son âge mûr, alors qu'il était président et rapporteur de l'enquête ag-raire(1817-1877). Antoine Scialoja J817-1877), ayant perdu sa chaire, se voua à la profession d'avocat; il écrivit deux brillants opuscules polémiques sur les disettes et sur le budget de Naples ; il s'occupa plus tard, comme écrivain et comme ministre, de la réforme des impôts directs (Nuova Antologia, 1067-1 868j ; il a défendu (contre Minghetti, Morpurgo et Allievi) la consolidation de l'impôt foncier. Marc Minghetti, de Bologne (18f8-1886i, orateur éloquent, lettré et artiste, est connu dans la science économique par son ouvrage sur les rapports entre l'économie, la morale et le droit, recommandable sinon pour l'originalité, du moins pour l'excellence de la doctrime et pour sa forme exquise.
S. Jacini, La proprirtà fOndiaria e la popolazione agrl' cola lit Lomhardia. Milano, 1854.-3'= édit., 1857. — Frammenti delV incliicsta agraria. Roma, 1883.
A. Scialoja, Carostia e govcrno, 1853. — Il hilancio degli Staii Sardi ed il Nopoliiano. Torino, 1858.
M. Minghetti, Opuscoli leiterarii ed économie i. Firenze, 1872.
La période de notre émancipation politique a été favorable à la diffusion des éléments de l'économie grâce au rétablissement des chaires anciennes (Bologne, Pise, Parme, Modène) et à la création de chaires nouvelles dans les Universités (Gênes, Cagliari, Messine, Rome) et dans les « instituts industriels et professionnels» ; cela se fit cependant avec une hâte qui ne permit pas de choisir de bons professeurs. En même temps, le développement des manufactures et du commerce, la liberté de dis-
cussion, la liberté de la. presse, et la nécessité de résoudre promptement les graves questions économiques et financières qui surgissaient, provoquèrent des projets, des rapports, des discours, des opuscules et des enquêtes officielles et parlementaires, dans lesquelles d'éminents statisticiens purent se signaler. En dehors de ceux que nous avons déjà nommés, il faut citer : Cavour, Sella, Luzzatti, Lampertico etc. La science pure a été négligée, et parce que les préoccupations politiques absorbaient les meilleurs esprits , et parce que l'école pseudo-orthodoxe était prédominante. La fondation de la Xuova Antologia, (1866), au début encore soumise à ces influences, apporta quelque amélioration à cet état de choses. On se servit dans l'enseignement supérieur des traités inachevés des professeurs De Rocchi (de Sienne), Salvatore, Majorana-Calatabiano, de Casane (1866) et Ippolito, de Naples (1869) et de ceux de Ponsiglioni, qui succéda à De Rocchi et ensuite à Boccardo (1870,-2'^ édit. 1880 , et de G. E. Garelli (1875-2* édit. 1880). i^armi les précis écrits pour les instituts techniques, nous citerons ceux de Fornari( 1 868) , de Rameri (1864, 1868, 1876) et de Lo Savio (1872;, qui furent les précurseurs d'un courant meilleur.
Le nestor des économistes italiens, Antonio Ciccone (1808), qui a succédé en 1865 à Jean Manna, (auteur de bonnes études administratives) dans la chaire de Naples, fut un disciple modéré de l'école dominante. Aux Prmcipii cVeconoraia. sociale (1866-68), parvenus à leur troisième édition (1882-83. Trois volumes;, firent suite les remarquables mémoires complémentaires sur les lois naturelles de l'économie (1883), sur la valeur, sur le salaire (1888), sur les pensions pour la vieillesse (1882), ainsi que d'autres de plus grande importance sur Macleod, sur l'assistance et la misère (1874) et celui qui obtint un prix àMilan, sur la question sociale(1884); ils
500 l'économie politique
montrent l'intelligence, le savoir et l'activité de l'auteur.
Quant aux mono,2:raphies, nous devons signaler dans le Piémont celles d'Alessandro Garelli sur les banques, les crises, les salaires, instructives, toutes pleines de faits, et la Logica, délie imposte, œuvre pondérée du jurisconsulte Matteo Pescatore ; en Ligurie, les nombreux écrits économico-fiscaux de Camille Pallavicino, de Pierre Sbarbaro, de Jacob Virgilio et de Paul Boselli, les deux derniers très compétents dans les questions commerciales et maritimes ; en Lombardie, les travaux d'Allocchio sur la liberté des échanges, le crédit foncier et les caisses d'épargne, ceux de Fano sur la charité préventive (1868) et les écrits brillants mais quelque peu paradoxaux de l'émigré Henri Cernuschi sur le mécanisme des échanges et le bimétalisme ; dans la Vénétie, les nombreuses compilations de l'infatiguable Albert Errera, les travaux de Benvenuti sur les banques et les finances et l'ouvrage plus pratique de Cappellari délia Colomba sur les douanes (1867), mais surtout les essais économico-statistiques et financiers d'Emile Morpurgo (mort en 1 885) et les excellentes études sur le crédit foncier (1868) et sur les banques de Venise (1869) de Elle Lattes, qui acquit une renommée encore plus grande par ses travaux d'épigraphie étrusque ; en Emilie, les grandes recherches sur les colonies et sur l'émigration (1874) de Leone Carpi ; en Toscane, les mémoires économico-agraires et autres travaux de Ridolfî, de Corsi, de Rubieri, de Cini, d'Andreucci, de Franchetti, de Sidney et George Sonnino, etc. ; dans les provinces napolitaines, Racioppi, Nicolo Miraglia, Tortora, Faraglia, etc., Auguste Magliani (1825-1891) et Constantin Baer, tous deux très compétents dans les questions monétaires et fiscales ; enfin, en Sicile, le professeur, déjà cité, Jean Bruno, directeur du Gior-
nale cli Statistica (depuis 1848), auteur de bonnes études sur les caisses d'épargne (1852(, sur la liberté de la boulangerie et sur la taxe du pain (1855), etc.
,^6. — l'état actuel
Ang. Bertolini, Saggio cli bibliografia economica italiana (1870-1890). Bologna, 1892. (in Giornale degli Economhti).
H. von SchuUern-Schrattenhofen, Die theoretische Naiionalokonomie Italiens in neuesier Zeit. Leipzig, 1891. (Monographie savante et soignée).
A. Loria, Economies in Italy (Annats of the American Academy, etc. Vol. II, n. 2. Phiiadelphia, 1891).
U. Rabbeno, The présent condition of polit ical economy in Italy [Political Science Quarterly. Vol. VI, n. 3. New York, 1891).
La fondation de chaires nouvelles à Padoue et à Pavie (1858) et renseignement que Ton y donnait dans une sereine objectivité scientifique, dénuée do toute tendance apologétique ou critique des conditions actuelles, en tenant compte des progrès faits par l'économie spécialement en Angleterre et en Allemagne, mis à profit par de bons et actifs disciples, devenus ensuite professeurs dans les principales universités du royaume, fut la cause principale de la meilleure direction des études et des publications qui ont été louées par des juges étrangers compétents.
Le mérite principal du réveil scientifique actuel est dû à trois hommes, illustres à différents titres : Messedaglia, Nazzani etLampertico, et aussi à Vito Cusumano (né à Partanna en 1843). sorti de l'école de Pavie, et devenu plus tard à Berlin un admirateur passionné des doctrines allemandes, qu'il propagea en Italie par le savant ouvrage dont nous avons déjà parlé.
502 l'économie politique
Angelo Messedaglia (né à Villafranca de Vérone en 1820), a été professeur à Padoiie (1858-1866), puis à Rome. L'étendue et la profondeur de ses connaissances scientifiques et littéraires, sa possession des méthodes analytiques, l'impartialité de ses jugements, en font, sans flatterie, le maître de « ceux qui savent ». Il a écrit à plusieurs reprises sur la méthodologie statistique et économique, sur la monnaie, sur la population, sur les impôts directs et sur le crédit public. On peut dire que les défauts de ses œuvres tiennent à leurs qualités éminentes. Faisant précéder la synthèse des phénomènes de l'analyse de leurs différents aspects, dans laquelle il est maître, Messedaglia ne sait pas éviter les répétitions qui troublent l'ordre systématique de ses travaux et il aime à s'arrêter à la critique minutieuse des formules, quelquefois impropres et parfois inexactes (comme le sont les progressions de Malthus), qui résument des principes de grande importance théorico-pratique : c'est ainsi que certains disciples peu experts ont pu avoir la conviction erronée que les observations du maître pouvaient ébranler certaines lois de la science. En outre, une juste antipathie pour les conclusions trop absolues a engendré chez Messadaglia, sinon le scepticisme, du moins une certaine hésitation, qui lui a fait esquiver les questions capitales sur la distribution de la richesse. Toujours peu satisfait de son œuvre, il recommençait toujours (pour les corriger et les compléter) les premières parties de ses travaux, mais il n'a jamais terminé les dernières parties. Nous laissons de côté, pour ne pas sortir de notre sujet, ses ch'ssiques monographies statistiques (préférées par l'auteur) et nous indiquons seulement ses monographies économiques, en signalant, comme techniquement parfaite, son étude sur le cadastre.
A. Messedaglia, Dei prrstiti puhblici e tlel miglior sistema tli consolidazione. Milano, 1850. — Délia • teoria délia popolazione priucipaimenie solto l'aspeito del nietodo. Vol. 1. Verona, 1858. — La moneta e il sistema mo)ielario. La sforia e la slaiisiica dei metalli preziosi. [Arcliivio di Slaiistico. Anno VI e VIT. Roma, 1881-83). — Relnzione sut TitoloI del Progetto di legge suir imposta foitdiaria. Roma, 1884. — Veconomia poliiica in relazinne alla sociologia e quale scienza a se. Roma,
Emile Nazzani (né à Pavie en 1832). profes.seur pendant vingt-cinq ans à l'institut technique de Forli, doué d'une intelligence robuste et bien équilibrée, très instruit , débuta par des travaux savants sur l'économie appliquée, dans lesquels il défendait la liberté des coalitions, et étudia l'organisation des sociétés coopératives (in Industriale lioinagnolo, 1868-69) ; il aborda ensuite avec une profondeur modestement dissimulée les thèmes les plus ardus de l'économie pure : la rente (1872), le profit (1878), la demande de travail (1880), la valeur (1883), et résuma enfin avec une clarté simple et élégante, dans son compendiode meilleurprécis italien), les doctrines de l'école classique; il a réfuté, dans un autre écrit, les critiques des adversaires de cette école (1879).
E. Nazzani, Swito di economia poliiica. Forli, 1873- 4° édit. Milano, 1886. — Saggi di economia poliiica. Milano, 1881. — Sulle prime cinque sezioni del capitolo « On value » di Ricardo (in Rendiconti del R. Istitulo Lombardo di Scienze, 1883.).
Fedele Lampertico (né à Yicenza en 1833) s'est distingué dans les belles lettres, l'histoire, le droit et la statistique. Il a discuté dans de nombreux travaux et dans d'excellents rapports parlementaires les sujets les plus variés : l'isthme de Suez, les mines, les glar
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ciers, les bois, les dîmes, les banques, le libre échange^ le papier monnaie, etc., et il entreprit de parcourir, dans la plus importante de ses œuvres, le champ entier des théories économiques, financières et administratives. S'il ne put, comme cela était à prévoir, terminer ce travail, trop grandement conçu, trop irrégulier dans sa forme et peu proportionné dans ses parties, il nous a donné une précieuse collection de monographies dans lesquelles il a étudié, avec des développements en partie nouveaux et intéressants, quelques-uns des problèmes les plus complexes de la science.
F. Lampertico, Ecomomia del ])opoli e degli Siati. Vol. I-V. Milano, 1874-84.
Aux critiques formulées sur un ton agressif par Cusumano (1873) répondit avec une vivacité encore plus grande Ferrara, dans la Nuoi:a Antoloyia (août 1873) ; il dénonça le germanisme et, plus tard (1878), l'américanisme économiques comme des ennemis de la liberté. Le meilleur élève de Messedaglia, Luigi Luzzatti (né à Venise en 18il) répondit avec beaucoup de modération. C'est un écrivain brillant, qui s'est fait en Italie l'apôtre des banques populaires et des sociétés coopératives. Sa patrie et la science doivent lui être reconnaissantes pour ses innombrables articles de revues et de journaux et pour l'activité qu'il a déployée, comme député et comme ministre, dans les conférences monétaires, dans les expositions industrielles, dans la conclusion des traités de commerce et finalement par ses essais de réorganisation du crédit et des finances.
Les premières escarmouches furent suivies d'un congrès tenu à Milan (1875), de la création de sociétés éphémères et de la publication d'articles favorables (E. Morpurgo, L. Miraglia, P. Del Guidice, etc.) ou défavo-
rables (Marescotti, Bruno, Torrigiani, Scarabelli, etc.), à ce que l'on a appelé inexactement la nouvelle école iautoritaire), tandis qu'en réalité elle comprenait des écrivains de tendances très opposées, d'accord seulement pour combattre l'optimisme de la liberté illimitée. Les équivoques nées dans la chaleur de la lutte étant maintenant dissipées pour les hommes de bonne foi, il n'est pas difficile de déterminer avec précision les tendances dominantes des différents groupes de nos économistes.
Le plus ingénieux parmi les individualistes , dont le nombre va en diminuant, est Domenico Berardi. Il a combiné les doctrines de Ferrara et celles de Spencer et il déduit résolument les dernières conséquences du principe du « laissez faire » (Le funzioni ciel governo nelU economia sociale. Firenze, 1887). Les mêmes idées sont défendues par Tullio Martello dans son volume sur la monnaie (1872), et mieux encore dans un brillant article du Giornale clegli Econoviisti, dans lequel un anonyme combat avec beaucoup de savoir et une fine ironie (mais avec de regrettables allusions personnelles) les énormités de l'école économico-zoologique. Ponsiglioni, Todde et Angelo Bertolini, dont la jeune activité est pleine d'espérances, sont aussi des partisans modérés de l'individualisme.
Dans le petit nombre des partisans du socialisme de la chaire nous citerons Forti, directeur de la première série du Giornale clegli Econoniisti (1875-1878), Ducati, Ousumano, actuellement plus modéré, Mortara, qui est partisan d'une forte ingérence de l'Etat dans la propriété foncière (1888) et enfin Camille Supino, auteur de mémoires éradits sur la valeur (1880-1889), le capital (1886-1891), l'escompte (1892), et d'essais très remarquables sur la navigation (1890).
Les professeurs Toniolo, de Pise, et Ferraris, de Padoue sont moins exclusifs. Joseph Toniolo (né en 1845)
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a été avec Auguste Monlanari fauteur d'un bon résumé) l'élève et pendant quelque temps le suppléant de Messedaglia ; il a publié des mémoires très soignés sur l'élément éthique, la méthode d'observation, la petite industrie, la rente, le salaire, la participation aux bénénces, etc., et notamment une monographie sur la distribution des richesses (1878). Il unit à l'exactitude théorique du maître, de bonnes recherches historiques et philosophiques; ses consciencieuses leçons s'inspirent de hautes idées morales. Charles François Ferraris (né en 1850), disciple favori de Wagner, s'est occupé avec talent de la science administrative ; il est le défenseur ardent des chaires de statistique (1891); il s'est beaucoup occujié de la question monétaire et du cours forcé (1879) ; il est partisan de l'impôt militaire et de l'assurance ouvrière obligatoire; il a écrit avec une méthode encore plus correcte sur le crédit privé dans ses Principii di scienza, baricaria. (Milano, 1892), qui ont remplacé l'ouvrage autrefois excellent mais aujour d'hui vieilli de Pierre Rota (1873).
Joseph Ricca Salerno (né à Sanfratello en 1849) est lui aussi un disciple de Wagner. Il a été professeur à Pavie, à Modène et à Palerme. Il marque la transition entre l'école historique et l'école classique. Il a débuté par de savantes monographies sur le capital !l877), sur le salaire (1878) et les emprunts (1879), souvent un peu obscures ; il a publié ensuite (et c'est son meilleur travail) l'histoire des théories financières en Italie (1881), et de bons travaux économiques et financiers (dans des revues italiennes et étrangères) ; il acquiert de plus en plus la renommée d'un excellent maitre et d'un critique expert. Il a accueilli le premier, mais avec quelques modifications, dans un excellent article {Giornale degli Economisti, 1877) et dans son Manuale di scienza finanziaria (Firenze, 1888), la théorie de
Sax, qu'acceptent aussi ses excellents élèves de Modène, Auguste Graziani, professeur à Sienne, auteur de bons travaux sur le profit (1887), les dépenses publiques (1887), les opérations de bourse (1890), les piachines ■(1891), et Charles Ange Conigliani, qui a écrit un mémoire ingénieux sur les effets économiques des impôts (1890); il doit publier prochainement une histoire critique de la théorie économique de la monnaie •en Italie, que ses travaux antérieurs nous font vivement <iésirer.
Maffeo Pantaleoni (né à Frascati en 1857), directeur de l'Ecole de commerce de Bari, auteur d'excellents travaux de statistique économique, et notamment d'un mémoire sur l'importance probable de la richesse privée •en Italie (1884), a débuté par une savante monographie sur l'incidence des impôts; il a donné des preuves de son aptitude aux recherches exactes dans les Principii di econoynia jjura. (Firenze, 1889). Dans ce livre, qui «ut l'honneur rare d'être traduit en anglais, il expose la théorie de la valeur, conformément aux doctrines de Gossen, de Jevons et de Wieser, etc.; il y fait cependant des critiques parfois injustes à quelques-uns des chefs de récole autrichienne.
Le problème de la valeur a été également discuté par Piperno, qui a recherché avec soin les causes de Vaggio (1880), par Wollemborg (1882), l'infatigable propagateur des caisses rurales de prêt (Raiffeisen), par Valenti (1890), éminent spécialiste en économie agraire, par Alessio, qui a écrit aussi une bonne monographie sur le système fiscal italien (1883), que l'on peut rapprocher de celle de Zorli (1887), et enfin par Blanchi (1891), qui s'est également fait connaître par de bonnes recherches sur la propriété territoriale (1890). <5uelques économistes acceptent, non sans réserves, les théories de l'école austro-allemande : Ugo Mazzola,
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qui a savamment parlé de l'assurance ouvrière en Allemagne (1886); il a soutenu la théorie des produits immatériels, et fait (1890' quelques objections subtiles à la théorie financière de Sax ; Emile Cossa s'est occupé avec sobriété et clarté des entreprises industrielles (1888'i et des formes naturelles de l'économie sociale et de l'économie financière, il a résumé, en les séparant de l'agronomie et de l'économie générale, les éléments de l'économie agraire (1890), et il a également écrit avec une louable impartialité sur le problème ardu de la réduction des heures de travail (1892).
On doit grandement apprécier, à cause de la netteté de la doctrine et de l'excellence de sa méthode, les œuvres de De Yiti De Marco et de Gobbi. De Viti De Marco (né en 1858i dirige avec Pantaleoni, Mazzola et Zorli la nouvelle série du Giornale degli Economistî, dans laquelle il défend énergiquement le libre échange, attaqué théoriquementpar Benini (1883) et pratiquement par Ellena, Salandra, Alexandre et Egiste Rossi. Il est particulièrement connu par son étude sur la monnaie et les prix (1885), dans laquelle il défend, avec les restrictions nécessaires, la théorie quantitative, et par son travail sur le caractère théorique de l'économie financière (1888).
U fisse Gobbi (né en 1859), a étudié, dans un .style moins enveloppé mais plus négligé, l' organisation des sociétés coopératives et de l'assurance contre les accidents du travail ; il a recherché avec compétence l'influence des systèmes de rétribution sur la productivité du travail (188)', et, dans son court mais très utile précis d'économie, il a combiné les doctrines de l'école classique avec les résultats des recherches minutieuses réunies dans le Manuel de Schonberg.
Achille Loria, deMantoue (né en 1857), n'est inférieur à aucun en intelligence, et il est supérieur à tous par
son originalité, et à beaucoup par ses connaissances. Professeur à Sienne et actuellement à Padoue, il occupe une place éminente dans la science, bien qu'on puisse lui reprocher de n'être pas assez objectif dans la critique des doctrines et dans le choix des faits qu'il cite à l'appui de ses théories personnelles. Il est difficile de résumer le système d'un auteur dont les tendances sont, en apparence du moins, les plus opposées. Il suit, en effet, Ricardo dans ses théories sur la valeur et sur la rente, tout en combattant avec àpreté et non sans équivoques {NuovcL Antologia, 1890) l'école autrichienne, mais il n'accepte pas sa théorie de la monnaie ; il est partisan de l'école historique et tient les phénomènes économiques pour variables et partant il croit que les théorèmes de l'école anglaise ne s'appliquent qu'au système capitaliste ; il admire Marx (dont il a parlé d'une façon magistrale) et croit, avec lui, que le profit est une forme transitoire, mais il réfute ses sophismes sur la valeur ; il se rapproche des socialistes dans sa critique du régime économique moderne, mais il repousse leurs projets de réforme parce qu'il espère que les plaies sociales disparaîtront naturellement grâce à la diffusion de la propriété et à la disparition de la rente ; il loue enfin les évolutionnistes, mais il ne leur épargne pas les reproches qu'ils méritent. Pour bien comprendre les idées de Loria, qu'il a résumées dans une de ses leçons d'ouverture, il faut avoir présente à l'esprit l'importance suprême (et à notre avis exagérée) qu'il attribue au problème économique dans le système social et politique, et au problème territorial dans le système économique.
A . Loria, La rendila fondiaria e la sua elisione naturale. Milano, 1880. — La legge di popolazione ed il sistema sociale. Siena, 1882. — Carlo Darwin e Veconomia politica. Milano, 188i. — Analisi délia
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proprietà capitalistica. Torino, 1889. Deux volumes. (Cfr. les Appunii de Graziani dans le Giovnalc degliEconomisti, 1890).— Siudii sul valoredélia moneia, 1891. — La terra ed il sistema sociale. Padova, 1892.
A l'école sociologique appartiennent Schiattarelia, Puviani, Zorli, Lo Sa\io, Jacopo Luzzatto, Angela Majorana, et en partie aussi De Johannis; les représentants les plus éminents sont Boccardo qui accepte résolument ces doctrines dans différentes préfaces de la Biblioteca. delV Economista, et Cognetti qui étudie les fonctions économiques chez les animaux et les tribus, sauvages, et recherche les origines du socialisme dans l'antiquité et en particulier en Chine et en Grèce dans des œuvres connues des philologues mais négligées, par les économistes. Il professe des théories analogues, à celles de Ugo Rabbeno, auquel nous devons des études consciencieuses et en partie originales sur la coopération et sur le protectectionnisme. Il faut signaler particulièrement, pour la profondeur de ses connaissances et la modération de ses jugements, Icilio Vanni, qui ne méconnaît pas l'état embryonnaire, les difficultés et les dangers de la nouvelle science.
G. Boccardo, La sociologia. Torino, iSBO. — ranimale e l'uomo, 1881.
S. Cognetti De Martiis, Le forme primitive delV evo-^ luzione economica. Torino, 1881. — Socialisma atitico, 1889.
U. Rabbeno, TJ'evoluzione del lavoro. Torino, 1883. — La cooperazione in Inghilterra (Milano, 1880) et in Italia (1886). — Le società coopérative di produzione, 1889. — Protezionismo americano, 1893,
IciUo Vanni, Studii sulla theoria sociologica délia popolazione. Città di Castello, 1886. — Prime linee d'un programma critico di sociologia. Perugia, 1888,
EN ITALIE ' 5il
Le manque de place ne nous permet pas d'indiquer de très nombreuses monographies comme celles de Giovanni Rossi, Antonelli, et quelques-unes plus remarquables de Poreto (sur la théorie mathématique de la richesse), et d'autres de : Maggiorino Ferraris, Artom, Amar et Bertini dans le Piémont; de Buzzetti, Piola, Xicolini. Manfredi, Romanelli, Masé-Dari, Pizzamiglio, Sartori, Montemartini en Lombardie; Jacques Luzzatti, Salvioni, Délia Bona, Bertagnolli, Stivanello. D'Apel, Minelli, Kiriaki, Zanon, Ellero en Vénétie; de Manara, Malgarini, Rava, Mamiani en Emilie ; de Cambray-Digny et de Fontanelli en Toscane; de Villari, Zammarano, Martuscelli, Fortunato, Codacci-Pisanelli, Tammeo, Tangorra, Fiorese dans les provinces napolitaines ; de Vadalà-Papale, Santangelo Spoto, Gemmellaro-Russo, Arcoleo, Merenda en Sicile ; de Soro-Delitala, Longiave-Berni, Pmna-Ferrà en Sardaigne.
Nous avons déjà cité (pag. 30-31) les principaux statisticiens; on peut signaler encore Raseri, Stringher, Rameri, Sbroiavacica et Giuseppe Majoranà ; nous avons aussi indiqué quelques-uns des ouvrages sur l'histoire de l'économie en Italie, dont nous avons donné ailleurs un index très complet.
L. Cossa, Saggio bibliografico sulla storia délie teorie economiche in lialia [Giornale tlegli Economisti, 1892).
Par le mot, étymologiquement équivoque, de socialisme, adopté par les écoles de Owen et de Leroux et mis en vogue par Reybaud, on désigne, d'ordinaire, les systèmes de politique économique qui attaquent les bases actuelles de la société civile.
Mais si le mot socialisme, au point de vue théorique, embrasse un ensemble de doctrines, au point de vue pratique c'est au contraire le nom d'un parti qui comprend des groupes divers, nationaux ou cosmopolites, anarchistes ou autoritaires, unitaires ou fédéralistes, révolutionnaires ou possibilistes, d'après leurs buts, leurs moyens d'action, leurs modes d'organisation.
Comme corps de doctrine, le socialisme embrasse, dans ses diverses écoles, des idées économiques qui se trouvent bien souvent combinées avec des théories philosophiques, religieuses et politiques contradictoires entre elles, dont quelques-unes tendent à l'abolition de l'Etat, delà religion et de la famille, que d'autres voudraient conserver entièrement, ou seulement modifier. Au point de vue philosophique, on parle de socialistes matérialistes et de socialistes spiritualistes ; au point de vue religieux, de socialistes athées et de socialistes croyants, et souvent même, poursuivant l'équivoque dans les faits comme dans les mots, de socialistes chrétiens, sans s'apercevoir que les chrétiens (qu'ils soient catholiques ou protestants) ne peuvent être
socialistes, parce que, si le christianisme prescrit d'une façon absolue la chanté, il veut qu'elle soit spontanée, et partant méritoire, ce qui est en pleine contradiction avec le socialisme, qui oppose au devoir des uns le droit civilement coercitif des autres, et qui fait disparaître ainsi en même temps la vertu chez le bienfaiteur et la reconnaissance chez l'obligé. Au point de vue politique, les contradictions sont tout aussi fortes, parce que quelques-uns se servent des doctrines socialistes comme moyeu d'agitation auprès des masses pour aboutir à un changement de la forme du gouvernement, tandis que pour d'autres les changements politiques, et en particulier le suffrage universel, sont un simple moyen pour obtenir les réformes sociales, que certains croient compatibles avec les formes de gouvernement les plus disparates. C'est ainsi que l'on parle souvent et non sans équivoque de socialistes conservateurs et de socialistes démocrates, de socialistes d'Etat et de socialistes de la rue.
Comme nous ne donnons que quelques indications très rapides sur le socialisme théorique considéré au point de vue purement économique, nous ne parlons pas des systèmes, déjà indiqués en partie, que l'on pourrait appeler anciens et que d'autres qualifient d'utopiques, parce que ce sont des romans d'Etat, qui sont inspirés par des idées purement littéraires, ou par des considérations morales sur les dangers de l'oisiveté des riches, résultat des inégalités économiques (Morus, Doni, Campanella), ou qu'ils invoquent au contraire des arguments essentiellement politiques (Platon). Nous ne parlerons pas non plus des systèmes professés dans la seconde moitié du siècle passé (Rousseau, Mably, Morelly, Brissot de Warville, etc.), que Ton peut appeler juridiques parce qu'ils sont basés presque exclusivement sur un prétendu droit de tous à l'usage gratuit des richesses naturelles.
51 t LE SOCIALISME THÉORIQUE CONTEMPORAIN
Considéré de près, le socialisme théorique moderne, qui se qualifie pompeusement de scientifique, non pas tant parce qu'il dérive de quelques doctrines (mal interprétées) des économistes que par son interprétation matérialiste de l'histoire, serésoud, au contraire, dans une pure négation de la science économique. Il méconnaît, en effet, l'existence d'un ordre social des richesses, et se fonde sur cette hypothèse que la liherté engendre nécessairement l'injustice, les crises, la misère; delà, le socialisme déduit des maximes de politique économique qui tendent à la destruction totale ou partielle de la propriété privée et de la concurrence, c'est-à-dire des hases du système économique actuel.
11 est assez difficile de donner une classification des théories des socialistes, disparates entre elles, malgré l'identité de leurs prémisses négatives. Les fausses définitions qu'ils donnent, les contradictions fréquentes qu'on trouve dans les écrits d'un même auteur, et enfin l'usage incertain des mots communisme, socialisme, collectivisme, anarchisme, employés tantôt comme des équivalents, mais plus souvent opposés ou subordonnés les uns aux autres, sans parler de l'équivoque entretenue par les individualistes extrêmes qui qualifient de socialiste et qui repoussent, par conséquent, toute reforme qui implique une nouvelle ingérence de l'Etat, même si elle est nécessitée par de hautes raisons de justice et d'opportunité, constituent autant de difficultés.
On ne peut pas considérer comme une définition précise du socialisme celle qui l'identifie avec la philosophie économique des classes souffrantes, ou qui, en d'autres termes, le présente comme l'économie ouvrière opposée à l'économie bourgeoise, c'est-à-dire l'économie du travail opposée à l'économie du capital ; il est injuste, d'autre part, de déclarer que tous les systèmes (et non pas quelques-uns seulement) défendus par le socialisme
se résolvent, ou dans l'anarchie, ou dans le despotisme; ce sont aussi des définitions incomplètes et inexactes que celles qui lont consister le socialisme dans la distribution artificielle des richesses (et qui oublient les nombreuses observations qu'il a faites sur la production, la circulation et la consommation), ou dans l'abolition du salaire (compatible avec la libre concurrence", ou dans la suppression des revenus qui ne dérivent pas du travail (rente, intérêt, profit), parce que ces propositions concernent seulement quelques-uns des buts auxquels tendent, et non pas d'une façon unanime, les diverses formes du socialisme.
Nous citerons quelques œuvres générales, dont l'étude peut fournir des données suffisantes pour la classification, la connaissance et l'appréciation des principales théories des socialistes.
Jos. Slammhammer, BlbUugtviphie des Socialismus und Communismus. Jena, 1893.
L. Reybaud, Etudes sur les ré formateurs ou socialistes modernes. Paris, 1840-43. Deux volumes.-?'^ édition, 1864.
L. Stein, Der Sozialismus und Communismus des heuliqen Frankreichs. Le\pz]g. 1847.- 2« édit., 1848.— Geschiehte der sozialen Bewegung in Frankreich, Leipzig, 1850-51. Trois volumes. - Réimprimé en
J. J. Thonissen, Le socialisme depuis l'antiquité. Louvain, 1852. Deux volumes.
B. Hildebrand, Die Nationalbkonomie der Gegenwart und Zukunft. Vol. I. Frankfurt am Main, 1848.
E. De Laveleye, Le socialisme contemporain. Paris, 1883. - 6« édit., 1891.
R. T. Ely, French and german socialism. Xew-Yark,
John Rae, Contemporary socialism. London, 1884. -2« édit. (fort augmentée), 1891.
O. Warschauer, Geschichtlich kritischer Ueberblick ûber
die Système des Kovimunismus^ ete. {Zeiischr. f. die ges. Slaaiswissenschafi . Tiibingen, 1890.)
H. vonScheel, SocialixmusundKommunismus. 3^ édil. beaucoup améliorée. (Dans le vol. I de VHandhucli de Schonberg. Tubingen, 1890).
Eug. d'Eichthal, Socialisme, communisme et collectivisme. Paris, 1892.
V. Cathrein, Der Socialismus. S"" édit. Freiburg im Br., 1892; trad. franc, par Olivier Feron, 1891.
Th. Kirkup, A history of socialisni, 1892.
H. Dielzel, Beitedge zur Geschichte des Sozialismus iind des Kommunismus (Zeitschr. fur Litteratvr und Geschiehle der Staatsiviss., 1893.)
i^" \ . LE COMMUNISME
Dans sa signification scientique, le communisme tend à substituer à la propriété privée des richesses de toute sorte (instruments de production et objets de consommation) la propriété publique (de l'humanité, de l'Etat, de la commune, ou de groupes confédérés). Les conditions nécessaires de ce système sont l'universalité du travail, l'égalité de la jouissance et la collectivité de la production et de la consommation ; l'abolition du mariage et celle de la famille, que demandent quelques communistes, ne sont pas essentielles. D'autre part, le collectivisme de la production et de la consommation ne suffît pas à con.stituer le communisme, parce qu'il est parfois proposé par des socialistes (comme par exemple Fourier) et aussi par des non socialistes pour des raisons de pure opportunité.
Il ne faut pas voir dans le communisme une communion purement négative, comme on la pratique dans la famille et consistant dans l'usage en commun des biens comme dans la célèbre phrase de Rousseau qui <lcclare (en contradiction avec des idées exprimées dans
d'autres de ses œuvres) que la terre n'appartient à personne et que les fruits sont à tous. On aboutirait à la négation implicite du communisme avec la division en parties égales, soit définitive, soit périodique, des patrimoines, car c'est là un expédient qui, bien qu'il soit révolutionnaire et absurde, conserverait cependant, d'ailleurs sans aucune solide garantie, la propriété privée, que le communisme veut détruire.
Le communisme est un système de gouvernement économique qui, associant à l'idée d'égalité de droit, qui est la base du régime politique moderne, l'idée inexacte d'une égalité naturelle des facultés humaines, détruite uniquement par la diversité d'éducation, veut distribuer le travail selon les aptitudes, arriver ainsi à l'égalité du sacrifice et garantir à chacun une part de produit absolument égale, ou proportionnée aux besoins raisonnables reconnus par l'autorité.supérieure. Les systèmes communistes, visant à l'égalité, sont en complète opposition avec les systèmes socialistes, au sens étroit du mot, qui visent à une distribution des pro-. duits proportionnelle aux prestations, et partant néces- . sairement inégale.
Cela n'exclut pas cependant, et certains écrivains (soit incohérence, soit esprit de conciliation) en sont un exemple, la possibilité de systèmes intermédiaires qui admettent le communisme avec le droit à l'existence, c'est-à-dire la garantie d'un minimum de produit en raison des besoins, et en même temps le socialisme, c'est-à-dire la division de l'excédant d'après les prestations.
C'est précisément le droit à l'existence et le droit au produit intégral du travail, qui, dans l'esprit de certains, exprimeraient les droits fondamentaux de la classe ouvrière, que la législation moderne ne devrait plus se refuser à reconnaître. Mais (comme l'a démontré
Anton Menger) ces prétendus droits primitifs ou fondamentaux sont en contradiction absolue entre eux. Il y a également contradiction entre le droit au travail et le droit à l'assistance, que réclament certains socialistes.
A. Menger, Das Redit auf den vollen ÂrhcUsertrag. Stuttgart, 1886.-2«édit., 1891.
Tandis que le droit à l'existence, partant de l'idée de la fraternité et de celle de la solidarité, conduit logiquement à l'égalité des biens, le droit au produit intégral du travail implique bien l'abolition de la propriété privée de la terre et du capital, mais comme il s'inspire du principe de l'intérêt personnel, il n'est pas tout à fait incoanpatible avec la liberté et il cherche, en tout cas, à donner satisfaction à l'équité, puisqu'il reconnaît le mérite individuel et par conséquent l'inégalité de fait.
Le droit au travail, qu'il ne faut pas confondre avec la faculté de chercher une occupation (droit de travailler, •'liberté du travail), ni avec le simple droit à l'assistance, est, comme ce dernier, un droit relatif, conditionné, complémentaire, à côté des deux droits absolus et principaux, dont nous venons de parler. Le droit au travail concerne, évidemment, tous ceux qui sont capables de travailler, et se résoud en un salaire payé par l'Etat dans ses ateliers à ceux qui n'ont pas pu trouver auprès d'un entrepreneur privé \me occupation rétribuée. Le droit au travail, considéré par Fourier et par Considérant comme un substitut de prétendus droits primitifs (chasse, pêche, cueillette, pâture), a été reconnu dans la célèbre proclamation française du 25 février 1818 et il a été appliqué dans un esprit absolument contraire au socialisme dans les ateliers nationaux, pour se transformer, après les journées de juin, en une simple reconnaissance du droit à l'assistance.
Le droit à l'assistance qui est en vigueur dans les pays qui admettent la charité légale, ne concerne que les pauvres, et elle a un caractère humiliant même quand il prend la forme d'un salaire accordé à un travail effectivement fourni dans un dépôt de mendicité ou même à domicile.